Philippe koenigswerther

Philippe koenigswerther

Philippe Koenigswerther
(Mandrille) – Secteur Hangar

Né le 21 juillet 1918 à Dinard (Ille-et-Vilaine) ; exécuté sommairement le 1er
septembre 1944 au camp de Natzweiller-Struthof, à Natzwiller (Bas-Rhin) 
Philippe Koenigswerther alias « Mandrille« , » Genêt », « N10 » était le fils de
Albert Léopold, négociant, de nationalité belge, âgé de 39 ans et de Grace King,
sans profession, âgée de 33 ans. Il était célibataire. Il avait la possibilité de vivre
en sécurité, riche et beau aux Etats Unis, où l’attendait un gros héritage, mais il
eut la volonté, malgré la demande naturelle de protection de ses parents, de s’en
détourner pour aller affronter par patriotisme les dangers encourus : « non ! moi
Philippe, je refuse de m’enfuir, je suis né français et je m’engage comme soldat
pour affronter la guerre ».
PhiilippeKoenigswerther a rallié les FFL et s’est engagé au sein de la 1re
Compagnie d’Infanterie de l’Air.
Breveté à Ringway en avril 1941, il a suivi la formation à la lutte clandestine. Alors
que la 1re CIA embarque en juillet pour le Moyen-Orient (et intègrera la Brigade
SAS), Philippe et une partie de la compagnie intègrent les SR à la Station 36. (1) Il
fut intégré au Bureau central de renseignements et d’action (BCRA) après sa
formation en juillet 1941.
En juillet, les relations entre le général de Gaulle et le gouvernement britannique
se tendirent si violemment que le service SOE reçut l’ordre de ne plus travailler
avec le BCRA que pour expédier les affaires courantes. Ceci amena un retard de
près de six semaines dans l’envoi de nouvelles missions
« Action ». Le BCRA ne recommença en effet les parachutages que dans la nuit du
29 au 30 août. Cette nuit-là, Lencement, sous le pseudonyme de « Cip », partit
pour Vichy pour une mission technique qui fut appelée « Trombone ». Un
opérateur, Philippe Koenigswerther, lui fut envoyé au début de novembre
lorsqu’il eut achevé son entraînement.

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Nicole Proux écrit :
« En novembre 1941, Philippe Koenigswerther, rodé pour la recherche des
renseignements maritimes, est parachuté en Dordogne mais au mauvais endroit
à la suite d’une erreur de pilotage. Egaré, contraint d’abandonner son poste
émetteur, il cherche vainement pendant 9 mois, un contact avec les gens du
service. Finalement, récupéré par le réseau Alliance, il propose à Marie-
Madeleine Fourcade d’accomplir sous ses ordres, la mission que le Service lui
avait confiée sur les côtes atlantiques : « Employez-moi, dit-il à Marie Madeleine
Fourcade, je suis radio, je suis rodé pour la recherche du renseignement
maritime, envoyez-moi là où je devrais être depuis des mois, sur la côte
atlantique… ». Après confirmation de son histoire par l’IS, il devient le chef du
secteur Bordeaux-La Rochelle avec l’aide de Jean Kiffer son adjoint  et le
soutien de Pierre Audevie, un cheminot qui connaît bien la région . Il va créer
dans ce secteur codé « Hangar » une des pièces manquantes du sous réseau
« Sea Star » spécialisé dans le renseignement maritime.
Se recommandant d’un lointain cousin, Philippe Koenigswerther prend contact à
La Rochelle avec Jean Godet capitaine de réserve, qui est alors un prisonnier de
guerre libéré. Avant d’accepter, Godet très méfiant lui demande de lui fournir
comme référence le nom de gens du réseau d’autres secteurs géographiques qu’il
pourrait connaître. Il lui demande également de faire passer à la BBC un message
personnel de reconnaissance (« le lapin porte des chaussettes blanches »).
Rassuré par les résultats, il accepte de devenir le chef du secteur rochelais, sous
le pseudonyme de « Antilope ». Il est secondé par son beau frère, le Capitaine de
la Motte-Rouge (« Méhari ») responsable du centre de démobilisation à La
Rochelle. Leur première mission consiste à faire le relevé du réseau de
fortifications que le commandement allemand a entrepris de construire autour
de La Rochelle et sur la côte. Il s’agit de surveiller l’avancement des travaux,
dénombrer et situer exactement les blockhaus, déterminer leur équipement, leur
but stratégique.
L’année 1943 voit le groupe s’élargir et s’organiser. Dès janvier, Philippe
Koenigswerther met Jean Godet en relation avec deux grutiers des chantiers
navals Delmas-Vieljeux : Frank Gardes dit « Homard » et son beau frère Louis
Gravot alias « Cabillaud », tous les deux professionnellement bien placés pour
surveiller les mouvements des navires de guerre et surtout ceux des sous marins
à la base de La Palice. Leur beau frère commun Pierre Audevie (« Marco »)
membre du réseau Alliance à Bordeaux, les a convaincus de le rejoindre dans la
Résistance. Grâce à « Marco » qui est chauffeur de locomotive, Mandrille
camouflé dans le tender, peut se déplacer discrètement dans tout le Sud-
ouest. ».

