L’espion indésirable

L’espion indésirable

L’espion indésirable

En 2015, l’ancien officier de la CIA Jeffrey Sterling a été condamné à trois ans et demi de prison pour avoir violé la loi sur l’espionnage en divulguant les détails d’une opération top secrète à un journaliste – une accusation qu’il a toujours niée. Jeffrey pense que pendant son séjour à l’Agence, il a été victime de discrimination en raison de la couleur de sa peau et que ses plaintes ont fait de lui une cible. La position du gouvernement américain est claire. Dans cet épisode de True Spies, Daisy Ridley entend la version de Jeffrey de l’histoire.

Jeffrey Sterling est un avocat américain et ancien employé de la CIA qui a été arrêté, inculpé et reconnu coupable de violation de la loi sur l’espionnage pour avoir révélé des détails sur l’opération Merlin au journaliste James Risen. L’affaire reposait sur ce que le juge a qualifié de « preuves circonstancielles très puissantes ».

UnwantedSpy: The Persecution of an American Whistleblower 

L’histoire poignante d’un lanceur d’alerte de la CIA et prisonnier politique qui a refusé de renoncer à son rêve américain

En 2015, Jeffrey Sterling a été condamné à la prison, reconnu coupable de violation de la loi sur l’espionnage. Il est désormais clair que Sterling a été une autre victime de la répression draconienne menée par notre gouvernement contre les fuiteurs et les lanceurs d’alerte présumés.

Sterling a grandi dans une petite ville isolée du Missouri et a sauté sur l’occasion d’élargir son monde et de servir son pays, d’abord à la faculté de droit, puis à la CIA. Après une carrière impressionnante, les progrès de Sterling se sont brusquement arrêtés : il s’est vu refuser des opportunités en raison de sa race et a été expulsé de l’Agence. Plus tard, Sterling a courageusement dénoncé l’opération secrète bâclée de la CIA en Iran auprès des enquêteurs du Sénat. Après quelques années tranquilles dans le Missouri avec sa femme, il est arrêté subitement et accusé d’espionnage

une première ministre nationaliste-irlandaise à la tête de l’Ulster

 

Publié le 6 février 2024 dans la revue CONFLITS

Février 2024, une première ministre nationaliste-irlandaise à la tête de l’Ulster : approche d’une libération historique ?

par XAVIER RAUFER

Pour la première fois de son histoire, un nationaliste du Sinn Fein devient Premier ministre de l’Ulster. Michelle O’Neill va-t-elle conduire l’Ulster vers l’unification avec la République d’Irlande ?

 Février 2024, Irlande du Nord : basculement historique. Première dans l’histoire de l’Ulster, Michelle O’Neill, 47 ans, dirigeante nationaliste du Sinn Fein, parti militant depuis 1905 pour l’unification de l’île, devient chef de gouvernement de la province britannique à majorité encore protestante.  En tête des élections de mai 2022, le Sinn Fein fut la durable vitrine politique de l’Armée républicaine irlandaise (IRA). Michelle O’Neill (née Doris) est la fille de Brendan Doris, volontaire de l’IRA, East-Tyrone brigade, puis prisonnier des Britanniques. Les cousins de Michelle, (tous deux Volontaires, East-Tyrone Brigade, IRA) sont Tony Doris, mort au combat en 1991 face aux Britanniques et Gareth Doris, blessé au combat en 1997.

L’Irlande fut longtemps une colonie anglaise ; bien avant l’Afrique et l’Asie, l’Angleterre initia son empire en envahissant l’île voisine. Premier pays colonisé par Londres, l’Irlande sera le dernier à se libérer et retrouver sa pleine souveraineté sur ses 32 comtés. Première étape – narrée ci-dessus – en février 2024. Nous rappelons ci-après d’autres phases majeures de la plus longue guerre de libération de l’histoire du monde.

