AIR AMERICA : l’Histoire de la Compagnie aérienne secrète de la CIA

AIR AMERICA : l’Histoire de la Compagnie aérienne secrète de la CIA

 

« Air America » était une entreprise de transport aérien et de logistique détenue et exploitée par la Central Intelligence Agency. L’agence a nié toute implication dans la compagnie aérienne pendant des années, pour finalement vendre sa participation en 1978. Ses pilotes étaient considérés comme des actifs refusés et sa flotte d’avions a été soit vendue, détruite ou rapatriée. Le but d’Air America était de fournir un soutien aérien clandestin aux alliés américains en Asie du Sud-Est. Cela comprenait des opérations de recherche et de sauvetage, des insertions tactiques de forces spéciales, la contrebande d’armes et le trafic de stupéfiants.

  1. La pertinence d’Air America aujourd’hui :

Les anciens pilotes de la compagnie aérienne font toujours pression pour les retraites, les soins de santé et la reconnaissance de leurs actions pendant la guerre [ source ]. Les restes humains sont toujours en cours d’identification et de rapatriement, le cas le plus récent remontant à 2019 [ source ]. La valeur de leur histoire est probante au point d’éclairer un chapitre peu connu et souvent ignoré de l’espionnage américain.

Démêler l’histoire d’Air America est une entreprise complexe en raison de la rareté des informations accessibles au public. L’histoire de l’organisation est trouble. Il opérait dans une zone grise et sombre du droit international et de la morale. L’ampleur de la complicité de la CIA dans le trafic de stupéfiants fait toujours l’objet d’intenses débats. Il existe de sérieux problèmes de responsabilité pour ceux qui ont toléré, voire sanctionné, les activités de la CIA dans le commerce des stupéfiants tout en poursuivant une « guerre contre la drogue » dans leur pays.

Gary Gentz ​​se tient devant un Air America Bell Huey 204B (provenant de https://www.air-america.org/virtualmuseum-missions.html)

  1. Histoire d’Air America

L’histoire d’Air America ne commence pas au Vietnam ou au Laos, mais en Chine. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont apporté leur soutien à la faction nationaliste chinoise dirigée par le général Chiang Kai-Shek. Le major-général Claire Lee Chennault a été chargé de développer la puissance aérienne des Chinois avec les avions restants et les aviateurs volontaires [ source ]. C’était une tâche formidable compte tenu de l’objectif. Chennault devait entraver la force d’invasion japonaise et mener des raids aériens sur le continent japonais. Après avoir créé l’American Volunteer Group (AVG) [ source ], Chennault a reçu environ 100 Curtis P-40 Warhawks pour accomplir cette tâche. Ils ont été expédiés sur un cargo neutre à Rangoon et livrés en Chine via la Birmanie .

Les Warhawks avaient un motif distinctif en dents de tigre, yeux rouges et blancs sur le nez de l’avion. Les Chinois ont commencé à appeler ces avions « Tigres ». Lorsque les aviateurs américains ont eu vent de leurs nouveaux surnoms, ils ont à leur tour commencé à s’appeler « The Flying Tigers » [ source ]. L’AVG est devenu une unité officielle de l’armée de l’air américaine en 1942, lorsque les États-Unis sont officiellement entrés sur le théâtre chinois en tant que combattant officiel, adoptant le nom et le modèle distinctif. Aujourd’hui, les A-10 du 23e groupe de combat de l’USAF portent toujours un motif en dents de tigre [ source ].

Le motif distinctif Tiger Tooth sur le nez de l’avion a conduit au surnom intemporel de l’unité (Provenant de https://www.npr.org/2021/12/19/1062091832/flying-tigers-americans-china-world-war-ii -histoire-japon – Getty Images)

Les Tigres étaient une unité aérienne performante compte tenu de leur manque de ressources. Le succès du groupe plaça Chennault dans une position de bonne grâce du général Shek lui-même. Chennault a utilisé sa réputation pour obtenir des rencontres avec des responsables nationalistes de haut niveau dans la province du Yunnan. Il a lancé l’idée de créer une compagnie aérienne qui transporterait le minerai d’étain vers les ports maritimes de Birmanie, proposant de relier la principale exportation du Yunnan aux marchés internationaux [ source ].

Cependant, les communistes ont finalement renversé les bienfaiteurs politiques de Chennault au Yunnan, le forçant à se tourner vers d’autres sources de financement. Chennault s’est appuyé sur le talent d’AVG pour créer la compagnie aérienne. Il a rencontré WhitingWillauer, directeur de la ForeignEconomic Administration, pour obtenir un financement de 50 000 $ auprès de Rio Cathay SA, une société qui finançait les projets américains en Chine. Willauer avait aidé Chennault à établir l’AVG et les Flying Tigers pendant la guerre, et les deux avaient bâti un certain degré de confiance [ source ].

2.1 Le CAT décolle

Bien qu’initialement accueillis favorablement par les autorités provinciales, les deux hommes se sont heurtés à une résistance farouche de la part des services aériens chinois établis. Chennault a contourné ce problème en capitalisant sur le besoin urgent d’un transport aérien fiable depuis les villes côtières chinoises vers l’intérieur. Il a été approché par le colonel Ralph Olmstead, directeur de la nouvelle Administration de secours et de réhabilitation (UNRRA) de l’ONU. Le contrat de l’UNRRA a conduit à la création de l’Administration nationale chinoise de secours et de réhabilitation. Le 25 octobre 1946, ce nom encombrant fut abrégé en Civil Air Transport (CAT).

Le général Chennault, Willauer et le directeur PH Ho (directeur général du CNRAA) le 25 octobre 1946, apposant leur signature sur les documents fondateurs originaux du CAT (Provenant de https://www.catassociation.org/history/history-project/)

L’organisation a acheté cinq Skytrains C-47 aux États-Unis et a établi une route entre Shanghai et Canton (Guangzhou). Pour financer les opérations, CAT effectuerait des vols commerciaux au retour de la fourniture de l’aide. En 1947, l’entreprise comptait 5 C-47 en service et plus de 150 employés, et peu de temps après, un certain nombre de C-46 furent également livrés [ source ]. En clin d’œil à son héritage de guerre, le logo original du CAT portait un tigre, visible sur la photo ci-dessous [ source ].

Identifiés comme étant John G. McMeeking, Carl Prisbeck, Gene Bable et Robert Rousselot, les quatre hommes se tiennent devant un ancien CAT C-47 (photo UTD n° 1-PR1-6-PB1, provenant de https://utdallas. app.box.com/v/history-China1)

Le CAT était chargé de transporter les secours de l’ONU accumulés sur les quais de Shanghai. Les difficultés ont commencé dès le début. Deux rapports d’accident montrent que CAT a perdu au moins deux C-47 au cours de la première année d’exploitation [ source ]. De plus, le CAT était régulièrement mis en fourrière par les commandants des bases de l’armée de l’air chinoise [ source ].

Ces deux rapports d’accidents CAT détaillent un profil de mission difficile pour la compagnie aérienne (formulaire d’origine https://utdallas.app.box.com/v/history-China1)

Les rapports d’accidents montrent également que CAT a opéré dans des circonstances difficiles et sous une immense pression pour produire des résultats. De nombreux aérodromes sur lesquels le CAT opérait étaient percés de marques de bombes et de trous d’obus. Le travail effectué par le CAT était bien considéré et reconnu comme une entreprise humanitaire par le gouvernement nationaliste chinois et par l’ONU en conséquence [ source ].

2.2 Activités pendant la guerre civile chinoise

Au nom des nationalistes, le CAT est rapidement passé des missions de secours de base à une route aérienne connue sous le nom de « navette soldat-coton ». Les soldats seraient transportés de Tsingtao à Tsinan et les balles de coton seraient chargées sur les C-46 et ramenées à Tsingtao. Un titre d’une édition de 1947 d’un journal local de Shanghai se lit comme suit : « CAT – ProfiteersMasquerade as Relief Airline ». Tout au long de 1947, le CAT en est progressivement venu à effectuer des missions de plus en plus dangereuses pour le compte du gouvernement nationaliste chinois [ source ]. Le gouvernement nationaliste a conditionné le renouvellement du contrat du CAT à l’accord de Chennault d’effectuer des missions en Mandchourie, où des combats entre les communistes et le gouvernement avaient récemment éclaté. Tout au long de 1948, les pilotes du CAT livrèrent des fournitures directement à Moukden. Un vol entre Tsingtao et Moukden a même été attaqué par des avions de combat soviétiques. Au-delà de juin 1949, la quasi-totalité des opérations du CAT furent menées pour le compte des nationalistes chinois [ source ].

Lorsque le continent tomba aux mains des communistes en 1949, le CAT suivit ses bienfaiteurs nationalistes à Formose (Taiwan). Les affaires se tarissent assez rapidement après l’exil nationaliste et le CAT est au bord de la faillite. La perte du continent chinois au profit des communistes signifiait que le CAT n’avait aucune destination vers laquelle voler et peu d’avions avec lesquels voler [ source ].

 Parallèlement, la CIA s’est rendu compte qu’elle avait besoin d’une puissance aérienne secrète pour mener des missions peu coûteuses et efficaces en Asie du Sud-Est.

Publicité pour un service aérien autour de l’île, CAT Bulletin Vol. III, n° 8, mai 1950 (provenant de https://utdallas.app.box.com/v/history-Taiwan1)

2.3 Entrez dans l’agence

En 1950, la CIA contacta Chennault et Willauer pour tenter de racheter l’entreprise en faillite. Chennault a accepté et la CIA a fourni 500 000 $ de capital pour acquérir entièrement le service aérien. Avant son achat, CAT fonctionnait comme une compagnie aérienne commerciale typique. Il maintenait un « service autour de l’île », transportant des passagers dans les anciens C-46 et quelques Cessna plus récents [ source ]. La manière exacte dont la CIA a été informée de la volonté de la compagnie aérienne d’exécuter des contrats dangereux est un chapitre inexploré de l’histoire de la compagnie aérienne.

Le général Chennault à son bureau au siège du CNRRA à Shanghai (provenant de https://www.catassociation.org/history/history-project/)

Dans la plupart des versions de l’histoire, la CIA tombe sur la compagnie aérienne, l’achète et tout le monde se laisse glisser dans un voile de mystère. En fait, le CAT semble s’être offert au gouvernement américain. Elle se trouvait dans une situation financière désastreuse et perdait des revenus à un rythme insoutenable.

La décision d’acheter la compagnie aérienne a été communiquée par Frank Wisner, un responsable de la CIA, au Département d’État, à la Défense et aux chefs d’état-major interarmées en juin 1950. Le directeur de la CIA a approuvé le projet d’achat de la compagnie aérienne le même mois. L’agence a directement fait part de son intention à Willauer en juillet [ source ].

Le début de la guerre de Corée a incité le gouvernement américain à acquérir la compagnie aérienne et à mettre ses actifs à profit. Lorsque les Nord-Coréens ont franchi le 38e parallèle, le bureau du CAT à Hong Kong a immédiatement commencé à se préparer à intensifier ses opérations en Asie. Chennault, conseillé par l’officier de terrain de la CIA Al Cox, a écrit un télégramme au général Douglas MacArthur proposant l’utilisation des installations du CAT à Taiwan comme terrain de transit logistique [ source ].

Cox était un vétéran de l’OSS, expérimenté dans les subtilités des opérations de parachutage. Il avait développé et dirigé une série de groupes opérationnels (OG), parachutés dans la France occupée par les nazis. Les OG ont travaillé en étroite collaboration avec la Résistance française pour contrecarrer la machine de guerre nazie derrière les lignes ennemies [ source ]. Aux côtés de Conrad La Gueux, John Mason (ancien chef de la 90e division d’infanterie) et Hans Tofte, spécialiste paramilitaire, la CIA commence à assister les opérations du CAT en vue des missions d’extraction des pilotes militaires américains abattus derrière les lignes ennemies en Corée . ].

MacArthur a répondu et a décliné l’offre. Il a informé le CAT que l’armée américaine disposait d’une capacité logistique suffisante pour faire face aux exigences liées à la poursuite d’une guerre dans la péninsule coréenne. Les contacts du CAT au sein de l’US Air Force auraient déclaré aux représentants du CAT que la présence de Chennault dans l’organisation posait problème à MacArthur. MacArthur ne voulait pas qu’un autre général hautement décoré et très respecté vole la vedette [ source ]. Chennault et Willauer ont refusé d’accepter un non comme réponse. Le CAT a envoyé deux représentants, Joe Rosbert et LewBurridge, à Tokyo le même jour. On leur a demandé de vendre les capacités du CAT et de souligner comment l’aide humanitaire chinoise était distribuée de manière experte et rapide à travers le pays par le CAT. MacArthur n’a pas été impressionné [ source ].

Sept semaines plus tard, l’apathie de MacArthur s’est transformée en désespoir. Chennault et Willauer ont été convoqués à Tokyo et chargés de préparer les termes d’un contrat. Le 25 août, l’US Air Force a approuvé les termes du contrat et le CAT s’est mis au travail pour transporter du matériel de transport aérien vers le théâtre coréen [ source ].

Il convient également de noter que Willauer est devenu ambassadeur des États-Unis au Costa Rica et au Honduras. En sa qualité d’ambassadeur au Honduras, Willauer a joué un rôle déterminant dans l’opération PBSuccess en 1954. Si Willauer était un agent de l’agence avant l’achat de CAT, il n’existe aucun document pour le prouver, mais en tout état de cause, il a soutenu contact étroit avec l’organisation après son départ [ source ].