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Considéré comme un élément d’élite, l’Intelligence Service, interrogée par Marie
Madeleine Fourcade, est enchanté qu’un pareil gaillard soit des leurs et à
disposition par l’intermédiaire de l’Alliance. Il faut spécifier que le BCRA a donné
son accord à Marie Madeleine Fourcade pour ce « transfuge » via l’adjoint du
Colonel Passy, le colonel « Manuel ».
Et le massacre des sous-marins, beaucoup d’Allemands et quelques Italiens, par
la Royal Navy commence au large des côtes aquitaine et charentaise. Seuls les
résultats obtenus par Jacques Stosskopf, le héros de Lorient, ingénieur de la
Marine, qui joue au collaborateur pour mieux renseigner les Britanniques, sont
comparables.
Philippe Koenigswerther, dit « Mandrille », rend compte : « le 8 décembre (1942),
des forceurs de blocus japonais et des bâtiments allemands ont sauté dans
l’estuaire. Les Britanniques, une dizaine d’hommes des commandos, sont venus
en Dinghy et ont posé les mines magnétiques aux bons endroits ».
Ce que Mandrille ne sait probablement pas encore, c’est que le colonel
Kauffmann, son responsable,  a pris part à la fête. Ila été chargé par Londres de
vérifier les informations de Koenigswerther, de C. Boileau et de leurs camarades.
Les anglais ne croient pas à la présence des japonais à Bordeaux : pas possible
qu’ils aient traversés tous les dispositifs de surveillance navale alliés depuis
l’extrême Orient ! Par contre ils connaissaient les conditions de sécurité dans
lesquelles les opérateurs radios d’Edouard Kauffmann émettent : ça se passe le
plus souvent dans les champs de topinambours de son domaine de Rivaux. Et ils
ont confiance en « Criquet », le nom de code du colonel.
« Radio-Topinambours » confirme que le secteur côtier a dit la vérité. La réponse
d’Outre-manche tombe : « Nous faisons le nécessaire ». Edouard Kauffmann
réalise que les bombardiers de la RAF vont frapper avant le déchargement des
cargaisons, si précieuses pour l’industrie d’armement du Reich. Or les bateaux
sont amarrés aux quais du port situé dans l’agglomération. Il fait envoyer un
nouveau message : « pas de bombardement par avions. Voyez position sur quais
au milieu de la ville. Trop de pertes pour population civile. Si vous bombardez, je
ne vous dis plus rien ». Bien entendu il a fallu chiffrer ce renseignement, presque
une prière, avec un ton un peu sec à la fin même si le colonel, surmontant sa
culture Maurassienne admire maintenant le courage des peuples Britanniques.


D’habitude les anglais mettent deux jours pour répondre. Là, au bout de 10
minutes : « Ne vous fâchez pas, surtout en ce moment. Faisons le nécessaire. »
On parle d’égal à égal entre Sarlat et Londres !
L’une des nuits suivantes des explosions retentissent dans la Gironde. Au lever
du jour, on ne voit plus les navires japonais et allemands : ils sont au fond de
l’eau.