Ulster, vingt ans de pilotage fin de l’IRA

Le 31 août 1994, l’État-major de l’IRA annonce un cessez-le-feu permanent. La situation en Ulster se détend au point que, le 31 août 1995, fait inouï, le Sinn Fein manifeste en plein fief protestant, devant la mairie de Belfast. Cessez-le-feu, oui, mais la pression doit continuer sur le Royaume-Uni et la République d’Irlande, pour que la paix à venir favorise les nationalistes-catholiques de l’Ulster. D’où les coups de pression du patron du Sinn Fein, Gerry Adams, dont tout l’Ulster connaît le passé « militaire » (qu’il nie mollement).

Devant la mairie de Belfast, un homme s’écrie « vive l’IRA ». Gerry Adams entend, respecte un silence amusé puis lâche : « They haven’t gone away, you know » (Ils n’ont pas disparu, vous savez…). Hurlements : joie dans la foule ; indignation de la presse de Londres – mais le message est clair : le Conseil de l’armée de l’IRA est bien là et peut relancer la guerre à tout instant.

Les années passent ; le 15 décembre 2021, les cahots du Brexit risquent de réinstituer la frontière physique entre l’Ulster et la République d’Irlande. Casus belli pour le Sinn Fein qui diffuse alors une vidéo où, vêtu en père Noël, Gerry Adams visite (à des fins de charité), le ghetto catholique. Une porte s’ouvre : un homme le reconnaît et s’écrie « They haven’t gone away, you know » – sur quoi, Adams garde un lourd silence. Convulsions à Londres, mais là aussi, le message passe : attention au retour de l’IRA !

A lire aussi:

Le Brexit en Irlande du Nord : le changement dans la continuité ?

                    

Juillet 2019 – In Memoriam, Billy McKee (1921-2019)

Belfast, Ulster, devant la cathédrale catholique Saint-Peter : en ce grisâtre matin de juin, la pluie noie et la petite foule venue conduire Billy McKee à son ultime demeure, au son de la cornemuse irlandaise. Saint-Peter, Falls road, de Lower Falls à Andersonstown, artère vitale du Belfast catholique – vingt ans durant, le fief de Billy McKee, premier Officer Commanding (OC) de la Brigade de Belfast de l’IRA quand reprend la guerre en 1969, mort indompté à 97 ans.

Devant la cathédrale, le cercueil de Billy orné du drapeau irlandais, frappé du Serment gaélique ERIN GO BRAGH (L’Irlande à Jamais), proclamé à la Grande Poste de Dublin à Pâques 1916 : la république indépendante de 32 comtés. Sur le cercueil encore, le béret et les gants noirs du Volontaire de l’IRA qu’il fut, des décennies durant.

Portant Billy au cimetière – après l’arrêt-symbole au mémorial républicain de Falls Road, ses frères d’armes du IIe bataillon de la Brigade de Belfast-IRA, commando surnommé The Dogs, qu’il commanda et où combattit Gerry Adams et avant lui, le père de ce dernier.

L’IRA provisoire émerge en 1969 quand l’Army Council (Conseil de l’Armée) relance la guerre. Alors, sa Brigade de Belfast a pour premier OC Billy McKee. 1977 : après 8 ans de conflit, l’IRA est restructurée en Active Service Units, commandos plus opaques à l’efficace renseignement britannique. Billy McKee rentre alors dans l’ombre. Mais quelle histoire que la sienne : volontaire à l’adolescence, six ans de prison en 1940 pour « trahison » dans la geôle de Crumlin road, à Belfast nord. Puis d’autres séjours et grèves de la faim derrière les barreaux. Sur ses vieux jours, Billy McKee rejetait la trêve conclue par l’IRA en juillet 1997, La lutte armée restait pour lui la seule voie. Il se consolait en suivant la messe chaque matin – « catholique » à Belfast-ouest n’est pas un terme frivole.

A lire aussi:

La violence en Irlande du Nord : de l’impossibilité de l’État-nation irlandais

Ulster : l’IRA déterrera-t-elle la hache de guerre ?

Fin juin 2020, le Premier ministre britannique Boris Johnson déclare qu’en fin de compte, un Brexit dur avec Bruxelles, pourquoi pas ? Vu d’Europe, c’est l’énième épisode d’un divorce complexe. Mais pour le Sinn Fein, une possible frontière intra-irlandaise entre la (catholique) république d’Irlande, capitale Dublin, et l’Ulster britannique d’abord protestant, capitale Belfast, est un casus belli. D’où cette menaçante riposte des nationalistes, prélude annoncé de reprise d’une guerre éteinte depuis 23 ans.