2.4 De la Corée à l’Indochine

La CIA a constaté un besoin pressant pour les compétences particulières des pilotes de CAT, endurcis par leur expérience de la guerre civile chinoise. Pendant la guerre de Corée, les pilotes du CAT ont mené plusieurs dizaines de missions au-dessus de la Chine continentale, insérant des agents et du matériel de la CIA en territoire hostile. CAT a également assuré la maintenance critique des avions de l’USAF endommagés en Corée [ source ]. La guerre de Corée a été le premier engagement de combat majeur entrepris par le CAT pour le gouvernement des États-Unis.

Le CAT a également mené des missions de soutien aux forces coloniales françaises alors qu’elles tentaient de reprendre le contrôle de l’Indochine. La propriété de la CIA s’est accompagnée du nouvel USAF C-119, un avion qui deviendra plus tard connu sous le nom d’AC-119 [ source ]. C’était l’un des premiers prédécesseurs des hélicoptères de combat modernes et de véritables avions de contre-insurrection utilisés pour larguer des fournitures aux soldats français à Dien Bien Phu. En plus des parachutages, les équipages du CAT ont également mené l’une des premières frappes au napalm des guerres d’Indochine contre des positions vietnamiennes [ source ]. Après la fin de cette guerre, le CAT a utilisé les C-119 pour évacuer les civils vers le Sud-Vietnam.

Afin de conserver l’apparence d’une compagnie aérienne civile, CAT a tout mis en œuvre pour poursuivre ses opérations aériennes normales. La CIA a financé l’achat d’un nouveau Convair 880, en y consacrant 4,5 millions de dollars en décembre 1958 [ source ]. Le soi-disant « Mandarin Jet » était élégamment décoré et piloté par le meilleur de CAT. Felix Smith et Harry Cockrell, aux côtés de plusieurs autres, ont assumé la responsabilité du produit phare de l’entreprise. L’avion à réaction a été inauguré par nul autre que l’épouse du général Chang Kai-Shek lui-même. Le Mandarin Jet est resté en service jusqu’à sa vente à Cathay Pacific en 1968 [ source ].

Ces images fixes en couleur montrent un intérieur richement décoré (provenant de https://utdallas.app.box.com/v/history-Taiwan1)Toutes sortes d’hébergements étaient fournis à bord, ce qui en fait un cadre idéal pour le transport VIP (provenant de https://utdallas.app.box.com/v/history-Taiwan1)Mandarin Jet en vol, août 1963, photo prise par EC Kirkpatrick (provenant de https://utdallas.app.box.com/v/history-Taiwan1)

Le premier avion à réaction de CAT a été présenté comme un moyen de transport rapide et luxueux, CAT Bulletin Vol. XII, n° 5/6, mai/juin 1959 (provenant de https://utdallas.app.box.com/v/history-Taiwan1)

2.5 CAT devient Air America

En 1959, CAT a changé son nom pour Air America pour éviter le contrôle des autorités fiscales japonaises qui enquêtaient sur les origines et les bienfaiteurs de l’entreprise. Elle a adopté un nouveau slogan : « Anything, Anywhere, Anytime, Professionally » [ source ].

Air America a également souligné l’origine américaine de la compagnie. Sa propriété et son travail pour la CIA étaient encore une question de secret, mais elle aurait néanmoins besoin de clients légitimes ailleurs où le soutien américain était souhaité [ source ]. Le nouveau nom y a contribué. Air America allait se développer pour devenir un service aérien majeur à part entière et la propre compagnie aérienne privée de la CIA.

Même après son rachat par la CIA et son déploiement en Corée et en Indochine française, la compagnie effectuait toujours des vols commerciaux à partir des principaux hubs d’Asie de l’Est. L’entreprise avait un excellent bilan de sécurité, battu seulement par un éventuel détournement en juin 1964 qui a entraîné la perte d’un C-46 et des 56 personnes à bord [ source ].

Air America exploitait un vaste inventaire d’avions, à voilure fixe ou autre. Voici une liste des principaux avions utilisés par Air America. En raison de la taille de l’entreprise et de l’évolution des profils de mission, cette liste ne doit pas être considérée comme un compte rendu exhaustif de tous les avions jamais utilisés par Air America, mais plutôt comme un aperçu rapide de l’inventaire :

  • Curtiss C-46 Commando
  • Train aérien Douglas C-47
  • Fournisseur Fairchild C-123
  • Wagon couvert volant Fairchild C-119
  • Lockheed C-130 Hercules
  • HelioTwin Courrier
  • Helio U-10D Courrier
  • Pilatus PC-6 Porter
  • Cloche 204/205
  • Sikorsky H-34
  • Sikorsky S-19
  1. Air America au Tibet

Les communistes chinois envahirent le Tibet en octobre 1950, conquérant rapidement la province du Kham. Paniqués et désespérés, les responsables tibétains ont supplié les Nations Unies d’intervenir, mais aucune aide n’a jamais été offerte. Sous une pression intense, le Tibet et le Dalaï Lama ont cédé à la domination chinoise. Pékin a rencontré peu de résistance au début. Pourtant, les Chinois n’avaient aucun moyen de contrôler l’aristocratie et la paysannerie tibétaines, ils entreprirent donc de construire l’infrastructure logistique et militaire nécessaire pour exercer un contrôle sur la population. Le Dalaï Lama partit finalement pour l’Inde en novembre 1956, réalisant que rester au Tibet était intenable et dangereux [ source ]. Il y revient périodiquement jusqu’en 1959 [ source ].

Pékin a imposé une main de fer sur le pays nouvellement conquis. Le dogme athée exigeait l’éducation pour chaque Tibétain et la collectivisation forcée, les déplacements forcés et la confiscation des armes des paysans ont généré une réaction virulente contre les forces d’occupation chinoises [ source ]. Les garnisons chinoises ont été attaquées par des foules de paysans armés et les avant-postes ont été assiégés par des habitants en colère. La réponse de Mao aux troubles localisés était typiquement dénuée de tout souci pour la vie humaine. Une flotte de bombardiers lourds Tu-4 a été envoyée au-dessus du Tibet et d’innombrables villages et villes ont été rasés. Plusieurs milliers de personnes ont été tuées. Le point a été fait ; Le Tibet était la Chine et Mao pouvait étayer cette affirmation par la pure violence [ source ].

Des histoires d’une brutalité indescriptible ont commencé à émerger du plateau tibétain et à se diriger vers Calcutta. Le consulat américain de Calcutta a récemment accueilli John Hoskins, son nouvel officier de la CIA, et il a reçu l’ordre de rencontrer GyaloThondrup, le frère du Dalaï Lama [ source ]. Hoskins rencontra Thondrup à Darjeeling en novembre 1956, où il reçut des rapports effrayants sur divers crimes contre l’humanité. L’année suivante, en janvier 1957, la CIA envoya son premier responsable du dossier au Tibet, John Reagan. Reagan a reçu l’ordre d’évaluer le niveau de résistance contre l’occupation chinoise au Tibet et la meilleure façon dont l’agence pourrait fournir une assistance. Il lui a également été demandé de sélectionner six candidats pour d’éventuelles missions d’infiltration et de surveillance. Thondrup a fourni ces noms à Hoskins [ source ].

On pensait que la meilleure méthode d’exfiltration passait par le Pakistan oriental. Le plan a été approuvé conjointement par le président pakistanais Iskander Mirza et un responsable du dossier de la CIA à Dacca nommé Edward McAllister [ source ]. L’opération ne s’est pas déroulée comme prévu. Au moins quatre recrues tibétaines ont été tuées au cours de combats avec les troupes chinoises. Le B-17 converti utilisé pour larguer les Tibets avait accumulé beaucoup trop d’heures et était stocké pour les pièces de rechange. À la lumière des complications, la CIA confia le poste au CAT en août 1958 [ source ].

Le CAT largue régulièrement des armes et des fournitures aux rebelles tibétains à partir de C-54 et de C-130A. Les guérilleros Khampa entraînés à Saipan par des officiers de la CIA se sont révélés être une unité très efficace. En 1959, les Chinois dissoutent officiellement le gouvernement tibétain. Le Dalaï Lama a vu l’écriture proverbiale sur le mur. Il a contacté deux agents de la CIA connus sous le nom de « Tom » et « Lou » et les a suppliés par radio d’obtenir une aide immédiate. Environ 80 guérilleros Khampa ont été mobilisés pour protéger le dernier dirigeant tibétain souverain [ source ]. Ils ont démontré la valeur de la formation de la CIA en escortant avec succès le Dalaï Lama hors du Tibet et en Inde [ source ].

La CIA et Air America étaient limitées dans l’ampleur de l’aide pouvant être fournie uniquement par la capacité de poids du C-130A. Le major de l’USAF, Harry Aderholt, a pris la responsabilité du programme en 1960 et a corrigé ce problème en supprimant l’excès de poids du C-130A, augmentant ainsi considérablement la quantité de charge utile pouvant être larguée [ source ]. Aderholt jouera plus tard un rôle central dans la création de l’unité Raven Forward Air Controller au Laos pendant la guerre du Vietnam. Il travaillerait en très étroite collaboration avec les pilotes d’Air America à cette fin [ source ].

Jusqu’en mai 1965, Air America livrait régulièrement des armes, des munitions et des fournitures aux guérilleros de Khampa. Des agents tibétains ont également été largués à Nam Tso pour mener des opérations de sabotage [ source ].

  1. La Baie des Cochons

La filiale Macitence d’Air America, Air Asia, a été sous-traitée par une société écran de la CIA pour fournir 4 C-46. L’avion a été livré sur une piste d’atterrissage au Guatemala en septembre 1960. Les pilotes d’entraînement d’Air America arrivés au Guatemala ont vite compris quelle serait la nature exacte de l’opération. Les États-Unis avaient rassemblé un groupe d’exilés cubains, les avaient formés et cherchaient maintenant un moyen de les insérer à Cuba. En bref, la CIA tentait de renverser Castro sans risquer la vie des Américains ni les réactions politiques des bienfaiteurs de Castro à Moscou.

Les C-46 étaient principalement utilisés pour l’entraînement des parachutistes. Plusieurs séances de formation de ce type ont eu lieu quotidiennement. Les premiers ravitaillements destinés aux rebelles cubains dans les montagnes de l’Escambray ont eu lieu le même mois. Ce fut un échec total. Les fournitures tombèrent à près de 7 milles de leur zone de largage prévue, tombant entre les mains des troupes de Castro. Des contacts locaux à Cuba ont également été localisés et exécutés par les hommes de Castro [ source ]. Pour aggraver les choses, les pilotes ont pratiquement ruiné l’avion qui leur avait été fourni. Au moins un C-54 a atterri au Mexique et a été saisi. Plusieurs autres avions ont atterri en Jamaïque ou aux îles Caïmans. L’agence a réévalué et repris les baisses d’approvisionnement le mois suivant. Les résultats furent encore une fois médiocres. Plus de 68 largages de ravitaillement ont été effectués en novembre 1960, et seulement 7 ont approvisionné avec succès les positions rebelles. Pour quantifier l’échec de l’opération de largage de ravitaillement, quelque 151 000 livres de ravitaillement ont été transportées par avion. Seules 69 000 livres ont été larguées sur Cuba, dont 46 000 livres ont été larguées par erreur sur des positions occupées par la milice de Castro [ source ].

Les activités de la CIA dans les aérodromes du Guatemala commençaient à attirer l’attention de la presse locale. La CIA a déplacé l’opération du Guatemala au Nicaragua en octobre 1960. Le major Aderholt, de revendication tibétaine, était présent dans la délégation qui a demandé au président du Nicaragua d’autoriser le déménagement [ source ]. Le Nicaragua devait être utilisé pour déployer des bombardiers B-26 qui frapperaient des cibles à Cuba, adoucissant ainsi le champ de bataille pour la force d’invasion. La force B-26 a finalement été stationnée à Puerto Cabezas [ source ]. Ces avions allaient jouer un rôle central dans le succès, ou en l’occurrence l’échec, de l’opération. Air America a contribué à la revitalisation de l’aérodrome de Puerto Cabezas et à l’entretien des B-26 [ source ].

Le 15 avril 1961, un B-26 piloté par la CIA atterrit sur un aérodrome de Miami. Il était peint aux couleurs de l’armée de l’air cubaine et portait l’immatriculation FAR 933. Le pilote prétendait être un transfuge cubain et avait volé un B-26, bombardant plusieurs aérodromes alors qu’il quittait le pays. Cette histoire était une couverture pour la véritable force de frappe B-26 qui avait décollé de Puerto Cabezas plus tôt dans la journée, une manière d’expliquer la destruction de l’armée de l’air cubaine sans l’implication des États-Unis [ source ]. Cependant, un problème majeur est apparu avec l’opération Pluton ; la CIA n’avait pas fait ses recherches correctement.

La frappe avait réussi à détruire la majeure partie de la puissance aérienne de Castro, à l’exception de 3 T-33. Le ministre cubain des Affaires étrangères, Raul Roa, a condamné ce qui était clairement des attentats à la bombe parrainés par les États-Unis. L’ambassadeur américain a contesté sa version en présentant une photo du FAR 933. Roa a habilement souligné que le B-26 cubain avait des cache-nez en plexiglas, alors que ce B-26 avait un cache-nez solide. L’avion n’était tout simplement pas cubain. Malgré son échec à convaincre le public qu’il y avait une révolte parmi les forces armées cubaines, Kennedy voulait détruire les T-33 restants le plus rapidement possible [ source ]. Une grève a été ordonnée mais n’a jamais été exécutée.