Le Dresden et le Tannenfels

quai Carnot Port de Bordeaux.
Pas un avion, n’a été entendu dans le ciel. Les commandos ont opéré comme le
racontera Mandrille à Malfonds. (Faits d’arme cité dans le bulletin  « l’Agent de
Liaison » de février 1953 et dans « l’Apha » n° 126 du 4eme trimestre 2004 de
l’association des anciens élèves de l’école militaire de l’Air).
Il fut arrêté le 8 décembre 1943 à la suite du démantèlement du réseau Alliance
par l’Abwehrstelle et déporté sous la classification « NN » (« NachtundNebel »-
« Nuit et Brouillard ») à destination du camp de Schirmeck (Bas-Rhin), où il arriva
par le convoi du 29 avril 1944 et fut interné au block 10 avec les autres hommes
du réseau.
Devant l’avance alliée les 107 membres du réseau Alliance détenus à Schirmeck,
dont Philippe Koenigswerther, furent sur ordre du Haut commandement de la
Wehrmacht (OKW) à Berlin, transférés en camionnette par fournées de 12 vers le
camp de concentration du Struthof, où ils furent dans la nuit du 1er au 2
septembre 1944, abattus d’une balle dans la nuque à la chambre d’exécution puis

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incinérés directement dans le four crématoire du camp, situé dans le même
bâtiment.
Distinctions :
Il fut décoré de la croix de guerre 1939-1945 avec Palmes, de la croix de chevalier
de la Légion d’honneur et de la médaille de la Résistance et déclaré « Mort pour
la France » le 16 octobre 1946.
Rédaction Nicole Proux et association l’Alliance
Sources: Nicole Proux – MémorialGenWeb. — Wikipédia « Réseau Alliance » et
« camp de concentration de Natzweiler-Struthof ». — Marie-Madeleine Fourcade
« L’Arche de ¨Noé » Fayard 1968. — Auguste Gerhards « Tribunal de guerre du 3e
Reich », Archives historiques de l’armée tchèque, à Prague. — « Les rues de
Bordeaux » de Roger Galy mise à jour EricChaplain, Éditions des régionalismes
1997/2010. — « Mémoires du chef des services secrets de la France libre »,
colonel PASSY, ed. Odile Jacob – Sources internet diverses. — État civil –
Edouard Kauffmann de Louis Morgat, Mai 2005. Famille Koenigswerther.
(1) David Portier
 Il possède un cénotaphe à son nom au cimetière de Passy, à Paris 16e.
avec une plaque portant l’inscription « à la mémoire de notre bien-
aimé ».
 Une rue de Bordeaux porte le nom de capitaine Koenigswerther.
 Son nom figure sur la plaque commémorative de la base sous-marine à
Bordeaux, sur la plaque commémorative de l’école libre des Sciences
politiques, à Paris 7e et sur la plaque commémorative du camp de
concentration du Struthof – réseau S.R. Alliance à Natzwiller

VYMPEL : L’ÉPÉE DU KGB À L’ÉTRANGER

VYMPEL : L’ÉPÉE DU KGB À L’ÉTRANGER

Vympel, le groupe spetsnaz du KGB pour l’action à l’étranger, était une unité forgée, selon les mots de son initiateur, le président du KGB, Yuri Andropov, « sans égal ». Le texte suivant décrit la fondation de Vympel, le processus de formation de l’unité et son historique opérationnel général.

L’idée de créer une unité commando pour le KGB appartient au chef du Directoire S (Illégaux) Yuri Drozdov , l’un des hommes qui ont dirigé l’assaut contre le palais du président afghan Hafizullah Amin. De retour de Moscou, il s’est adressé au président du KGB, Iouri Andropov, et lui a présenté un projet visant à créer un groupe spécial pour mener des opérations pendant la « période spéciale », en bref, une unVYMPEL : L’ÉPÉE DU KGB À L’ÉTRANGERité de commando.