Le mardi 30 juin, ces nationalistes enterrent Bobby Storey (mort d’un cancer à 64 ans) vingt ans durant le chef du renseignement de l’IRA qui, de Londres à Belfast, fit trembler les forces britanniques (armée, police, renseignement). Nous revenons plus bas sur ce personnage redouté. D’abord, la démonstration de force du Sinn Fein et de l’IRA.

Le 30 juin, les fiefs catholiques de Belfast-ouest, Lower Falls, Ballymurphy, Andersonstown, sont couverts des drapeaux noirs du deuil, mêlés de ceux vert-blanc-orange de la république d’Irlande. De la cathédrale au cimetière où l’IRA enterre ses morts, la foule salue son héros. Devant elle, encadrant tout du long le cortège funèbre, près de 2 000 hommes en uniforme, pantalon et cravate noire, chemise blanche : sur place, chacun comprend le sens de cette mobilisation, énorme pour une ville en majorité protestante de 280 000 habitants.

Dans l’ordre symbolique, voici qu’arrive le cortège : Gerry Adams, Gerry Kelly, Sean Hughes, ‘Spike’ Murray, ‘Duckser’ Lynch et Martin Ferris portent le cercueil de Bobby Storey ; ex-commandants de brigade de l’IRA, puis chefs d’état-major – donc, membres de droit de l’instance suprême du nationalisme irlandais, le « Conseil de l’Armée », formé de 7 ex-chefs de l’IRA. En 1969 ce Conseil déclare la guerre à « la Couronne » ; valide la trêve de 1997 ; enfin, ordonne de désarmer le 28 juillet 2005. Sous sa forme 1969-1997, l’IRA est dissoute – le Conseil de l’armée, non. Si un jour, doit reprendre la guerre de libération, il en donnera le signal.

Ce 30 juin, la symbolique explosive est dans l’ordre du cortège. En tête, les chefs militaires portent le cercueil ; la direction du Sinn Fein suit sagement, derrière sa présidente Mary Lou McDonald. À Londres, Belfast, Dublin, tout le monde saisit : le Conseil de l’Armée reprend la main. Si revient la frontière Ulster-Irlande du sud, ce sera la guerre.

Rituel connu : ce jour-là, l’agence de presse irlandaise recevra une lettre déposée à la grand-poste de Dublin, fief de la première IRA dans l’insurrection de 1916. Son en-tête (en gaélique) sera Óglaigh na hÉireann (Volontaires de l’Irlande, ou IRA). Elle sera signée « P. O’Neill », premier chef de la brigade IRA de Dublin en 1916 et alors, porte-parole du Conseil de l’armée – un symbole, encore.

 

Agent 355 – L’espionne inconnue de George Washington

Agent 355 – L’espionne inconnue de George Washington

Agent 355 – L’espionne inconnue de George Washington

L’agent 355 est le protagoniste d’une histoire dont l’identité de l’acteur principal reste encore inconnue de nos jours.

Le Culper Ring (CulperSpy Ring) était une organisation de renseignement américaine. Le général George Washington a créé cette organisation et le major Benjamin Tallmadge l’a supervisée pendant la Révolution américaine. Ce réseau d’espions était actif depuis la ville de New York occupée par les Britanniques jusqu’au nord du Connecticut entre 1778 et 1780 .

Le groupe utilisait un ensemble de codes et d’encres invisibles pour fournir au général Washington des informations précises et opportunes. Les informations que le Ring fournissait au général étaient souvent liées à des attaques surprises de l’ennemi. Parfois, ces renseignements concernaient également les plans britanniques visant à contrer ou à affaiblir la force des Américains.

La plupart des membres du groupe étaient des connaissances et des amis de Tallmadge. Le Culper Ring a donné à tous les agents une identité secrète, qui correspondait à un numéro. Tallmadge avait 721 ans, Abraham Woodhull 722, Robert Townsend 723 et 711 était George Washington. Au sein du groupe, il y avait aussi une femme, l’agent 355, mais son identité est encore inconnue.