McGeorge Bundy, le conseiller spécial du président, a informé la CIA le 16 avril que les frappes n’étaient pas envisageables jusqu’à ce qu’elles puissent être lancées depuis des pistes d’atterrissage à Cuba. Après avoir pris connaissance de la décision, le colonel Beerli, chef des unités aériennes de l’opération Pluton, a téléphoné au directeur adjoint Bissell et, dans ses termes : « a demandé instamment dans les termes les plus forts qu’il soit immédiatement demandé au président de reconsidérer cette décision et que les conséquences désastreuses de l’annulation de ces unités soient immédiatement demandées. qu’on lui explique les attaques » [ source ]. Cela ne s’est pas produit. Les T-33 ont été utilisés contre la force d’invasion, et il est très probable qu’ils aient grandement contribué à l’échec final de l’opération Pluton [ source ].

  1. Activités au Vietnam et au Laos

Air America a commencé ses opérations pour le compte du gouvernement américain en Asie du Sud-Est en tant que service logistique. Les munitions ont été transportées par avion sur une route régulière de Hanoï à Saigon, et des gaz lacrymogènes ont été importés d’Okinawa. Air America opérait à proximité d’un autre front de la CIA, une société sud-vietnamienne connue sous le nom de VIAT. Vers 1964, alors que l’implication américaine en Indochine se transformait en une campagne complète, Air America commença à travailler en étroite collaboration avec la Division des activités spéciales (SAD) de la CIA (qui deviendra plus tard le Centre d’activités spéciales (SAC)) ainsi qu’avec les Navy SEALS . .

La station Air America à Danang

Hank Schiller, directeur de la station d’Air America à Danang, illustre comment Air America est devenue « le principal moyen de soutien » des commandos de la CIA et de la Marine au cours des premières étapes de la guerre du Vietnam. Un autre pilote d’Air America raconte comment la compagnie aérienne a assuré le transport du chef de station de la CIA, William Kolby, vers des pistes d’atterrissage isolées situées le long de la frontière vietnamo-laotienne. D’autres pilotes d’Air America racontent des histoires similaires d’agents de terrain de la CIA nécessitant des insertions rapides et discrètes dans des pistes d’atterrissage et des villages éloignés. Air America a également effectué des missions pour le compte de l’ambassade américaine au Vietnam, transportant des diplomates et des dignitaires vers et depuis les principales villes vietnamiennes. Les missions MEDEVAC sont devenues courantes à mesure que la guerre progressait, souvent réalisées grâce à un pilotage habile d’hélicoptères Bell 204B [ source ]. Il est également probable que les pilotes d’Air America aient utilisé du Napalm pour la première fois pendant la guerre [ source ].

VIAT, l’autre front de la CIA opérant au Vietnam à l’époque, s’est vu confier la tâche d’insérer des agents au Nord-Vietnam avec un C-47 plus ancien. L’administration Kennedy était en train de mettre en place des insurrections soutenues par les États-Unis au Nord-Vietnam, et VIAT était le principal fournisseur de services aériens à ces guérilleros. Les pilotes d’Air America étaient chargés de former les pilotes vietnamiens qui effectueraient les vols VIAT [ source ]. Air America allait exploiter une flotte massive d’hélicoptères, d’avions de ligne, d’avions à hélices et d’avions plus petits. Elle est devenue le principal fournisseur de services aériens de la CIA pour toutes sortes d’activités secrètes.

5.2 Fonctionnement de la pompe à eau et de l’équipe A d’Air America

Air America est venue former les pilotes de la Royal Lao Air Force (RLAF) à l’utilisation de l’AT-28 dans le cadre de l’opération Water Pump. Souvent, les pilotes d’Air America effectuaient eux-mêmes des missions de combat pour le compte de la RLAF. Les pilotes d’Air America appelaient leurs payeurs de la CIA et leurs clients du Département d’État des « clients » [ source ]. Ces missions étaient généralement mouvementées et auraient pu être potentiellement mortelles. Pour citer John Wiren, le pilote de l’équipe A d’Air America pour Waterpump :

Lorsque nous effectuions les frappes autour de la Plaine des Jarres , le « client » était assis sur une crête avec un hélicoptère pour nous secourir en cas de besoin. Le pilote de l’hélicoptère nous a dit : « Je n’ai jamais vu autant de traceurs de ma vie ! »

L’ambassadeur Unger, alors chef de mission au Laos, a interrompu les sorties d’Air America après avoir observé le nombre d’impacts de balles parsemant les AT-28. Son attaché aérien l’a convaincu de reprendre les opérations aériennes, insistant sur le fait que la perte de la couverture aérienne des forces royales et neutralistes au Laos garantirait pratiquement une victoire communiste [ source ]. Les opérations aériennes avec l’A-Team ont repris. Les officiers militaires thaïlandais tenaient à obtenir l’utilisation des équipages des T-28. Selon le récit de John Wiren :

« Lorsque nous avons atterri à Wattay, tous les avions étaient criblés de balles. Le général Ma nous y a rencontrés et nous a dit qu’il voulait nos T-28 pour son propre usage. Nous lui avons dit : « Général, va faire tes propres trous ! »

Au fur et à mesure que les pilotes thaïlandais et royal laotiens du T-28 suivaient une formation, les pilotes d’Air America ont été progressivement remplacés par des étudiants thaïlandais et laotiens. Au total, environ 20 à 25 membres du personnel d’Air America ont été impliqués dans la pompe à eau [ source ].

5.3 Valeur du déni

L’organisation était essentielle au fonctionnement de la CIA en Asie du Sud-Est. C’était si crucial que la Maison Blanche était régulièrement informée des vols et des incidents d’Air America [ source ]. Un mémorandum envoyé à Henry Kissinger par John Holdridge détaille la perte d’un Air America C-123 à cause des tirs au sol des troupes régulières chinoises. Holdridge émet l’hypothèse que les troupes régulières chinoises étaient positionnées au Laos pour faciliter une insurrection contre les alliés américains au Laos et en Thaïlande. Il précise également le caractère « passif » de la réponse américaine, indiquant qu’il faut donner aux activités de la CIA au Laos des airs de déni plausible. Le mémo reconnaît la perte totale du C-123 d’Air America [ source ].

Un autre mémorandum daté de février 1970, marqué de l’en-tête de la Maison Blanche, affirmait sans ambages qu’Air America était une « activité exclusive de la CIA » [ source ]. Le mémo a été rédigé par Henry Kissinger et adressé au président Nixon, illustrant la nature élevée des activités d’Air America. Il confirme également que les pilotes d’Air America ont « accumulé une vaste connaissance du terrain au Laos, ce qui est d’une importance cruciale pour le succès de cette opération ». La moitié inférieure du mémo est entièrement caviardée, ce qui soulève des questions sur la nature exacte de l’opération laotienne.

  1. La CIA et le trafic de stupéfiants 

L’opération au Laos était d’une simplicité élégante, mais extrêmement discutable. Sur fond de guerre du Vietnam, une guerre civile brutale fait rage au Laos depuis la fin des années 1950. Le gouvernement royal du Laos a combattu le Pathet Lao, une insurrection communiste soutenue par la Chine, pour le contrôle du pays. La guerre civile laotienne était également connue sous un autre nom dans la CIA : « La guerre secrète » [ source ]. La Conférence de Genève de 1954 avait imposé le statut neutre du Laos après la première guerre d’Indochine, interdisant ainsi l’implication des États-Unis dans la lutte contre le Pathet Lao [ source ]. Toute action contre les insurgés communistes devrait être menée en secret.

Ayant accédé à une position de premier plan dans le paysage politique fracturé du Laos, le général Vang Pao, un officier militaire de souche Hmong, a travaillé en étroite collaboration avec la CIA pour combattre le Pathet Lao. En avril 1961, la CIA a utilisé des C-130A d’Air America pour livrer des unités d’artillerie thaïlandaises hautement qualifiées aux forces royales laotiennes à Seno. L’URSS avait également procédé à des vols ouverts de livraison vers le Pathet Lao, larguant des armes et des munitions dans les régions contestées [ source ].

Air America avait l’habitude de larguer du riz au-dessus des zones contrôlées par le Sud-Vietnam et assiégées par le Viet Cong. Ces « gouttes de riz » ont considérablement accru les capacités de combat des Vietnamiens et évité la famine aux civils piégés par les forces anticommunistes. Les livraisons d’armes et de munitions sont rapidement devenues connues sous le nom de « gouttes de riz dur » [ source ]. Le projet Momentum, nom officiel de la CIA pour les livraisons d’armes aux insurgés Hmong, a débouché sur un nouveau et lucratif contrat pour Air America avec l’ambassade américaine au Laos [ source ]. Selon le général laotien OudoneSananikone :

« La distribution se faisait généralement par transport terrestre, mais dans certains cas où les routes terrestres n’étaient pas disponibles, Air America effectuait les livraisons. »

Afin de combattre le Pathet Lao sur un pied d’égalité avec le soutien de l’Union soviétique, Kennedy a approuvé un plan visant à créer une « armée secrète » d’environ 20 000 insurgés de souche Hmong sous le commandement du général Pao [ source ] . Ces insurgés seraient directement soutenus, financés, formés et équipés par la CIA. La CIA a entrepris d’établir des pistes d’atterrissage secrètes le long de la frontière vietnamo-laotienne [ source ]

. Le travail effectué par Air America pour insérer des agents de la CIA dans cette région a clairement porté ses fruits. Kissinger avait raison de spéculer que les pilotes d’Air America auraient une connaissance approfondie du terrain et constitueraient donc des atouts inestimables pour le général Pao.

La plus célèbre de ces pistes d’atterrissage secrètes était le site de Lima 85, une base au sommet d’une montagne qui assurait une couverture radar aux bombardiers américains en mission au-dessus du nord du Vietnam. Le site de Lima a été le lieu d’un intense échange de tirs qui a abouti à une victoire du Pathet Lao [ source ]. Les contrôleurs aériens avancés Raven ont évacué les lieux après avoir réalisé que la bataille tournerait en faveur des communistes. Le personnel de la CIA de l’établissement a été à son tour évacué par un hélicoptère d’Air America [ source ].

Un Helio U-10D sur le site 85 de Lima, date inconnueUn aperçu du Site-85 de Lima

En 1964, le Pathet Lao s’empare de la Plaine des Jarres, un lieu stratégiquement vital pour les insurgés Hmong. La Plaine des Jarres est un paysage ancien d’une grande importance historique pour le peuple laotien. Plus important encore, c’était la seule zone dans laquelle les paramilitaires Hmong pouvaient faire atterrir des avions. La perte des plaines et la perte des pistes d’atterrissage ont entraîné une forte réduction des exportations d’opium [ source ]. L’opium était l’épine dorsale financière du peuple Hmong et la source de l’essentiel de son financement. Pour financer son armée secrète, le général Pao aurait besoin d’un moyen de transport aérien alternatif. La CIA a proposé Air America à cette fin.

Après la défaite française lors de la première guerre d’Indochine, plusieurs centaines de vétérans français sont restés dans le pays. Ils ont commencé à faire de la contrebande d’opium à bord de petits avions légers à travers l’Asie du Sud-Est. Leur entreprise était connue sous le nom d’« Air Opium ». C’est grâce à l’implication d’éléments français et criminels en Thaïlande que la mafia corse s’est impliquée dans le commerce de l’opium laotien [ source ].

Air America Pilatus PC-6 Porters livrant des marchandises aux troupes du général Vang Pao sur la Plaine de Jars (source : https://media.defense.gov/2019/Jul/02/2002153035/-1/-1/0/B_0156_CELESKI_SPECIAL_AIR_WARFARE_% 20AND_THE_SECRET_WAR_IN_LAOS_AIR_COMMANDOS_1964_1975.PDF)

Selon Alfred McCoy, une autorité de premier plan en matière de guerre secrète et d’Air America, la compagnie aérienne est rapidement devenue un service de trafic de stupéfiants pour le général Pao. Dans l’ouvrage fondateur de McCoy, « The Politics of Heroin in Southeast Asia », McCoy écrit :

« Air America a commencé à transporter de l’opium depuis les villages de montagne au nord et à l’est de la Plaine des Jarres jusqu’au quartier général du général Vang Pao à Long Tieng… L’ambassade américaine à Vientiane a adopté une attitude de négligence bienveillante à l’égard du trafic d’opium . »

McCoy détaille en outre comment la CIA a activement encouragé la culture de l’opium avec des techniques agricoles améliorées, avec l’aide d’un ancien agriculteur de l’Indiana, Edgar « Pop » Buell :

«[Buell a utilisé ses] compétences agricoles pour améliorer les techniques Hmong de plantation et de culture de l’opium. « Si vous voulez le cultiver, cultivez-le bien », a déclaré Buell aux Hmong, « mais ne laissez personne fumer ce produit. »

La mesure dans laquelle les pilotes d’Air America connaissaient le fret qu’ils transportaient est sujette à débat. Il est difficile de croire qu’Air America ignorait totalement la nature de son travail pour le général Pao. La compagnie aérienne livrait de l’opium brut au quartier général du général Pao à Long Tien. Le produit fini, « haute qualité no. 4 héroïne » [ source ], a ensuite été livrée par Air America directement aux trafiquants de stupéfiants de Manille, Bangkok et Saigon [ source ].