Le 19 août 1981, lors d’une séance conjointe à huis clos du Politburo du Comité central du PCUS et du Conseil des ministres de l’URSS, la décision de créer une unité spéciale top-secrète dans le système de la première direction générale du KGB (FCD : ForeignIntelligence ) a été fait. C’est ainsi qu’est né le groupe spécialisé « Vympel » (Fanion). Structurellement, il faisait partie du huitième département de la direction S, subordonné au chef de la direction, le général de division Yuri Drozdov, et au chef du département, le général de division Nikolai Yefimov (par la suite, le général de division V. Tolstikov). . La décision d’activer le groupe a été prise au niveau du Politburo et n’a été mise en œuvre que sur ordre écrit du président du KGB. Le nom officiel de Vympel était le Centre de formation séparé (STC) du KGB FCD de l’URSS et il était situé à Balashikha, juste à l’extérieur de Moscou. Les commandants du groupe étaient : le capitaine EvaldKozlov (1981-1984), le contre-amiral Vladimir Khmelev (1984-1990) et le colonel Boris Beskov (1990-1992).

Le général de division du KGB Yuri Drozdov, chef de la direction S (illégaux).

Pour Vympel, les hommes étaient sélectionnés non seulement au sein du KGB, mais aussi dans l’armée et les forces frontalières. Au début, des officiers et des soldats furent emmenés, mais il fut ensuite décidé que le groupe serait composé exclusivement d’officiers.

Vladimir Vasilchenko était à l’époque chef du département des opérations de combat. Il se souvient :

Pour le premier « recrutement » dans l’unité, ils nous ont imposé une période très difficile. Cela était dicté par la nécessité d’un déploiement rapide d’hommes en Afghanistan.

Vers février 1982, 75 hommes sont venus chez nous. Il est difficile de se rappeler maintenant combien de candidats nous avons examinés, mais la sélection s’est avérée plutôt bonne.

Ils les ont formés pendant trois mois. Il n’y avait pas de temps pour cela. En avril déjà, les 123 premiers hommes sont partis pour l’Afghanistan. Et puis nous avons sélectionné le deuxième « assortiment » plus longtemps et plus scrupuleusement, essentiellement pendant tout le reste de 1982. Eh bien, bien sûr, nous les avons formés de manière plus approfondie…

Que faut-il entendre sous le mot « substantiel » ? Les opérateurs étaient acceptés dans l’unité pour leur service d’au moins 10 ans – c’est-à-dire que les professionnels étaient formés. Par conséquent, pour faire d’un nouveau stagiaire un officier du renseignement spécialisé pleinement qualifié, il fallait cinq ans. Il a fallu deux ans pour qu’un diplômé de l’École supérieure aéroportée de Ryazan devienne opérateur Vympel .

« Ils leur ont enseigné vigoureusement à Vympel », se souvient le général Drozdov.

Entraînement physique général, marches de plusieurs kilomètres le long des zones traversées, exercices de puissance, sauts d’une hauteur d’un demi-mètre à deux mètres et demi, exercices de développement général. Entraînement au corps à corps non pas sur des tapis souples, mais sur de l’asphalte. Tirer avec tout ce qui tire : pistolets, lance-grenades, mitrailleuses de fabrication soviétique et étrangère, armes spéciales, etc… Conduire des voitures et des véhicules blindés. Explosifs, y compris les moyens de produire des explosifs à partir de produits chimiques courants. Formation au travail radio : fonctionnement gratuit sur les stations de radio de tout type aussi bien en texte fermé qu’à l’aide du code Morse. Ils ont étudié la cryptographie et maîtrisaient également la radiotriangulation et les dispositifs d’écoute clandestine.

…En dehors de cela, les officiers de Vympel , en tant qu’utilisateurs, participaient eux-mêmes au développement des armes et des équipements et confiaient des tâches techniques aux constructeurs, qui fabriquaient des articles spéciaux selon leurs commandes.

…Tactiques pour les actions de combat en petits groupes. Airborne, formation médicale, descente en rappel. Fondamentaux de l’activité de renseignement et de contre-espionnage. Travail analytique. Surveillance.

L’étude des langues étrangères et la spécialisation régionale. Dans « son » pays, un officier d’une unité spéciale ne doit en aucun cas être « démasqué ». Et pas seulement à cause d’une prononciation incorrecte… Il fallait s’orienter librement dans les affaires quotidiennes, ne pas se sentir comme un mouton noir parmi la population locale, connaître l’histoire de la région, les coutumes nationales, la psychologie nationale. [je] « 

Cependant, il est vite devenu évident que l’idée de former des surhommes était utopique. Ensuite, un programme d’enseignement de trois ans a été développé et des opérateurs d’une spécialisation plus étroite ont commencé à être formés. Il y avait d’abord des tireurs d’élite, des officiers de renseignement et des sapeurs, puis des éclaireurs de montagne, des pilotes de deltaplane, des nageurs de combat et des parachutistes.