Agent 355

Source : https://womensmuseum.wordpress.com/2016/06/29/agent-unknown/

355 était le chiffre pour « dame » dans le livre de codes de Tallmadge. Une seule fois, la correspondance du Culper Ring en 1779 mentionna l’agent 355. Le message de Woodhull disait : « J’avais l’intention de visiter le 727 (nom de code de New York) d’ici peu et je pense qu’avec l’aide d’un 355 de ma connaissance, je pourrai sortir avec eux tous.

La plupart disent que Woodhull a recruté l’agent 355. Elle faisait partie d’une importante famille conservatrice qui a pu obtenir des informations sur les commandants et les politiciens britanniques lors de divers rassemblements au sein de la société britannique de New York. Il était plus facile pour une femme d’obtenir des informations dans ces circonstances. Les soldats et les hommes politiques parlaient librement devant eux, sans les considérer comme une menace. Elle était amie avec le major John Andre , qui était le chef des renseignements britanniques, et elle connaissait probablement Benedict Arnold, un officier militaire américain. Certains pensaient que le major John était responsable de l’arrestation d’André et de la révélation de la trahison de Benedict Arnold .

En 1780, les autorités arrêtèrent puis pendirent André parce qu’il avait aidé Arnold dans sa tentative de céder le fort de West Point à New York. Arnold réussit à s’échapper et les Britanniques arrêtèrent l’agent 355. En octobre 1780, une lettre écrite par Woodhull fut retrouvée, rapportant que « plusieurs amis avaient été capturés ». Celui qui a toujours été utile à cette correspondance. », que certains pensaient être l’agent 355.

Après de nombreux interrogatoires, les autorités l’ont emmenée à bord du HMS Jersey, un bateau-prison britannique situé dans le port de New York, alors qu’elle était enceinte. Certains disent qu’elle a accouché sur le navire, mais elle et son fils sont morts à cause du mauvais état à bord et de divers mauvais traitements.

Identités possibles

Même si l’identité de l’agent 355 est encore inconnue, de nombreuses hypothèses ont été avancées.

Anna Strong est l’une des femmes considérées comme l’agent 355. Elle était la voisine de Woodhull, et elle a soutenu et aidé le Culper Ring, en signalant l’emplacement de Caleb Brewster, l’agent 725, et en envoyant des messages codés via sa corde à linge. Brewster était l’agent chargé de transmettre les messages secrets entre Tallmadge et le réseau d’ espions .

L’idée selon laquelle Anna Strong serait l’agent 355 était soutenue par le fait que le mari de Strong était emprisonné sur le HMS Jersey et qu’elle lui apportait de la nourriture sur le navire. Cela expliquerait sa présence sur le navire, et peut-être son emprisonnement ultérieur.

Une autre théorie concernant l’identité de l’agent 355 était celle de Sally Townsend , l’épouse de Robert Townsend, également connue sous le nom d’agent 723. Presque tout le monde croyait que l’agent 723 et l’agent 355 étaient en couple et qu’elle était enceinte de son enfant.

Bien que son identité soit inconnue, l’héritage de l’agent 355 continue de perdurer. Sa force, sa détermination et ses sacrifices ont été d’une grande valeur pour son pays. En raison de la nature de leur travail, ces espions n’ont pas laissé beaucoup de traces. D’un autre côté, il existe suffisamment de renseignements pour prouver que le Culper Spy Ring et ses membres ont joué un rôle important pendant la Révolution américaine.

Cryptographie : briser le plafond de verre

Cryptographie : briser le plafond de verre

Cryptographie : briser le plafond de verre

La cryptographie et le renseignement, en temps de guerre comme en temps de paix, sont souvent considérés comme un monde réservé aux hommes. Notamment dans les domaines du renseignement naval ou militaire. Les réalisations de célèbres cryptographes masculins tels qu’Alan Turing sont connues de tous. Cependant, les femmes jouent depuis longtemps un rôle clé dans les efforts de cryptographie, tant au Royaume-Uni qu’aux États-Unis.

Image ; Femmes travaillant dans la salle de décodage de Bletchley Park ; via Google Arts et Culture

Et alors?