Un C-123 d’Air America est photographié ici livrant des fournitures aux troupes royales laotiennes à Long Tien (provenant de https://warbirdsnews.com/warbird-articles/air-america-anything-anywhere-anytime-professionally.html)

Il est possible que les pilotes d’Air America aient appris au fil des années à réserver leurs questions sur le contenu de leurs manifestes de vol, mais on frise l’incrédulité en suggérant qu’aucun n’était conscient de la nature illicite de leurs activités. Des dossiers déclassifiés de la CIA montrent que les vols d’Air America étaient régulièrement saisis [ source ], [ source ]. Quoi qu’il en soit, les vols de stupéfiants d’Air America ont emprunté l’itinéraire suivant :

  • Les avions d’Air America voleraient vers des villages de montagne isolés, probablement en utilisant un avion STOL tel que le PC-6 Porter ou l’U-10D, ou un avion à voilure tournante tel que le Bell 204.
  • L’opium brut serait chargé dans l’avion par les agriculteurs Hmong.
  • Air America envoyait ensuite l’opium brut par avion à Long Tien, où il était raffiné en héroïne de haute qualité.
  • Le produit fini serait ensuite chargé sur des avions d’Air America et transporté par avion vers Manille, Saigon ou Bangkok, selon l’endroit où se trouvaient les acheteurs.

McCoy estime également que la CIA était au courant de la nature des manifestes de fuite du général Pao. Il écrit : « Dans la plupart des cas, le rôle de la CIA impliquait diverses formes de complicité, de tolérance ou d’ignorance approfondie du commerce, et non une culpabilité directe dans le trafic lui-même ». Il souligne que « la CIA ne manipulait pas d’héroïne, mais elle fournissait à ses alliés des barons de la drogue des moyens de transport, des armes et une protection politique » [ source ].

La CIA a accidentellement révélé sa complicité dans ce commerce en divulguant au New York Times un document décrivant l’étendue de la production d’opium au Laos. Directement du travail de McCoy :

« Selon un ancien agent de la CIA qui a travaillé dans la région pendant plusieurs années, le laboratoire d’héroïne de Nam Keung est protégé par le major . Chao La, commandant des troupes mercenaires Yao de la CIA dans le nord-ouest du Laos. L’un des laboratoires d’héroïne près de Ban Houei Sai appartiendrait au général OuaneRattikone, ancien commandant en chef de l’armée royale laotienne – la seule armée au monde, à l’exception des États-Unis. armée, entièrement financée par le gouvernement américain.

La CIA et Air America n’étaient pas les seuls en jeu. Selon McCoy, la mafia corse aurait un accord de longue date avec le frère du président sud-vietnamien, qui se trouve également être le chef de la police secrète. Lorsque l’ambassade américaine à Saigon n’a pas été en mesure de fournir les fonds nécessaires pour maintenir à flot l’appareil policier, Ngo Dinh Nhu s’est tourné vers les champs de pavot laotiens pour obtenir de l’aide. Pour citer à nouveau directement McCoy :

« Nhu a établi deux pipelines reliant les champs de pavot laotiens au Sud-Vietnam. Le principal pipeline était une petite compagnie aérienne charter, Air Laos Commerciale, gérée par le gangster corse le plus flamboyant d’Indochine, Bonaventure « Rock » Francisci… Selon le lieutenant-colonel Lucien Conein, ancien officier de haut rang de la CIA à Saigon, leur relation a commencé en 1958, lorsque Francisci a conclu un accord avec Ngo Dinh Nhu pour faire passer clandestinement de l’opium laotien au Sud-Vietnam.

Il semble que la CIA était bien consciente du lien entre le crime organisé et ses homologues sud-vietnamiens. Au lieu de mettre un terme à ses opérations, l’agence semble avoir tiré les leçons de l’exemple corse et l’avoir appliqué au Laos. Air America transportait de l’opium pour les barons de la drogue laotiens jusqu’en 1971 [ source ].

L’opération Air America n’est pas passée inaperçue. Au moins un journaliste américain a écrit à l’ambassadeur américain au Laos, G. McMurtrieGodley, pour lui demander pourquoi les responsables laotiens participaient activement au trafic de drogue. L’ambassadeur a répondu en décembre 1970 :

« Je crois que le gouvernement royal laotien prend au sérieux sa responsabilité d’interdire le trafic international d’opium… comme vous le savez sans doute déjà, notre gouvernement fait tout son possible pour contenir ce trafic. »

La CIA n’a pas agi comme un trafiquant de drogue, vendant le produit fini directement aux consommateurs, mais elle n’a certainement pas fait d’efforts pour « contenir » le flux de stupéfiants. Il a trouvé des partenaires disposés sur les marchés des stupéfiants d’Asie du Sud-Est pour assumer le rôle de trafiquants et de consommateurs. Le trafic de stupéfiants témoigne de l’ampleur de l’implication de l’Agence dans le commerce de l’héroïne laotien. C’était l’élégante simplicité de l’opération. La CIA mènerait une guerre secrète contre une armée secrète financée par des stupéfiants trafiqués par une compagnie aérienne sans lien apparent avec l’Agence elle-même.

  1. Fin d’Air America

Air America a finalement été dissoute en 1974 par la CIA, à la fin de la guerre du Vietnam. Les opérations ont cessé et le peu d’actifs opérationnels viables qui restaient ont été transférés à Continental Air Services Inc. (CASI). Un effort a été fait pour poursuivre les opérations en Thaïlande avec CASI, mais cet effort semble s’être éteint en 1975 [ source ].

Dans un certain sens, Air America a connu une fin appropriée. 

La photo mondialement connue d’un hélicoptère évacuant le personnel civil et diplomatique du toit de l’ambassade américaine à Saigon était celle d’un hélicoptère d’Air America. Les derniers actes de l’entreprise seront de nature humanitaire, tout comme ses premières activités seront largement caritatives. Ce serait l’un des derniers vols de la compagnie aérienne légendaire mais controversée.

La photo mondialement connue d’un hélicoptère évacuant des réfugiés de l’ambassade américaine à Saigon était en fait un hélicoptère d’Air America.Sous un angle différent, le logo Air America est visible sur la queue du chopperGeorge Ritter avait 49 ans lorsqu’il s’est perdu au Laos. Ses restes ont été identifiés en 2019Une carte postale montrant un Royal Lao Helio avec ses armements sous les ailes

7.1 Résumé des principales conclusions

  • Air America a subi plusieurs mutations depuis le CAT vers sa forme reconnaissable au Vietnam. Au départ, il s’agissait d’une organisation de secours axée sur les vols humanitaires.
  • Air America a commencé son travail d’espionnage en tant que service aérien pour le gouvernement nationaliste chinois.
  • Le gouvernement fédéral américain ne reconnaît pas le travail dangereux et parfois mortel accompli par les pilotes d’Air America dans l’intérêt des mouvements anticommunistes d’Asie du Sud-Est.
  • Air America a effectué des vols logistiques pour les Français pendant la première guerre d’Indochine.
  • Air America a participé à la résistance tibétaine et à l’invasion de la Baie des Cochons.
  • Il est probable qu’Air America avait une connaissance implicite du trafic de stupéfiants laotien et que ses pilotes entretenaient une complicité tacite avec ce commerce.
  • La CIA a utilisé la compagnie aérienne pour des opérations manifestement illégales. Il a mené une guerre secrète dans un pays neutre grâce à des financements obtenus grâce au trafic de stupéfiants.
LA COMMISSION TRILATERALE

LA COMMISSION TRILATERALE

 

 

C’est Zbigniew Brzezinski, directeur des études russes à l’Université de Columbia en 1970, qui a conçu le trilatéralisme , basé sur trois sphères du globe : l’Amérique du Nord, l’Europe et le Japon.

L’idée d’une commission trilatérale a en fait été élaborée lors d’une réunion du Bilderberg.

Après s’être intéressé aux études tripartites de Zbig , David Rockefeller, président officieux du conseil d’administration du Power Elite, a lancé une invitation à cet ambitieux passionné de politique au nom de famille imprononçable pour assister au pow-wow de Bilderberg en 1972 à Knokke, en Belgique.

Là, Zbig a fait son argumentaire pour inviter les Japonais au Bilderberg, en partant du principe que le Japon avait acquis, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, une nouvelle richesse sur laquelle il fallait compter et qu’il était désormais une puissance économique et.

Les bourgeois du Bilderberg ont décidé de ne pas intégrer les Japonais dans leur propre forum, qui était alors un succès bilatéral depuis près de 20 ans, ayant mené à bien l’unité européenne et continuant à mener des gangbusters dans le secret le plus total.

Au lieu de cela, les participants ont sanctionné une toute nouvelle organisation : la Commission trilatérale.

Rockefeller, Zbig et George Franklin se sont d’abord rendus en Europe, puis au Japon, pour recruter 75 membres issus des cercles bancaires, industriels, politiques et médiatiques de chaque domaine. (Franklin était un ami de longue date de Rockefeller ; il avait même été secrétaire du Comité américain de la CIA pour une Europe unifiée. Le petit monde.)

Dès l’été, un groupe de planification trilatéral était prêt pour son premier rendez-vous, qui a eu lieu les 23 et 24 juillet dans un domaine Rockefeller – Pocantico Hills – surplombant le fleuve Hudson.

Rockefeller a payé cela de sa poche. Il savait par expérience qu’investir dans un réseautage de haut niveau rapportait d’énormes dividendes.

Avec l’approbation des « plus hauts cercles politiques et financiers » (d’après un premier mémo de la Commission trilatérale), le trio a sélectionné des présidents dûment accrédités pour représenter chaque sphère.

Mais la Commission trilatérale a été un désastre pour l’élite au pouvoir.

Voici pourquoi:

Ce fut un tremplin pour la présidence et l’administration de Jimmy Carter.

Le producteur d’arachides, voyez-vous, était l’un de ces futurs dirigeants qui ont attiré l’attention de Rockefeller le Faiseur de Rois, après que Carter ait prêté serment comme gouverneur de Géorgie en janvier 1971.

Vingt et un mois plus tard, en octobre 1972, Zbig and the Rock a accueilli Carter pour un déjeuner à l’hôtel Connaught à Londres et l’a nommé commissaire trilatéral.

Peu de temps après, le gouverneur Carter est devenu le golden boy de Rockefeller et Zbig à la présidence, et la Commission trilatérale lui a discrètement fourni le soutien financier et médiatique de Power Elite dont il avait besoin pour « surgir de nulle part » et prendre la Maison Blanche.

La Commission trilatérale n’était nulle part. On ne le trouve tout simplement nulle part dans les journaux.

Carter est devenu président et Zbig est devenu son conseiller à la sécurité nationale, le poste qu’il convoitait depuis le début.

Le vice-président de Carter, Walter Mondale, était également membre de la Commission trilatérale, tout comme le secrétaire d’État Cyrus Vance, le secrétaire à la Défense Harold Brown et le secrétaire au Trésor W. Michael Blumenthal. Oh, et Andrew Young, ambassadeur auprès de l’ONU. Et aussi Warren Christopher, secrétaire d’État adjoint. Et Richard Holbrooke, secrétaire d’État adjoint chargé des Affaires de l’Asie de l’Est et du Pacifique. Oh, et Richard Cooper, sous-secrétaire d’État aux Affaires économiques. Ajoutez Graham Allison, secrétaire d’État adjoint à la Planification. Oh, et Paul Volker, président du Conseil de la Réserve fédérale.

Avec 14 autres membres de la Commission nommés à des postes politiques de haut niveau.

Encore une fois, le monde est petit. Très petit.

C’était comme si la Commission Trilatérale avait pris le contrôle du gouvernement américain !

La troupe de trilatéralistes de Carter a vraiment bien gâché les choses : une inflation en flèche, des taux d’intérêt à 20 pour cent ; l’échiquier mondial, un horrible gâchis. (Peut-être que c’était le plan ?)

Ou peut-être que Rockefeller a été trahi par le producteur de cacahuètes.

Miles Copeland, Jr., un ancien responsable de la CIA ayant des liens étroits avec Carter à la Maison Blanche, m’a expliqué la situation lorsque je l’ai interviewé pour le magazine Penthouse en 1979 :

« Carter et sa mafia géorgienne – Hamilton Jordan, Jody Powell et Stuart Eizenstadt – étaient tous assis dans le bureau ovale toute la journée, les pieds sur la table basse. Un par un, Cy Vance, Harold Brown et Blumenthal arrivaient et essayaient formellement de conseiller le président sur ce qu’il devait faire à propos de ceci et de cela. Après leur départ, Ham, Jody et Stu décideraient entre eux de la politique à suivre. C’est ce que Carter écoutait.

Carter a comparé la gouvernance et l’art de l’État au travail de l’Église. L’art de gouverner, c’est beaucoup de choses. Le travail de l’Église n’en fait pas partie.

Les tergiversations et le manque de jugement de Carter ont semé la confusion parmi nos alliés, des rires en Union soviétique et ont finalement conduit à la crise des otages à Téhéran.

Cela confirmait que, livrée à elle-même, la Power Elite (dirigée à l’époque par David Rockefeller et Henry Kissinger) était tout à fait capable de provoquer une autre guerre mondiale, tout comme ses prédécesseurs bien plus tôt dans le siècle. (Ce sont Rockefeller et Kissinger qui ont poussé Carter à permettre au Shah d’Iran de chercher refuge aux États-Unis – contre le meilleur jugement de Jimmy – et ont précipité le siège iranien de l’ambassade américaine.)

Un autre impact de la présidence Carter a été le fait que la CIA ait dû supporter l’amiral Stansfield Turner comme directeur.

« L’Amiral », comme il aimait être appelé, était plus préoccupé par les agents du renseignement à l’étranger qui s’engageaient de manière immorale dans des relations extra-conjugales que par l’implosion de l’Iran de l’intérieur. Il a apparemment pris la CIA pour un groupe missionnaire et a trouvé le renseignement humain (HUMINT) déplaisant. De nombreux agents de renseignement chevronnés du service clandestin ont quitté l’agence au cours de cette période.