L’objectif principal de Vympel était les actions de renseignement au plus profond des lignes ennemies, le travail avec des agents, les raids sur des objets stratégiques, la saisie de navires et de sous-marins, la protection des installations soviétiques à l’étranger, la lutte contre les organisations terroristes, etc. Les opérateurs ont acquis une expérience de combat dans les unités commando de Cuba, le Nicaragua, le Vietnam et d’autres pays ; en Angola et au Mozambique, ils ont agi sous le couvert de conseillers militaires.

En octobre 1985, au Liban, les opérateurs de Vympel ont libéré deux officiers du KGB de la résidence de Beyrouth, Oleg Spirin et Valery Myrikov (le diplomate ArkadyKatkov a été tué par les ravisseurs), qui avaient été capturés par un groupe palestinien Mais Vympel a acquis sa principale pratique en Afghanistan.

Formation au centre spécial de Balashikha du KGB.

Les spetsnaz du FCD opéraient en Afghanistan dans le cadre du détachement spécial Kaskad du KGB, créé par résolution du Comité central du PCUS et du Conseil des ministres de l’URSS le 18 juin 1980. Le détachement avait une double subordination – au Centre de Moscou et au KGB. représentation en Afghanistan, dirigée par le général Viktor Spolnikov puis le général Boris Voskoboinikov. De juillet 1980 à avril 1983, quatre unités du Kaskad ont servi en Afghanistan. Le commandant des trois premiers Kaskads était le colonel Alexandre Lazarenko, et le quatrième était dirigé par le colonel EvgenySavintsev, tous deux officiers du huitième département de la direction S.

La mission de Kaskad était de prêter assistance aux organes de sécurité de la République démocratique d’Afghanistan dans la détection et l’interdiction des activités subversives de la clandestinité contre-révolutionnaire, des formations de bandits et des groupes terroristes, c’est-à-dire en menant pleinement des activités de renseignement, des actions de chasseurs-tueurs et des activités spéciales. opérations. En avril 1983, Kaskad-4 a été remplacé par une autre unité du Vympel – le groupe Omega (commandé par le colonel Valentin Kikot). Ses missions concernaient les opérations de renseignement humain dans l’intérêt du Centre de Moscou, les opérations de combat et spéciales, ainsi que le travail de conseil et d’instruction dans les unités de sécurité de l’État afghan. En avril 1984, les opérateurs d’Omega reviennent à Moscou. Jusqu’en 1987, 94 officiers du Vympel étaient en Afghanistan et 61 opérateurs ont acquis une expérience de combat dans le cadre de leur période probatoire.

Au cours de la seconde moitié des années 1980, le groupe spetsnaz Vympel est devenu « trop grand pour ses propres culottes ». « L’expérience afghane », affirme-t-on dans un livre consacré au 15e anniversaire de la fondation de Vympel , « une formation intensive, une volonté de découvrir les réalisations contemporaines dans le domaine de l’art opérationnel et une conscience politiquement motivée du devoir internationaliste. poussés vers l’expansion des liens avec l’étranger, que ce soit sous forme probatoire ou dans un rôle consultatif et pédagogique. [ii]

Officiers du KGB en Afghanistan. Photo : Viktor Rudenko

Avant tout, les officiers Vympel qui avaient traversé la dure école de l’Afghanistan au sein des détachements de commandos de renseignement Kaskad et Omega ont été envoyés au Laos, au Vietnam, au Nicaragua, en Angola et au Mozambique. Dans ces pays, les conseillers et instructeurs soviétiques pourraient transférer leur expérience du combat aux organes de sécurité locaux et adopter également l’expérience de ces derniers dans la lutte contre l’opposition armée, en tenant compte des conditions géographiques et opérationnelles uniques.