Bien que souvent peu étudiées, les femmes en cryptographie ont beaucoup contribué au développement de ce domaine. En raison du secret, les femmes travaillant dans le domaine de la cryptographie n’ont souvent pas pu partager leurs contributions. En conséquence, les historiens se sont concentrés sur ce sujet relativement récemment en raison de la déclassification des dossiers de guerre.

Premières origines

Geneviève Hitt est probablement la première femme cryptographe aux États-Unis. Née en 1885 au Texas sous le nom de Genevieve Young, elle épousa le capitaine Parker Hitt en 1911, qui était en poste dans le 22 e d’infanterie à Fort Sam, Houston. En tant qu’épouse de militaire, elle voyageait souvent avec lui. Entre 1911 et 1917, elle a travaillé bénévolement aux côtés de son mari pour enfreindre les codes du gouvernement mexicain. Son travail le plus remarquable a eu lieu lors de l’expédition punitive américaine au Mexique en 1916-17.

Parker Hitt quitte Fort Sill en 1917 pour rejoindre l’AEF (American Expeditionary Forces). Cependant, Geneviève a continué son travail bénévole en cryptographie en raison de son aptitude dans ce rôle. En 1918, on lui proposa un travail rémunéré comme cryptographe pour le département Sud de l’AEF.

Hitt est un exemple clé car elle illustre la manière dont les femmes ont été introduites pour la première fois dans la profession de cryptographe. En raison du besoin de secret, le recrutement s’est concentré sur les femmes de confiance dans la cryptographie. C’est pourquoi ceux qui avaient des liens avec l’armée ont été repérés. Cela a conduit de nombreuses épouses de militaires ou d’autres membres de la famille d’agents en service à être enrôlés dans des rôles cryptographiques. Cette tendance s’est poursuivie tout au long de la Seconde Guerre mondiale et pendant une grande partie de la guerre froide.

Deuxième guerre mondiale

La Seconde Guerre mondiale a produit des développements importants dans le domaine de la cryptographie . L’éclatement de la Seconde Guerre mondiale signifiait que les nations avaient désormais tout intérêt à développer leurs capacités de cryptographie. Cependant, l’armée avait besoin d’une grande proportion d’ouvriers masculins pour ses forces armées. À l’époque, ils n’acceptaient pas de recrues féminines. De même, il existait une pression sociétale poussant les hommes à rejoindre la guerre en effectuant un service actif plutôt qu’en travaillant dans des bureaux. Le résultat a été un grand nombre de femmes travaillant dans des rôles de cryptographie.

La Grande-Bretagne

Au Royaume-Uni, de nombreuses femmes travaillaient dans le domaine de la cryptographie, l’exemple le plus célèbre étant celui de Bletchley Park. Les femmes représentaient plus de 63 % de la main-d’œuvre de Bletchley Park. Ils se concentraient en grande partie sur le décryptage des messages japonais et allemands. En fin de compte, on estime que les femmes travaillant sur la cryptographie à Bletchley Park ont ​​écourté jusqu’à quatre ans la Seconde Guerre mondiale et ont ainsi sauvé des millions de vies.

Image ; Femmes travaillant sur la cryptographie au centre de communications de Bletchley Park ; via Google Arts et Culture

Les Etats Unis

La même chose est vraie aux États-Unis. Il n’y avait que 181 personnes travaillant dans le domaine de la cryptographie dans l’armée américaine au début de la Seconde Guerre mondiale. Cependant, au plus fort de l’emploi des femmes dans les forces militaires américaines pendant la Seconde Guerre mondiale, plus de 10 000 Américaines travaillaient dans le domaine de la cryptographie. Cela signifiait que près de 70 % des forces militaires de cryptographie étaient des femmes. Ces travailleurs se sont largement concentrés sur le décryptage des messages cryptés des puissances de l’Axe afin de renforcer le renseignement naval et militaire.

En fait, les États-Unis ont appris la fin de la Seconde Guerre mondiale grâce à l’interception par les services de renseignement de l’armée américaine d’une transmission japonaise acceptant une capitulation. C’est en fait une femme, Virginia Aderhold , qui a travaillé à déchiffrer cela et, à ce titre, elle a été la première personne aux États-Unis à apprendre que la guerre était terminée.