Rockefeller a discrètement renoncé et a placé son argent derrière un autre cheval de l’écurie Trilatéral (encore une fois, un petit monde) : George Bush, un preppie privilégié qui avait déménagé de Greenwich, dans le Connecticut, au Texas pour prouver sa virilité dans le secteur pétrolier.

Lorsque j’ai interviewé George Bush dans sa suite de l’hôtel Jefferson à Washington, fin 1979, il est devenu visiblement et vocalement agité lorsque je lui ai posé des questions sur son appartenance à la Commission trilatérale, qui était à l’époque complètement inconnue.

Entrez Ronald Reagan pour changer les choses.

Reagan n’était pas du genre à assister aux conférences organisées par Bilderberg et Trilatéral. Trop ennuyeux.

Non, Reagan s’est concentré sur la vision d’ensemble, pas sur les rouages ​​du système, dont dépend et manipule la Power Elite.

Reagan a même lancé quelques coups aux « élitistes » de la Trilatérale au cours de sa campagne visant à détourner les électeurs de Bush du New Hampshire, où l’adhésion à la Trilatérale était devenue un problème important, grâce aux « théoriciens du complot » de l’ Union Leader, le plus grand journal de Manchester NH. en partie sur mes reportages.

La victoire de Reagan aux primaires du New Hampshire a scellé sa nomination.

Pour ses sorties Power Elite, le bûcheron Reagan a préféré…

Bosquet de Bohême.

Méconnu (sauf pour ceux qui le savent) comme le « plus grand club d’hommes du monde » (selon les mots du président Herbert Hoover), Bohemian Grove occupe 2 700 acres de séquoias californiens le long de la Russian River, à 65 miles au nord de San Francisco.

Les gros bonnets viennent surtout pour passer un bon vieux temps : une fête de fraternité annuelle pour les hommes d’âge moyen à vieux, de la mi-juillet au début août.

Pour préparer le terrain, ils mettent même en place un rituel d’ouverture pour se décharger des préoccupations quotidiennes.

« Fini les soins ennuyeux ! » les hommes adultes chantent autour d’un feu de joie. « Le solstice d’été nous libère ! »

Ensuite, ils jettent une effigie nommée « Dull Care » sur le feu pour symboliser leur liberté.

Après cela, les hommes de pouvoir (dont David Rockefeller et Henry Kissinger, bien sûr) se considèrent libres de boire des martinis à dix heures du matin et de se promener en pyjama ou en peignoir toute la journée.

S’ils ont besoin de faire un pipi, ils sont encouragés à faire pipi sur un arbre.

Le bosquet est divisé en 128 petits camps de 20 à 30 membres, des camps portant des noms comme Wild Oats, Woof et Toyland.

Un camp, Poison Oak, organise un déjeuner annuel de boules de taureaux, gracieuseté d’un baron du bétail qui apporte une réserve de testicules de choix.

Les bohémiens qui parviennent encore à se relever « traversent la rivière », un code secret pour quitter l’enceinte et emmener leur amour en ville. Il existe deux villes voisines où la libération lubrique des soucis ennuyeux vous attend : Guerneville et Monte Rio. Les auberges et les motels des deux pays regorgent de prostituées haut de gamme du Nevada et d’ailleurs pour le commerce du milieu de l’été.

Quelque chose à propos de l’air dans les séquoias. Ou l’intimité gardée. Ou les boules de taureaux. Ou peut-être les trois combinés.

La confrérie bohème crée des liens (surtout pour ceux qui traversent le fleuve).

Même Tricky Dick Nixon, qui ne pouvait créer de liens avec personne, s’est lié aux Bohémiens.

Comme tous les autres présidents républicains du XXe siècle, il a confié sa prochaine candidature à la présidence aux Bohémiens avant de la rendre publique.

Revenons à Ronald Reagan, qui s’est entouré à la Maison Blanche des Brotherhood Boys : George Shultz, Caspar Weinberger, James Baker, Donald Regan et Bill Casey.

C’étaient des scrappers. Les batailles de territoire ont commencé presque immédiatement.

Casey était un vieux salopard coriace. Non seulement il a été nommé directeur du renseignement central, mais il en a fait un poste au sein du cabinet – et il s’en foutait de l’encombrement du Congrès.

Avec la bénédiction de Reagan et les encouragements de Casey, la CIA a ramassé les morceaux brisés laissés par les ecclésiastiques Carter et Turner, a tout recollé et a plongé le tout dans de l’or.

Certains disent qu’ils ont même commencé à servir des boules de taureaux dans la salle à manger exécutive du septième étage de Langley.

CERCLE DE PINAY

Antoine Pinay, l’ancien Premier ministre français, n’était pas satisfait de son expérience au Bilderberg.

Il voulait quelque chose d’un peu plus petit ; quelque chose de plus conspirateur par nature ; quelque chose qui s’engagerait dans une action directe.

Il a donc créé un groupe discret de droitiers partageant les mêmes idées.

Pinay avait le sentiment que la subversion soviétique était partout. Il souhaitait contrer cette menace omniprésente.

Bien que le Cercle porte le nom de Pinay, son architecte en chef était Jean Violet, un avocat français douteux employé à la fois par le SDECE français et le BND allemand dans les années 1960.

Violet cultive de nombreux contacts dans le monde fantôme, puis s’attache à l’ancien premier ministre français. Et le SS Pinay est devenu sénile, Violet a pris le commandement du Cercle voyou.

Au cœur du Cercle, Violette a assemblé…

* Florimand Damman, secrétaire général belge de l’Académie européenne des sciences politiques de Bruxelles, qui estime que l’Europe est déjà attaquée par un nouvel impérialisme soviétique.

* L’archiduc Otto de Habsbourg, fondateur d’un groupe de réflexion anticommuniste appelé Centre européen de documentation et d’information. La famille de Habsbourg possédait autrefois un empire en Europe, donc ce type connaissait l’impérialisme quand il le voyait et déplorait le bon vieux temps où il était conçu et géré par ses propres ancêtres.

* Manuel Fraga Iribarne, ancien ministre franquiste en Espagne, puis président du parti de droite AlianzaPopular.

* Franz Josef Strauss, ministre de la Défense, puis président de l’Allemagne.

* Le comte Alexandre de Marenches, ancien directeur du SDECE, le service de renseignement français.

* Nicholas Elliot, un officier supérieur du renseignement britannique qui ne s’est jamais remis de la « trahison » de Philby et qui désormais (comme son ami James Angleton de la CIA) a vu la subversion partout.

* Didier Franks, chef du renseignement britannique.

* Un ancien ministre italien des Finances nommé Pandolphi.

* Un général Fraser d’Afrique du Sud.

* Brian Crozier, un larbin pompeux qui s’attribue le mérite d’avoir remporté à lui seul la guerre froide. La CIA a bêtement financé l’Institut Crozier (basé à Londres) pour l’étude des conflits. Alors que personne ne prenait Crozier au sérieux (pour cause), il a divulgué le parrainage de la CIA pour renforcer sa propre suffisance et obtenir une reconnaissance imméritée.

* Julian Amery, ministre britannique de l’aviation.

* Edwin Feulner, directeur de la HeritageFoundation. (Egghead joue au super-effrayant.)

* Donald « Jamie » Jamieson, un ancien responsable de la CIA qui n’a jamais pardonné au KGB de l’avoir infecté par la polio.

* Général Richard Stilwell, ancien directeur de la Defense Intelligence Agency.

Les omniprésents David Rockefeller et Henry Kissinger ont fait des apparitions, mais ont finalement décidé, judicieusement, que ce n’était pas leur tasse de thé. (Ce couple préférait une approche plus convenable et plus subtile de la manipulation globale.)

Ajoutez à cela au moins un général de droite portugais (Spinola) et quelques types du renseignement suisse (Richard Lowenthal et le sinistre Dr Kux).

Lors d’une réunion à l’hôtel Madison de Washington, DC, le 1er décembre 1979, le Cercle a tenté en vain d’engager l’ancien directeur de la CIA, William Colby, et le président de la Réserve fédérale, Paul Volcker. (Je le sais directement de Colby.)

Les Pinay Circlers étaient une poignée d’élus dont le travail consistait à combattre la guerre froide parce que personne d’autre ne le faisait assez bien selon leurs normes.

En tant que guerriers froids voyous, ces gars ont conçu un programme semblable à celui de la CIA qui comprenait :

* Planter des articles dans les médias par des journalistes de renom pour défendre leurs diverses campagnes. (Brian Crozier était l’un de leurs journalistes « bien connus ». Voilà pour cet élément de leur plan.)* Lobbying auprès des décideurs. (Le rapport de Crozier sur la sécurité européenne et le problème soviétique a été personnellement présenté au président français Georges Pompidou par Antoine Pinay.)

* Organiser des manifestations de masse.

* Créer des caisses noires et les utiliser pour élire des politiciens partageant les mêmes idées. (Franz Strauss, Fraga Iribarne et Margaret Thatcher ont tous bénéficié de ces fonds.)

* Organiser des bureaux secrets à Londres, Washington, Paris, Madrid et Munich pour coordonner les activités ci-dessus.

Ils ont créé, à dessein, leur propre service de renseignement et l’ont utilisé dans le but d’échanger des informations avec les agences de renseignement établies en Europe et aux États-Unis.

Étonnamment, ils étaient très actifs à leur apogée dans les années 1970.

Par l’intermédiaire de l’académie de Flammand Damman, le Cercle a parrainé une campagne pour la liberté de mouvement, visant à embarrasser les Soviétiques lors des premières négociations SALT à Helsinki.

Cela a été suivi par une campagne pour la liberté des prisonniers politiques en 1976.

Le Cercle a contribué à l’élection de Thatcher en Grande-Bretagne (1979) et de Strauss en Allemagne (1980).

Par l’intermédiaire du prince Turki d’Arabie saoudite, le Cercle a construit un puissant émetteur radio en Arabie saoudite qui diffusait des programmes radio promouvant l’islam en Russie soviétique.
(Une petite idée. Oui, les antisoviétiques d’antan ont tenté de guérir un léger mal de tête en contribuant à créer ce qui est devenu une migraine pour le monde.)

Le Cercle a déploré la manière dont la CIA a traité les transfuges soviétiques, estimant que la CIA n’a pas pris suffisamment au sérieux le message invariable des transfuges selon lequel le ciel allait nous tomber sur la tête ; que la perestroïka de Mikhaïl Gorbatchev n’était qu’un grand piège conçu pour nous aspirer avant de nous précipiter dans l’oubli.

Comme la CIA n’y croyait pas, le Cercle a créé la Jamestown Foundation à Washington, DC, dont le but, sous la direction de Jamie Jamieson, était de débriefer les transfuges indépendamment de la CIA, puis de diffuser leur évangile dans les médias.

Finalement, Jean Violet se retire sur la Côte d’Azur pour raconter à ses petits-enfants comment lui et Brian Crozier ont sauvé l’Occident.

8/1/2024 : APERÇU DE LA COMMUNAUTÉ DU RENSEIGNEMENT BRITANIQUE

8/1/2024 : APERÇU DE LA COMMUNAUTÉ DU RENSEIGNEMENT BRITANIQUE

 

Siège social du GCHQ « The Donut » basé à Cheltenham. Imagerie de défense.

1.0 Introduction

Témoignage de l’histoire du renseignement et marquée par des achats innovants, la communauté du renseignement du Royaume-Uni (UKIC) se distingue comme l’une des communautés de renseignement (IC) les plus remarquables au monde. Hautement qualifiées et interopérables, la collecte, l’analyse et la diffusion de renseignements destinés à la sécurité nationale contribuent de manière significative à influencer la sécurité de la Grande-Bretagne. Ces efforts jouent un rôle majeur dans les décisions politiques.

Les agences les plus notables au sein de l’UKIC sont le Secret Intelligence Service (SIS/MI6) qui couvre le renseignement étranger, le Service de sécurité (MI5) pour les questions intérieures, le General Communications Head Quarters (GCHQ) avec le renseignement électromagnétique et l’information électronique (SIGINT) et la Défense. Intelligence (DI) avec le ministère de la Défense (MoD). 

L’UKIC dans son ensemble est globalement comparable aux États-Unis d’Amérique (USA). Principalement vu en termes de capacité de renseignement et de spécialisation de l’agence. Cependant, comme tout autre pays, l’UKIC se présente comme une île qui a ses propres mérites.  

2.0 Première histoire du renseignement britannique 

La formalisation au Royaume-Uni de services de renseignement dédiés a commencé en 1873 avec la Branche du renseignement du War Office. Cela a finalement évolué vers la Direction du renseignement militaire. De plus, l’Amirauté de la Royal Navy a formé le Naval Intelligence Department (NID) en 1887, issu du Foreign Intelligence Committee en 1882. En 1909, le Secret Service Bureau (SSB) a collectivisé le renseignement britannique, en se concentrant sur le renseignement lié à l’Allemagne. tant au Royaume-Uni qu’à l’étranger, en raison de la grande course aux armements navals entre les deux pays et de la préparation de la Première Guerre mondiale. ( Sources ) ( Sources )

2.1 En défense du royaume 

Au cours des deux premières années de la Première Guerre mondiale, le SSB s’est concentré sur les questions de contre-espionnage au Royaume-Uni (armée) ainsi que sur le renseignement naval lié aux capacités navales de l’Allemagne (marine). En 1916, le gouvernement divisa officiellement les deux sections, désignant le MI6 pour les questions liées à l’étranger et le MI5 pour le contre-espionnage. Bien que les deux agences aient changé de nom, les acronymes ont perduré et sont mondialement reconnus comme les principales agences de renseignement du Royaume-Uni au sein du CI. ( Sources ) ( Sources )

2.2 La naissance de SIGINT et de la salle 40

Pendant la Première Guerre mondiale, l’Allemagne et la Grande-Bretagne se sont fortement appuyées sur les communications par signaux alors que le trafic maritime et militaire augmentait à travers la Manche et la mer du Nord vers leurs éléments navals. En 1914, les services de renseignement britanniques commencèrent à explorer davantage les moyens de décrypter les communications allemandes entrantes et sortantes afin d’obtenir des renseignements sur les sorties et les déploiements navals. En novembre, la salle 40 a été créée, située dans l’ancien bâtiment de l’Amirauté.