Il existe une opinion selon laquelle l’Union soviétique a imposé ses conseillers et ses instructeurs aux pays en développement, mais c’est loin d’être le cas. On sait, par exemple, que le secrétaire général du Comité central du Parti communiste vietnamien, le camarade Le Zuan, en visite de courte durée à Moscou, a eu une conversation avec Yuri Andropov sur le renforcement des organes de sécurité de l’État vietnamien. « Nos hommes n’ont ni armes ni esprit », se plaignit Le Zuan au président du KGB. On sait également que le président du Mozambique, SamoraMachelle, a personnellement envoyé un télégramme à Andropov lui demandant « d’envoyer dans le pays des conseillers en matière de lutte contre le banditisme et des instructeurs qui formeraient des détachements aux opérations de combat ». [iii] »

D’après une publication du journaliste et officier de renseignement M. Ilyinsky (Vek, 7 août 1998), nous apprenons qu’au Vietnam, dans les résidences du KGB FCD et du GRU, se trouvaient une dizaine de spécialistes connaissant la langue locale.

Un groupe d’ officiers de Vympel a travaillé activement au Mozambique : N. Denisenko, Y. Kolesnikov, A. Suzdaltsev, V. Cheremisin, V. Finogenov et d’autres. En Angola, ont servi A. Mikhailenko, P. Suslov, V. Kikot, K. Sivov, V. Ukolov, ainsi que les instructeurs du cours de qualification du corps des officiers du KGB, Y. Penkov, Y. Semenov, V. Smyslov et A. Evglevsky. 35 officiers Vympel ont effectué une période probatoire au Vietnam. Au Laos et au Nicaragua, plusieurs dizaines d’hommes ont chacun accompli leur période probatoire.

L’activité consultative et pédagogique des officiers soviétiques s’est avérée mutuellement bénéfique. Ainsi, par exemple, à la base vietnamienne de Dokong, les opérateurs de Vympel ont enseigné aux unités spéciales locales l’art de conduire des véhicules sous-marins « Proteus », de piloter des deltaplanes et bien d’autres choses encore. Les Vietnamiens ont également enseigné aux officiers soviétiques Ho Chi Min-Do les techniques de combat et les méthodes de conduite de la guérilla dans les conditions spécifiques de l’Asie du Sud-Est. Au Nicaragua, les opérateurs du Vympel ont appris l’art peu connu mais extrêmement efficace du tir au « flash ». Du Laos, ils ont reçu des informations utiles sur les particularités des activités opérationnelles de combat et sur les questions de survie dans la jungle.

Malheureusement, cette expérience n’a que très peu aidé les opérateurs des Spetsnaz à survivre dans une autre jungle : celle de la politique.

[i] Болтунов М. « Вымпел » – диверсантыРоссии. М, 2003. С. 19.

[ii] Вымпел. Le groupe spécial pour la sécurité sociale КГБ СССР. М, 1997. С. 126.

[iii] Тамже. C. 129.

Oeuvre traduite :  Колпакиди, АлександрИванович. Ликвидаторы КГБ. Спецоперациисоветскихспецслужб 1941-2004. — М. : Яуза; Exmos, 2004.

Le plus grand rôle d’une actrice en difficulté était celui d’une véritable espionne de la guerre civile

Le plus grand rôle d’une actrice en difficulté était celui d’une véritable espionne de la guerre civile

Le plus grand rôle d’une actrice en difficulté était celui d’une véritable espionne de la guerre civile

Les contributions de Pauline Cushman aux efforts de guerre américains lui ont valu le titre honorifique de « Major ».

 Pauline Cushman se fait passer pour une femme du Sud à la recherche de son frère perdu pour accéder à un camp confédéré au Tennessee. MARIE FAURITTE POUR ATLAS OBSCURA

LA JOLIE JEUNE FEMME AUX boucles sombres cherchait son frère perdu. Cela n’était pas inhabituel à l’été 1863. La guerre civile américaine faisait rage depuis deux ans. Des centaines de milliers de personnes sont mortes et le chaos des combats en cours signifie que les membres des familles des deux côtés du conflit sont restés sans nouvelles de leurs proches, vivants ou morts, pendant des semaines et des mois. Cette sœur démunie avait voyagé depuis Nashville, récemment tombée aux mains des forces américaines, vers l’est du Tennessee, toujours détenu par la Confédération, pour retrouver ses proches. Elle n’y découvrit aucune nouvelle de son frère, mais là, elle ne s’y attendait pas : c’était une fiction.