Guerre froide

Les femmes ont continué à travailler dans le domaine de la cryptographie bien après la fin de la Seconde Guerre mondiale, même si beaucoup ont quitté le secteur car le besoin en cryptographes était moins immédiat . Le pôle militaire américain a acquis Arlington Hall. Ce centre à lui seul employait plus de 1 000 femmes pour coder pendant la guerre. Arlington était auparavant une université entièrement féminine.

Image ; Femmes travaillant à Arlington Hall sur le décryptage à la fin de 1945 ; via la NSA )

Après la fin de la guerre, la National Security Agency est restée à Arlington Hall jusqu’à la construction du nouveau quartier général de la NSA dans les années 1960, de nombreuses femmes étant toujours employées. Plus particulièrement, les femmes qui avaient reçu une formation approfondie en cryptographie à Arlington Hall ont continué à effectuer un travail vaste et varié pendant la guerre froide . Parmi les exemples clés figurent Dorothy Blum et Ann Caracristi, qui ont toutes deux considérablement modifié la manière dont la NSA utilisait les ordinateurs dans le cadre de la cryptographie. Ces deux femmes ont obtenu des grades supérieurs à la NSA, démontrant ainsi leur incroyable contribution au domaine.

Résumé

Les femmes en cryptographie ont longtemps été peu étudiées, mais elles ont beaucoup apporté à ce domaine. Le grand nombre de femmes travaillant dans le domaine de la cryptographie, tant aux États-Unis qu’au Royaume-Uni, ont joué un rôle essentiel dans les efforts de guerre ainsi que dans les opérations d’après-guerre. Les femmes ont joué un rôle déterminant dans le décryptage, notamment à Bletchley Park. Cependant, il y a souvent moins de discussions sur l’innovation proposée par les femmes dans le domaine de la cryptographie. Les femmes n’étaient pas seulement employées dans les agences de sécurité et militaires pour effectuer des tâches administratives ; ils étaient et sont également capables d’assumer des tâches difficiles de décryptage pour accroître le renseignement militaire.

Iva Toguri D’Aquino : « Tokyo Rose »

Iva Toguri D’Aquino : « Tokyo Rose »

Iva Toguri D’Aquino : « Tokyo Rose »

Iva Toguri D’Aquino

Iva Toguri D’Aquino, également appelée Tokyo Rose, était une animatrice radio pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle est devenue une ennemie de la guerre lorsqu’elle a été piégée au Japon. Plus tard, les États-Unis la déclareront coupable de trahison pour ses émissions, qui, selon eux, démoralisaient les troupes américaines.

Certains historiens qualifient Tokyo Rose de propagandiste experte ; cependant, d’autres décrivent son cas comme l’une des plus grandes erreurs judiciaires du 20 e siècle.

(Img ; Iva Toguri D’Aquino, surnommée par les médias occidentaux « Tokyo Rose » ; via UCLA )

Iva Toguri D’Aquino : Pourquoi « Tokyo Rose » ?

Iva a utilisé les noms « Ann » ou « Orphan Ann » dans ses émissions. Néanmoins, les enquêteurs occidentaux ont surnommé Iva Toguri D’Aquino « Tokyo Rose ». De nombreux documents associés à l’ enquête initiale du FBI sur Toguri D’Aquino l’appellent à plusieurs reprises « Tokyo Rose ».

Cependant, « Tokyo Rose » est un terme fourre-tout désignant toutes les femmes animatrices de radio dans la région du Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale. En tant que seule femme à avoir été condamnée dans le cadre des accusations liées à « Tokyo Rose », Iva est devenue par inadvertance synonyme de « Tokyo Rose ». En réalité, elle n’était qu’une parmi une douzaine de femmes se livrant à des activités similaires, sinon plus néfastes.