La salle 40 a contribué à un certain nombre d’engagements navals importants, tels que la bataille du Jutland en 1916, qui a abouti à la supériorité navale britannique en mer du Nord. De plus, le SIGINT développé par ceux de la salle 40 a réussi à décoder le très important télégramme Zimmerman, dans lequel l’Allemagne proposait que le Mexique rejoigne la guerre aux côtés des puissances centrales pour perturber l’approvisionnement des États-Unis vers le Royaume-Uni. Le télégramme Zimmerman, parallèlement à la reprise par l’Allemagne de la guerre sous-marine sans restriction, a finalement conduit les États-Unis à rejoindre la guerre en 1917. ( Source ) ( Source )

2.3 Section D et ÉT

Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale a plongé le Royaume-Uni dans une crise existentielle. En 1941, l’Allemagne avait englouti la majorité de l’Europe et attaqué les principales routes maritimes reliant les États-Unis au Royaume-Uni. Pour l’essentiel, le Royaume-Uni s’est retrouvé largement isolé de son empire. Ainsi, Winston Churchill, ainsi que d’autres personnalités de haut rang, ont appelé à davantage de méthodes clandestines et non conventionnelles d’espionnage et de collecte.

Avant le déclenchement de la guerre, la Section D a été créée par le SIS pour un tel rôle. Les membres de cette unité menaient des opérations clandestines, par opposition à un travail de renseignement régulier. La nature destructrice d’un tel travail a marqué un tournant dans le rôle que pouvaient jouer les renseignements et les méthodes clandestines. Cependant, les membres du War Office percevaient largement la formation de la Section D comme contre nature. Pour beaucoup, ces méthodes clandestines ont été un choc au sein du SIS. En particulier, les remarques du chef Laurence Grand sur la guerre non conventionnelle, imitant les tactiques utilisées par les groupes terroristes et s’alignant sur les groupes socialistes à travers l’Europe à des fins de guerre irrégulière. ( Sources ) ( Sources )

Suite au succès (et aux échecs) des opérations de la Section D, Winston Churchill a envisagé de promouvoir le recours aux opérations clandestines en élargissant le Special Operations Executive mis en place sous Neville Chamberlain. Le rôle des entreprises d’État, comme l’a déclaré Churchill, était de « mettre le feu à l’Europe ». Pendant la guerre, le SOE et le SIS ont été confrontés à des conflits sur la priorité opérationnelle. La relation entre la collecte de renseignements et la destruction n’augure rien de bon. Après la fin de la guerre, le SOE s’est dissous et certains membres ont rejoint la section D du SIS. ( Source )

2.4 Notre place dans le monde ?

Tout au long du début de la Guerre froide, l’UKIC a été confrontée à des scandales et à des difficultés à s’adapter à la politique de grande puissance de l’époque. Par exemple, les services de renseignement n’ont pas réussi à découvrir des espions tels que Klaus Fuchs, qui a transmis des secrets et des informations nucléaires à l’URSS pendant la guerre. La découverte d’espions appartenant au service lui-même, comme les Cambridge Five, a finalement retardé l’approvisionnement nucléaire de la Grande-Bretagne et érodé la confiance entre ses alliés. En outre, la Grande-Bretagne était en pleine décolonisation et luttait pour repositionner efficacement ses services de renseignement contre les éléments communistes en Europe et dans l’intérêt des colonies britanniques. ( Source )

2.5 Le renseignement au 21e siècle

Aujourd’hui, l’UKIC occupe une position prospère et distinguée en tant que l’une des principales communautés de renseignement au monde. Le Royaume-Uni entretient une « relation spéciale » hautement fonctionnelle avec les États-Unis en matière de renseignement, formalisée sous le nom d’accord UKUSA. Les deux pays exploitent le SIGINT, partageant des données et des renseignements pour rester informés des questions liées à leurs intérêts et à leur sécurité nationaux. En outre, le Royaume-Uni est actuellement membre de la Five Eyes Alliance, un accord de renseignement collectif entre les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

3.0 Organisation

Au sein de l’UKIC, trois organes ministériels gouvernent les quatre services de renseignement du pays. Le Bureau des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement (FCDO) supervise le SIS, communément appelé MI6 pour les affaires étrangères du pays. De plus, le FCDO supervise le quartier général des communications en ce qui concerne les questions de SIGINT. Le ministère de l’Intérieur néglige le service de sécurité, le MI5, sur les questions intérieures. Enfin, le ministère de la Défense dispose du renseignement de défense, qui couvre les questions militaires au sein des forces armées. 

3.1 Machine nationale de renseignement

Au Royaume-Uni, la surveillance du renseignement et les organismes gouvernementaux sont strictement organisés pour défendre les valeurs démocratiques britanniques et faciliter des décisions politiques efficaces. Au cœur de la surveillance du renseignement britannique se trouvent le Joint Intelligence Committee (JIC) et la Joint Intelligence Organization (JIO), qui supervisent l’analyse des renseignements bruts destinés à être diffusés aux décideurs politiques. De plus, le conseiller à la sécurité nationale (NSA) gère la coordination stratégique des services de renseignement et met en œuvre les politiques de renseignement du gouvernement. ( Sources ) ( Sources )

En outre, à la fin de la guerre froide, afin d’assurer davantage de transparence au Parlement et au public, le Parlement a créé la Commission parlementaire du renseignement et de la sécurité (ISC) en 1994. L’ISC assure la surveillance et surveille les mesures prises par les services de renseignement dans alignement sur la loi sur les services de renseignement. En 2013, l’ISC a été élargi dans le cadre de la loi sur la justice et la sécurité. Cela a été fait pour que le Parlement joue un rôle plus important dans la surveillance et les responsabilités du Cabinet en matière de politique de renseignement. ( Sources ) ( Sources )

3.2 Services de renseignement secrets (SIS/MI6)

Devise : « Semper Occultus », se traduit en latin par : « Toujours secret » 

Siège social : Bâtiment SIS, Vauxhall Cross, Londres.

Basée à Londres, la SIS se présente comme une agence de renseignement étrangère centrée sur le respect des valeurs démocratiques du peuple britannique et de son gouvernement. Spécialisé dans le renseignement humain ( HUMINT ), le travail effectué au SIS fournit aux décideurs politiques du n°10 des renseignements critiques adaptés aux problèmes de sécurité à l’étranger qui menacent le Royaume-Uni. En plus de leur travail, les priorités du renseignement du SIS se concentrent également sur la protection du Royaume-Uni contre les armes de destruction massive, l’instabilité et les conflits étrangers, les cyberattaques et les efforts antiterroristes.

Pour rejoindre le SIS, les candidats doivent se lancer dans une procédure de sélection rigoureuse et approfondie qui peut prendre des mois. Le niveau standard d’autorisation requis est le Advanced Vetting (DV). Il n’existe pas grand-chose sur la mesure dans laquelle les services de renseignement exploreront vos antécédents, cependant, cela peut impliquer : le style de vie, l’état mental, la famille et les amis, les finances, etc. Lors de la sélection pour les postes d’officiers de renseignement, les candidats retenus participent au cours de nouvelle entrée pour officiers de renseignement (IONEC) sur une période de 6 mois, formation au traitement des agents, à la surveillance, à la contre-surveillance, aux armes à feu et à d’autres techniques non divulguées. ( Source ) ( Source ) ( Source )

3.3 Service de sécurité (MI5)

Devise : « Regnum Defende », se traduit en latin par : « Défendre le royaume ».

Siège social : Thames House, Millbank, Londres.

Le MI5 collecte principalement des renseignements pour la sécurité intérieure auprès d’acteurs hostiles au Royaume-Uni, y compris des terroristes, et mène des activités de contre-espionnage contre des acteurs étrangers. En 2023, le Royaume-Uni a publié son rapport CONTEST sur les activités terroristes. Il montre que le MI5 a déjoué plus de 39 attaques tardives depuis 2017. Dans l’ensemble, le MI5 se concentre fortement sur les activités liées au terrorisme et aide la police antiterroriste dans les enquêtes en cours. Pour recueillir efficacement des renseignements, le MI5 s’appuie en grande partie sur HUMINT, ainsi que sur une surveillance à la fois directive et intrusive. Le MI5 traite également les incidents liés à la cybersécurité impliquant l’espionnage, le terrorisme et les sites gouvernementaux sensibles. En outre, ils jouent un rôle dans le soutien des efforts de contre-prolifération visant à empêcher l’entrée d’armes de destruction massive au Royaume-Uni. ( Source ) ( Source ) ( Source )

« Les hommes et les femmes du MI5 sont des gens ordinaires, qui font des choses extraordinaires. Ils ont une très forte philosophie de service public, mais leur travail passe souvent inaperçu dans le domaine public. Ils sont intensément engagés à assurer la sécurité du pays et font preuve d’un professionnalisme et d’une éthique infatigables dans la manière dont ils mènent leur travail.

Qui nous sommes, MI5 ( Source )

3.4 Quartier Général des Communications Générales (GCHQ)

Devise : « Intégrité, ingéniosité, impact, travail d’équipe »

Siège social : The Donut, Hubble Road, Cheltenham. 

L’une des agences SIGINT les plus avancées et technologiquement compétentes au monde, le GCHQ joue un rôle majeur dans les tâches britanniques liées à la cyberdéfense, à la cryptographie et au renseignement . Surnommé le « Donut » en raison de sa forme ronde, la construction du bâtiment du siège social a eu lieu en 2003, pour un coût dépassant 337 millions de livres sterling. En outre, le GCHQ emploie entre 5 000 et 7 000 personnes sur plus d’une douzaine de sites à travers le Royaume-Uni. En outre, le Royaume-Uni entretient une relation particulière en ce qui concerne le partage de renseignements avec les États-Unis, en particulier avec la National Security Agency, ce qui lui donne un large éventail d’accès SIGINT à l’échelle mondiale. Rejoindre le GCHQ nécessite de subir un contrôle approfondi et une formation approfondie. Cependant, le GCHQ propose un système de recrutement étendu aux diplômés et aux étudiants actuels au Royaume-Uni. De plus, le GCHQ a sans doute besoin d’un vaste bassin de personnes, en fonction de leur travail, parmi des personnes hautement qualifiées en mathématiques, en langues et en sciences. ( Source )

3.5 Renseignement de défense (DI)

Devise : « Quaestium est Scire », se traduisant en latin par : « Connaître, c’est conquérir ».

Siège social : Bâtiment principal du ministère de la Défense, Whitehall, Londres. 

Au sein du Strategic Command du ministère de la Défense, la DI est l’agence de renseignement militaire qui gère les questions de renseignement sur la défense nationale, la sécurité et la politique stratégique. Composée de 5 000 personnes, la DI a été créée en 1964 et se structure en quatre éléments. Le Joint Intelligence Training Group (JITG) gère la formation de la DI à travers l’analyse du renseignement, la sécurité et les langues. Au-delà de cela, c’est le Joint Intelligence Forces Group qui constitue l’essentiel des effectifs de renseignement de la DI. De plus, supervisant les capacités GEOINT et IMINT, le directeur de la cyberintelligence et de l’intégration de l’information est responsable des deux groupes précédents. Enfin, le chef adjoint du renseignement de la défense analyse et diffuse les renseignements à transmettre à la défense et aux décideurs politiques. En plus de son travail de renseignement militaire, la DI publie des rapports hebdomadaires analysant les mouvements et les activités russes en Ukraine depuis l’invasion en 2022. ( Source ) ( Source )

3.6 Centre conjoint d’analyse du terrorisme (JTAC)

Créé en 2003 et situé au siège du MI5 à Thames House, le JTAC est chargé d’analyser et de fournir aux décideurs politiques des renseignements sur les menaces d’activités terroristes contre le Royaume-Uni. Le JTAC collabore avec toutes les agences de renseignement au sein de l’UKIC et avec des agences policières plus petites comme la police antiterroriste. Il comprend 16 départements et agences, ce qui en fait une entité globale chargée de traiter les questions liées au renseignement concernant les menaces terroristes contre le Royaume-Uni sous l’égide de CONTEST. ( Sources ) ( Sources )

4.0 Agences et directions de soutien

Au-delà des principaux piliers qui composent l’UKIC, les agences secondaires qui contribuent aux questions de sécurité intérieure jouent un rôle majeur dans le travail de la police contre les problèmes majeurs de criminalité organisée et de sécurité nationale. Même si elles ne suivent pas nécessairement le même mandat de défense des intérêts nationaux et de la stratégie britannique, ces agences compartimentent leur travail. Ils aident à la prise de décision et à la collecte de renseignements et répondent aux préoccupations du gouvernement en matière de sécurité.