Arrière-plan

(Img ; Tokyo Rose, Iva Tongui D’Aquino, lors de son arrestation en 1946 ; via Yank Magazine )

Iva Toguri D’Aquino est née fille de deux immigrants japonais à Los Angeles, aux États-Unis. Elle est diplômée de l’UCLA en 1940 avec un diplôme en zoologie. En 1941, Toguri D’Aquino se rend au Japon pour rendre visite à un parent malade. Cependant, cette décision est devenue plus permanente lorsque la Seconde Guerre mondiale a éclaté.

En tant que citoyenne américaine au Japon, elle a refusé de renoncer à sa citoyenneté américaine à la suite du bombardement de Pearl Harbor. En conséquence, elle a été qualifiée d’étrangère ennemie par les autorités japonaises et n’a pas pu quitter la ville. Finalement, après avoir échoué à plusieurs reprises à trouver du travail en raison d’un manque de compétences en japonais, elle a commencé à travailler à Radio Tokyo en 1943. Cela a d’abord commencé comme un travail de dactylographie ; cependant, l’anglais natif de Toguri l’a rapidement mise en considération pour les émissions de radio de langue anglaise.

Annie orpheline

À partir de 1943, Iva Toguri D’Aquino anime « L’Heure Zéro » à Radio Tokyo. L’émission était un mélange de musique, d’actualités et de commentaires politiques. L’émission a duré de 75 à 90 minutes, dont la plupart ont été animées par Toguri D’Aquino. Toguri se nommait « Ann » ou « Orphan Ann » et présentait des segments de musique et d’actualités avec un ton satirique célèbre.

(Img ; Extrait d’une émission de radio Tokyo Rose, transcription compilée par le FBI dans le cadre du procès d’Iva ; via FBI Vault)

Le programme radiophonique était intéressant dans la mesure où Toguri D’Aquino l’avait conceptualisé et écrit avec d’autres prisonniers de guerre piégés au Japon. Ces membres du personnel étaient d’anciens citoyens patriotes américains et visaient donc à saper les efforts de propagande japonaise .

Les rapports varient quant à l’intention initiale du programme. La radio japonaise avait en effet pour objectif de démoraliser les soldats ennemis . Cependant, d’autres études ont montré que le programme est « inoffensif ». Certains auditeurs ont même rapporté que le programme leur avait remonté le moral et les avait détournés de la dure réalité de la guerre.

Bien que Toguri D’Aquino ait refusé de renoncer à sa citoyenneté américaine pendant son séjour au Japon, faisant d’elle une prisonnière de guerre et considérant ses émissions comme un travail patriotique pour les États-Unis, ceux-ci ne l’ont pas vu de cette façon.

Les autorités américaines ont finalement accusé Iva d’être Tokyo Rose et de perpétuer à tort un récit pro-japonais. Ils ont soutenu qu’il s’agissait là de la propagande ultime associée aux échecs des forces alliées. Toguri D’Aquino a été arrêtée sous plusieurs accusations de trahison aux États-Unis et, en septembre 1949, elle a été reconnue coupable d’un chef d’accusation. Les autorités l’ont condamnée à dix ans de prison.

Conclusion

Après avoir purgé six de sa peine de dix ans, les autorités ont libéré Toguri D’Aquino en janvier 1956.

Spark Matsunaga, alors sénateur américain d’Hawaï, a décrit Toguri comme une victime de la légende de la « Rose de Tokyo » dans une lettre ouverte au président en 1976. Il était l’un des nombreux à penser que les autorités accusaient à tort Toguri D’Aquino ou du moins ses actions avaient été fortement exagérées par les procureurs. En 1976, plusieurs témoins de son procès se sont présentés aux médias pour affirmer que les forces de l’ordre les avaient contraints à témoigner contre Toguri D’Aquino, ce qui a provoqué un tollé général.

Suite à un lobbying intense de la part du Congrès et du public, le président Ford a accordé à D’Aquino une grâce présidentielle en 1977, qui lui a entièrement rétabli la citoyenneté américaine.

(Img ; Lettre de Spark Matsunaga, le sénateur d’Hawaï, au président. Matsunaga s’est rallié au pardon de Tokyo Rose ; via le Ford Library Museum )

Iva Toguri D’Aquino est décédée le 27 septembre 2006 à l’âge de 90 ans, avec un héritage très controversé.