4.1 Centre de communications du gouvernement HM (HMGCC)

  • HMGCC fournit à l’UKIC et aux agences gouvernementales ultérieures des équipements technologiques et des données. Fondamentalement, le HMGCC travaille en étroite collaboration au centre des préoccupations du Royaume-Uni en matière de sécurité nationale. En plus de travailler en étroite collaboration avec le gouvernement, HMGCC sous-traite à des partenaires. Cela inclut les universités et les entreprises privées dans l’acquisition de technologies innovantes pour les futures applications basées sur l’intelligence. ( Source ) 

4.2 Agence nationale contre la criminalité (NCA)

  • Dirigée contre les principaux groupes et réseaux du crime organisé au Royaume-Uni, la NCA est la principale agence de renseignement de la police nationale du Royaume-Uni. La NCA collecte des informations à la fois pour la police antiterroriste, les forces frontalières et HM Revenue & Customs. En plus de leur fonctionnalité nationale, la NCA héberge également INTERPOL et EUROPOL au sein du Bureau international de la criminalité. Cela contribue à faciliter et à partager à la fois des renseignements et des données à l’échelle mondiale avec d’autres agences défendant les intérêts britanniques. ( Source )

4.3 Le Bureau national de sécurité antiterroriste (NaCTSO)

  • La NaCTSO a été formalisée pour contribuer à la stratégie du Royaume-Uni en matière de lutte contre le terrorisme et de police. Travaillant en étroite collaboration avec le ministère de l’Intérieur, la NaCTSO collecte et diffuse des renseignements au gouvernement et des informations au public. En 2022, ProtectUK a été lancé en tant qu’initiative publique visant à tenir le public informé. En outre, ProtectUK aide les entreprises à mieux prendre conscience des menaces terroristes au Royaume-Uni. ( Sources ) ( Sources )

4.4 Bureau national de renseignement sur la fraude (NFIB)

  • NFIB est basé au cœur de la City de Londres. Travaillant en étroite collaboration avec la police et Action Fraud, la NFIB aide à lutter contre la criminalité économique au Royaume-Uni. La NFIB y est parvenue en collectant des renseignements liés à des fraudes susceptibles de nuire aux intérêts économiques britanniques dans le pays. ( Source )

4.5 Service national de renseignement balistique (NABIS)

  • NABIS fonctionne comme la principale agence de renseignement en matière de données balistiques et de renseignements sur l’utilisation des armes à feu. Leur objectif principal est de fournir des données médico-légales et d’analyser les importations illégales d’armes. Ceci est fait pour aider la police et d’autres agences dans leurs activités et enquêtes criminelles. ( Source )

4.6 Autorités techniques nationales

Le Royaume-Uni dispose de trois autorités techniques qui se concentrent sur la défense, l’innovation et le renseignement liés à la cybersécurité. A ce titre, tous trois travaillent en étroite collaboration avec les services de renseignement au sein de l’UKIC. 

4.7 Centre national de cybersécurité (NCSC)

  • Fondée en 2016, NCSC est la principale agence britannique dédiée à la cyberdéfense. La fonction de l’agence est de fournir des informations et un leadership technique dans le cyberespace britannique, ainsi que des achats technologiques. Ceci est réalisé en travaillant en étroite collaboration avec le GCHQ, le gouvernement, les entreprises et le monde universitaire. En fin de compte, cela permet à la Grande-Bretagne et au NCSC de collecter des données techniques et de soulever des questions en matière de cyberdéfense. ( Source )

4.8 Autorité nationale de sécurité et de protection (NPSA)

  • Semblable dans sa fonction au NCSC, la NPSA joue un rôle plus informatif en matière de cybersécurité. Cela implique de travailler aux côtés des infrastructures gouvernementales et des entreprises. En outre, la NPSA travaille en étroite collaboration avec le MI5 dans les questions de contre-espionnage sur les menaces à la sécurité nationale qui pèsent sur les infrastructures du pays. ( Source )

4.9 Autorité nationale britannique de lutte contre les écoutes clandestines (UK NACE)

  • UK NACE fournit un soutien technique au gouvernement britannique. Cet objectif est atteint en soutenant les infrastructures nationales sous forme de conseils, de normes de sécurité, de formation et de recherche. En plus de cela, ils fournissent également des analyses de vulnérabilité, une surveillance de la défense et des inspections des infrastructures nationales clés à travers le Royaume-Uni. ( Source )

5.0 Équipement et capacité technologique 

Pour des raisons évidentes, la grande majorité des capacités et équipements technologiques de l’UKIC sont en grande partie gardés secrets au nom de la sécurité nationale. Au sein du SIS et du MI5, on sait que les agents du renseignement sont formés aux armes légères et à d’autres capacités de défense. Cependant, emportez-en rarement pendant votre mission. Au lieu de cela, les AFO de l’UKSF et de la police sont largement utilisés pour tous les engagements requis par les services de renseignement. Cependant, dans le domaine du SIGINT et des plates-formes technologiques, le GCHQ utilise une large gamme d’équipements pour rechercher des renseignements tels que GEOINT et IMINT collectés à partir de plates-formes satellitaires et de systèmes aériens. Cependant, GCHQ est plus communément associé à SIGINT, collectant les communications, les signaux et les données surveillées à partir d’un ensemble de plates-formes différentes. ( Source ) ( Source ) ( Source )

6.0 Opérations et renseignement 

L’UKIC a été impliqué dans de nombreuses tâches liées au renseignement en temps de guerre et en temps de paix pour aider à informer les décideurs politiques sur les décisions et les objectifs stratégiques. Compte tenu du caractère secret des services de renseignement, il est impossible de savoir combien d’opérations ont réussi ou échoué. De plus, on ne sait pas exactement dans quelle mesure ils ont influencé les événements et l’histoire du monde. Cependant, vous trouverez ci-dessous deux cas célèbres relatifs à l’histoire du renseignement britannique.

6.1 Échec ou politique du renseignement ? Le cas de l’Irak

Lors de l’invasion de l’Irak en 2003, les États-Unis et le Royaume-Uni ont convenu familièrement que le régime irakien de Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive. Cela a incité les décideurs politiques à donner leur feu vert à l’invasion, conduisant à la destruction du régime et à un déploiement de plusieurs décennies. Lors de la préparation de l’invasion, le Premier ministre par intérim Tony Blair et son cabinet ont longuement recherché des preuves auprès des services de renseignement britanniques, notamment du SIS, démontrant la possession d’armes de destruction massive par l’Irak. En termes simples, le SIS a réussi à recueillir des renseignements démontrant la présence d’armes de destruction massive, mais ses analystes n’ont pas pu rassembler efficacement les informations nécessaires pour étayer un tel jugement.

Par conséquent, une fois l’invasion terminée, des questions ont été posées sur l’endroit où se trouvaient les prétendues armes de destruction massive, car aucune n’était apparue. En fin de compte, en 2009, le gouvernement a été inévitablement contraint de fournir un rapport sur les décisions politiques britanniques concernant le caractère exploitable de leurs renseignements sur les armes de destruction massive en Irak. L’enquête Chilcot a finalement conclu que le gouvernement avait agi de manière apolitique à l’égard des renseignements qu’il recevait. Par la suite, en utilisant le peu d’informations dont ils disposaient pour justifier leur entrée en guerre. ( Source )

6.2 Les problèmes 

D’une durée de 1960 à 1998, le conflit en Irlande du Nord, communément appelé les Troubles, a vu le MI5 gérer la plus longue période nationale d’activités terroristes de son histoire. Les troubles furent une période difficile, en raison de la complicité des idéaux ethno-nationalistes des deux côtés et de l’attention mondiale qu’elle suscitait, ainsi que du rôle de l’ armée britannique à l’époque. Durant cette période, des membres haut placés du MI5, formant la majorité du directeur et du coordonnateur du renseignement, ont agi en tant que soutien au sein de NI lorsque le gouvernement direct a été imposé en 1972.

Dans l’ensemble, la collecte de renseignements et le contre-espionnage sur le terrain étaient en grande partie confiés à la police, comme la RUC. Le rôle du MI5 en Irlande était de fournir une évaluation stratégique et des renseignements à ceux de Londres. À la suite de l’accord du Vendredi Saint de 1998, qui a mis fin aux troubles, l’analyse et la responsabilité du renseignement sont revenues au RUC et au PSNI, le MI5 ne reprenant un rôle de premier plan qu’en 2007. 

7.0 L’avenir du renseignement britannique

Comme de nombreuses communautés du renseignement à travers le monde, l’innovation technologique constante et la sensibilisation aux événements mondiaux sont au cœur des perspectives de développement futur de l’UKIC. Dans le rapport annuel 2022-2023 de la Commission parlementaire du renseignement et de la sécurité (ISC), les domaines entourant la réforme de la législation en matière de protection des militaires et du personnel du renseignement doivent être abordés davantage. En particulier, la loi sur les secrets officiels qui oblige les responsables du renseignement au secret. De plus, l’ISC a besoin de plus de transparence et de surveillance, car il est devenu « érodé ».

8.0 Un héritage 

Les agences au sein de la communauté du renseignement britannique comptent parmi les institutions les plus puissantes et les mieux établies au monde. Le rôle du renseignement au Royaume-Uni a une longue histoire qui remonte à ses intérêts coloniaux et empiriques. Cela a finalement évolué pour devenir le Royaume-Uni leader en matière de HUMINT et SIGINT. Simultanément, maîtriser efficacement les opérations clandestines grâce au renseignement. Par conséquent, nous devenons l’un des pays leaders en matière d’innovation technologique et d’enseignement pédagogique en matière de collecte de renseignements. 

8 janvier 2024 : Formation du Kommando Spezialkräfte (KSK).

8 janvier 2024 : Formation du Kommando Spezialkräfte (KSK).

Formation du KommandoSpezialkräfte (KSK).

1.0 Introduction

Les forces armées allemandes (Bundeswehr) ont créé le KommandoSpezialkräfte (KSK) en 1996 en tant qu’unité d’opérations spéciales d’élite. Son objectif est de renforcer la capacité de l’Allemagne à faire face aux menaces non conventionnelles et à entreprendre des missions à haut risque. Le KSK, composé d’un personnel hautement qualifié et hautement qualifié, est réputé pour sa maîtrise de diverses opérations spéciales, telles que la lutte contre le terrorisme, l’action directe et la reconnaissance spéciale. Forte d’une réputation d’excellence et d’un engagement à maintenir les normes de professionnalisme les plus élevées, la KSK constitue un élément essentiel des capacités de la Bundeswehr.

2.0 Devise, symboles et histoire du KSK

Le 1er avril 1996, la KSK a été créée pour renforcer ses capacités en matière de lutte contre le terrorisme et d’opérations spéciales. Les agents du KSK suivent des processus de formation et de sélection exigeants englobant la condition physique, l’adresse au tir et les compétences de survie. L’unité a acquis une notoriété internationale grâce à son implication dans des missions en Afghanistan au sein de la FIAS dirigée par l’OTAN de 2005 à 2014. Notamment, en 2007, la KSK a exécuté avec succès une mission de sauvetage d’otages de grande envergure, sauvant deux ingénieurs allemands enlevés par les talibans. . 

Cependant, l’unité a également fait face à des controverses, notamment des allégations d’extrémisme d’extrême droite parmi ses membres. En réponse, le gouvernement allemand a enquêté sur des individus et a lancé des réformes pour restructurer l’unité en 2020. Même si elle n’est pas sans difficultés, la KSK reste activement engagée dans diverses opérations internationales, en collaborant avec d’autres unités des forces spéciales et en contribuant aux efforts de sécurité mondiale. [ source ]

Des agents du KommandoSpezialkräfte (KSK) (y compris du personnel médical) dans une simulation de sauvetage d’otages. Image fournie par la Bundeswehr/KSK.

2.1 Devise du KommandoSpezialkräfte (KSK)

La devise du KSK est « Qualifiziert, Entschlossen, Still », ce qui se traduit en anglais par « Qualifié, Déterminé, Silencieux ». La devise résume les principes et valeurs clés qui sont fondamentaux pour leur philosophie opérationnelle. Voici une brève interprétation de chaque composant :

  • Qualifié : Cela souligne le haut niveau de formation et d’expertise que suivent les agents de KSK. Le terme souligne les qualifications et compétences professionnelles requises pour exécuter des opérations spéciales complexes et exigeantes.
  • Déterminé : reflétant l’état d’esprit résolu du personnel de KSK, la détermination implique un engagement inébranlable envers le succès de la mission malgré l’adversité ou des circonstances difficiles. Cela souligne la résilience mentale et physique requise dans les opérations spéciales.
  • Silencieux : Cet aspect met en évidence l’importance de la discrétion, de la furtivité et de la capacité d’opérer secrètement. Le silence dans ce contexte suggère la capacité de mener des opérations avec peu ou pas de divulgation, en maintenant le secret et la surprise dans leurs actions.

Une deuxième devise connue est « FacitOmniaVoluntas », qui se traduit par « la volonté décide ». Cela souligne le rôle décisif que joue la force d’un KSK pour surmonter les obstacles et atteindre les objectifs. Cela suggère une détermination et un engagement sans faille de son personnel. [ source ]

2.2 Symboles du KommandoSpezialkräfte (KSK)

Insigne d’unité du KommandoSpezialkräfte (KSK)

Armoiries internes de la Bundeswehr

3.0 Organisation

  • Compagnie d’état-major et de soutien au commandement
  • 1ère compagnie de commandos
  • 3e compagnie de commandos
  • 4e compagnie de commandos
  • Compagnie de commandos spéciaux
  • Compagnie spéciale de reconnaissance
  • Compagnie de transmissions
  • Société de soutien
    • Quartier-maître/Peloton de manutention
    • Peloton de maintenance
    • Peloton de parachutistes/traitement aérien

La 2e Compagnie Commando a été dissoute en raison d’une augmentation notable du nombre de terroristes de droite dans le groupe.

3.1 Place au sein du gouvernement et de l’armée au sens large

La KSK s’inscrit dans le cadre plus large de la Bundeswehr. La KSK fonctionne en tant que composante de la Division des opérations spéciales et est principalement chargée de mener des opérations spéciales, des missions antiterroristes et des reconnaissances spéciales. Bien qu’il s’agisse d’une entité militaire, ses activités sont soumises à la surveillance gouvernementale et elle opère dans le cadre juridique établi par le gouvernement allemand. [ source ]

3.2 Financement

Les détails financiers spécifiques et les allocations de la KSK sont probablement classifiés en raison de la nature sensible de ses opérations. Le financement de la KSK provient du budget global alloué à la Bundeswehr par le gouvernement allemand. En tant qu’unité militaire, son financement fait partie du budget plus large de la défense, couvrant les salaires du personnel, la formation, l’achat d’équipement et les dépenses opérationnelles. Le financement de l’unité est soumis à l’approbation et au contrôle du gouvernement afin de garantir la responsabilité et la transparence de ses dépenses.

3.3 Recrutement

Le processus de sélection du KSK est très rigoureux et exigeant, cependant, les détails des méthodes de recrutement du KSK ne sont pas divulgués publiquement pour des raisons de sécurité. L’unité emploie probablement une combinaison de canaux de recrutement militaire traditionnels, notamment des candidatures directes, ainsi que des recommandations internes au sein de la Bundeswehr. 

Il existe trois voies pour devenir membre du KSK :

  1. Rejoindre en tant que partisan des opérations spéciales
  2. Recrutement en tant qu’opérateur des forces spéciales après un transfert en service d’une autre branche de la Bundeswehr.
  3. Rejoindre en tant qu’opérateur des forces spéciales en tant que civil sans expérience militaire préalable.

Le KSK recrute principalement au sein de l’armée allemande. Le recrutement à l’étranger n’est pas une pratique courante et les candidats doivent être citoyens allemands. Les recrues doivent avoir entre 17 et 29 ans et vouloir s’engager pour au moins 6 ans. L’unité est conçue pour servir les intérêts du gouvernement allemand et, à ce titre, son personnel doit être constitué de citoyens loyaux possédant une profonde compréhension des préoccupations en matière de sécurité nationale. [ source ]

Juin 2019 : opérateurs du KommandoSpezialkräfte (KSK) lors d’une démonstration de capacités à Pfullendorf, en Allemagne. Image fournie par la Bundeswehr/KSK.

3.4 Formation

La formation très sélective et intense peut prendre jusqu’à six ans aux candidats. Dans un cas, seuls 9 des 350 candidats ont réussi la formation KSK. Les candidats suivent une formation aux opérations spéciales, au parachutisme militaire, un test d’aptitude de trois mois et 2 à 3 ans de cours supplémentaires axés sur le KSK. [ source ]

Présélection :

  • Intelligence, tests mentaux et entretiens
  • Test de condition physique (comprend le parkour, la natation de 500 mètres, les tractions, les suicides, la course de 7 km, etc.)

Semaine de l’Enfer (Hö llenwoche ) :

  • Les candidats portent des bûches de 45 lb sur le cou tout en portant un ruck (également 45 lb) pendant une durée indéterminée. Les journaux ne peuvent être supprimés qu’une seule fois.
  • Nager dans de l’eau glacée.
  • Ruck court jusqu’à 200 KM
  • Exercices en équipe

À la fin de la Hell Week, les candidats sont invités au cours spécialisé de 3 ans pour le KSK. [ source ]

Entrainnementspécifique: 

Les candidats qui accèdent à la formation spécialisée participent à une vingtaine de formations à travers le monde. Ceci comprend:

  • Norvège : entraînement dans l’Arctique
  • Autriche : Terrain de montagne
  • États-Unis/Israël : entraînement dans le désert
  • San Diego : opérations de combat des nageurs
  • Belize : terrain de jungle. 

À l’issue de ces cours, on peut officiellement devenir opérateur KSK. [ source ]

3.5 Connexions avec d’autres organisations

Le KSK collabore étroitement avec diverses agences militaires et de renseignement nationales et internationales. En Allemagne, elle entretient des relations avec d’autres branches de la Bundeswehr, telles que l’armée, la marine, l’armée de l’air et les forces de l’ordre comme le GSG9 . À l’échelle internationale, le KSK participe à des exercices et à des opérations conjoints avec des unités des forces spéciales alliées telles que le Special Air Service (SAS) britannique, ce qui favorise l’interopérabilité et le partage d’informations.

Formation du KommandoSpezialkräfte (KSK). Photo fournie par les armées mondiales.

4.0 Équipement

4.1 Armes

Le KSK opère probablement avec un large éventail d’armes. Ceux-ci inclus:

Fusils d’assaut:

  • Le G95K (fusil d’assaut officiel du KSK) [ source ]
  • G27
  • G29
  • G28
  • G36

Fusils de sniper:

  • G82 
  • G22A2

Mitraillettes:

  • MP7
  • Mitrailleuse MG3
  • Mitrailleuse MG6
  • Mitrailleuse MG 4

Mitrailleuses lourdes :

  • MG6
  • Mitrailleuse lourde de 12,7 mm

Pistolets :

  • P30
  • P8

Armes antichar :

  • Pistolet à grenades 40 mm
  • Système antichar MELLS
  • Arme antichar de Milan
  • Ingrédient actif 60 (vraisemblablement un type de munition antichar)

Armes anti-aériennes :

  • Mortier de 120 mm
  • Lance-grenades 40mm

Armes spécialisées : Panzerfaust 3 (arme antichar) [ source ]

4.2 Véhicules

En tant qu’unité spécialisée de l’armée allemande, le KSK a accès aux véhicules suivants…

Véhicules blindés :

  • Véhicule protégé de commandement et de contrôle Eagle V
  • Véhicule automobile de transport blindé
  • Véhicule de combat d’infanterie Puma
  • Voiture de reconnaissance Fennek
  • Véhicule de combat d’infanterie Marder 1
  • Véhicule de commandement et de fonction Eagle IV
  • Bergepanzer 3 Buffle
  • Véhicule de transport Fuchs 1A8A7 ABC
  • Pont flottant amphibien M3
  • Véhicule blindé de transport de troupes Fuchs
  • ESK Mungo
  • Véhicule de reconnaissance et de combat Serval
  • Radar de détection d’artillerie COBRA

Véhicules utilitaires et de soutien :

  • Pont du champ de bataille GFB
  • Chargeuse-pelleteuse mobile protégée HMEE
  • Véhicule utilitaire tout-terrain léger aéroporté
  • Pont flottant pliant
  • Véhicule de manipulation tEOOr
  • Dispositif de ligne pliante
  • Camion Multi 15t Mil GL
  • Motoneige Ski-Doo
  • Camion loup léger Gl
  • Camion Unimog GL 2t

Artillerie lourde et véhicules de combat :

  • Char de combat Léopard 2
  • Obusier automoteur 2000
  • Réservoir de déminage
  • Lance-roquettes MARS II
  • Réservoir de mortier M114
  • Système de pose de plomb 85

Systèmes de reconnaissance et de communication : Système de reconnaissance RABE [ source ]

4.3 Armure et kit

  • Schutzweste Mehler ST
  • IdZ-ES Schutzweste
  • KTS95
  • Eagle Industries MARCIRAS et MBAV
  • Gilet Mehler Vario MOBAST
    • Prévu pour remplacer les anciens systèmes de blindage et LBE d’ici 2026
  • Support de plaque Crye JPC

Support d’assiettes LidnerhofTaktik [ source ]

5.0 Informations tactiques et opérationnelles

5.1 Opérations

Assistance aux forces de sécurité internationales (2005-2014) :

La KSK a opéré sous le commandement de la FIAS de 2005 à 2014 pour le compte de l’armée allemande. Le KSK a connu plusieurs missions réussies lors de son déploiement en Afghanistan. En octobre 2006, le groupe a mené avec succès un raid contre un refuge d’Al-Qaïda. Cependant, lors de ce déploiement, le groupe a également connu sa première victime. En mai 2013, dans la province de Baghlan, le premier sergent Daniel Wirth a été mortellement abattu lors d’une tentative de sauvetage. [ source ] 

Formation des SOF ukrainiennes :

En 2023, le KSK a participé à la formation des forces spéciales ukrainiennes. Le programme, qui a duré plusieurs semaines en Allemagne, s’est concentré sur l’amélioration de la mobilité terrestre tactique et des compétences de combat rapproché, permettant aux soldats ukrainiens de servir d’entraîneurs à leurs homologues. L’approche de formation a mis l’accent sur les procédures pratiques, et la grande motivation et le désir d’apprendre des soldats ukrainiens ont abouti à des progrès significatifs dans divers domaines. La stratégie « former et équiper », combinant formation et fourniture d’équipement, s’est avérée efficace pour atteindre un niveau de compétence louable. [ source ] [ source ]

Des agents du KommandoSpezialkräfte (KSK) enseignent aux SOF ukrainiennes le maniement des mitrailleuses. Image fournie par la Bundeswehr/KSK.

Mission Fennec :

Le KSK contribue au développement professionnel et à l’efficacité des forces spéciales tunisiennes. La collaboration comprend un soutien en matière de conseil et de formation, la fourniture d’équipements et une assistance au développement d’infrastructures adaptées. Depuis 2014, la KSK aide les forces spéciales tunisiennes à préparer leurs missions exigeantes. La mission repose sur trois piliers : le conseil et l’accompagnement en formation, la fourniture d’équipements et l’assistance en matière d’infrastructures. L’accent comprend la formation au système K9, la formation médicale spéciale, la défense contre les explosifs et les munitions et la guerre urbaine. Le KSK entretient une collaboration personnelle et durable, mettant l’accent sur un partenariat égal avec les camarades tunisiens et recevant des retours positifs en tant que partenaire apprécié des forces armées de la région. [ source ] [ source ]

Conflit israélo-palestinien :

En octobre 2023, des opérateurs KSK ont été déployés à Chypre et en Jordanie en réponse aux attaques du Hamas du 7 octobre. De plus, des nageurs de combat allemands (KSM) et des unités des forces spéciales fédérales ont été envoyés. Ce déploiement s’accompagne également du transport de plusieurs avions militaires, tels que le Lockheed C-130 Hercules et l’Airbus A400M Atlas. [ source ] [ source ]

5.2 Objectif principal

Contre-terrorisme :

Le KommandoSpezialkräfte (KSK) est formé pour répondre et résoudre les situations d’otages, de détournements et d’autres menaces terroristes, tant au niveau national qu’international.

Reconnaissances spéciales :

Les agents du KommandoSpezialkräfte (KSK) sont compétents dans la conduite de missions de collecte de renseignements, notamment de reconnaissance derrière les lignes ennemies.

Action directe :

L’unité est capable de mener des missions d’action directe, notamment des raids, des sabotages et des opérations offensives contre des cibles de grande valeur.

Guerre non conventionnelle :

KSK est formé à la guerre non conventionnelle, ce qui implique de travailler avec les forces locales, la guérilla et d’opérer dans des environnements non conventionnels.

Opérations spécialisées :

KSK est impliqué dans des opérations spécialisées telles que la protection des ressortissants allemands à l’étranger, des missions anti-piratage et d’autres tâches ordonnées par le gouvernement allemand.

5.3 Effectif :

En 2023, la KSK comptait environ 1 500 personnes dans ses rangs. [ source ]

5.4 Scandales

Les allégations d’extrémisme au sein du KSK remontent à 2017, lorsque des membres d’une fête ont effectué le salut nazi et joué de la musique d’extrême droite. 

En 2018, la police allemande a découvert un complot impliquant des soldats inconnus du KSK visant à assassiner d’éminents hommes politiques allemands Claudia Roth, Heiko Maas et Joachim Gauck, et a prévu d’attaquer des immigrants résidant en Allemagne. Ensuite, dans le cadre d’une autre enquête, les procureurs de la ville de Tübingen ont enquêté pour savoir si des symboles néo-nazis avaient été utilisés lors d’une fête d’adieu à laquelle participaient des membres du KSK. Enfin, en juin 2020, la ministre allemande de la Défense, AnnegretKramp-Karrenbauer, a annoncé que l’unité serait partiellement dissoute. Les enquêteurs ont découvert des souvenirs nazis, des armes et des explosifs sur la propriété d’un sergent-major affecté aux rangs du KSK. [ source ]

6.0 L’avenir du KSK

Malgré les événements récents, l’avenir du KSK est long mais terminé. La guerre en Ukraine a marqué un tournant pour la Bundeswehr, dans la mesure où les politiciens allemands reconnaissent l’importance stratégique d’une armée suffisante. La Bundeswehr a acquis de nombreux nouveaux avions, comme les 82 Airbus H145M, pour renforcer ses capacités. L’objectif des forces armées allemandes est d’être mieux équipées et « prêtes à la guerre ». Pour le KSK, cela signifie qu’il y aura probablement une poursuite de la formation avec des SOF étrangères, comme l’Ukraine et la Tunisie. De plus, il est probable que les déploiements du KSK seront plus fréquents dans des missions d’intérêt allemand.

7.0 Conclusion

Nous sommes convaincus que le KSK s’imposera comme l’unité d’opérations spéciales la plus élitiste d’Allemagne. Notre évaluation s’appuie sur les informations fournies par la Bundeswehr, des groupes de réflexion et des rapports locaux et internationaux. Les normes rigoureuses du processus de recrutement KSK garantissent que l’unité est dotée de l’expérience et de la formation adéquates pour réussir. Nous sommes donc convaincus que la KSK est l’une des forces opérationnelles les plus élitistes d’Europe et que ses objectifs et ses capacités ne doivent pas être sous-estimés.