Pauline Cushman, actrice en difficulté et espionne américaine, a inventé cette histoire pour se frayer un chemin sur le territoire confédéré. Là, elle rencontre un sympathique soldat en gris qui dresse une carte des fortifications construites par l’armée du Tennessee. Le colonel américain William Truesdail lui avait ordonné de simplement observer l’ennemi et de rendre compte de ses préparatifs, mais Cushman a plutôt fourré la carte dans sa botte et s’est enfuie pour se mettre en sécurité. Elle avait presque réussi à se mettre en sécurité lorsqu’elle fut capturée le 12 juin 1863 par les troupes confédérées sous le commandement de Nathan Bedford Forrest près de Franklin, Tennessee. «Ses beaux talents sont sans aucun doute occupés à l’heure actuelle à planifier une évasion», a rapporté le Savannah Republican , un journal confédéré.

Avant de rejoindre l’effort de guerre, Pauline Cushman était actrice à Louisville, Kentucky. COLLECTION DE PHOTOGRAPHIES BRADY-HANDY, BIBLIOTHÈQUE DU CONGRÈS, DIVISION DES ESTAMPES ET PHOTOGRAPHIES.

La légende de Cushman grandissait déjà et, à l’époque comme aujourd’hui, il était difficile de séparer les faits de la fiction, explique William J. Christen, auteur de Pauline Cushman : Spy of the Cumberland . Comme le raconte l’histoire, Cushman a rejoint l’effort de guerre à Louisville, Kentucky, en avril 1863, lorsque deux soldats confédérés lui ont offert la somme étonnante de 300 $ pour porter un toast au président de la Confédération, Jefferson Davis, dans la pièce qu’elle jouait. . Cushman a rapidement informé le colonel américain Orlando Hurley Moore de la demande, gagnant ainsi sa confiance, et lorsqu’elle a félicité Davis depuis la scène sous la direction de Moore, elle a également gagné la confiance des confédérés. Moore lui propose alors un poste d’espion. Au cours des mois suivants, on lui attribue le fait de se faire passer pour une femme du Sud pour se lier d’amitié avec le propriétaire d’une pension et contrecarrer ses projets d’empoisonnement des soldats américains, ainsi que pour s’habiller en homme et jouer le rôle d’un agent confédéré infiltré pour capturer une femme faisant du trafic de contrebande. aux rebelles

Et, comme le craignait le journal après sa capture en juin, elle a peut-être utilisé sa performance pour planifier une évasion. Reconnu coupable d’espionnage et condamné à mort, Cushman tomba malade, ce que certains pensaient être une ruse. Lorsque les forces américaines ont menacé, les confédérés en fuite l’ont laissée derrière eux. Elle s’est complètement rétablie.

«La plus grande héroïne de son époque», claironnait PT Barnum, son plus grand showman. Avant même la fin de la guerre, il engagea l’actrice pour jouer une pièce solo sur ses exploits en tant qu’espionne audacieuse derrière les lignes ennemies. Un livre de 1865, Life of Pauline Cushman, the Celebrated Union Spy and Scout , de Ferdinand L. Sarmiento, a ajouté encore plus de drame à l’histoire.

Après ses exploits pendant la guerre civile à l’été 1863, Pauline Cushman reçut le titre honorifique de « Major ». COLLECTION DE LA FAMILLE LILJENQUIST, BIBLIOTHÈQUE DU CONGRÈS, DIVISION DES ESTAMPES ET PHOTOGRAPHIES.

Quelle que soit la véracité de ses actions, les contributions de Cushman lui ont valu le titre honorifique de « Major » et elle a reçu la permission spéciale des généraux Gordon Granger et James Garfield de porter une robe d’équitation de style militaire qui lui a été offerte par les dames de Nashville. Elle a ensuite emmené son spectacle sur la route, parcourant le Nord et prononçant de fervents discours contre la Confédération. À New York en juin 1864, alors que le général Ulysses S. Grant affrontait le général Robert E. Lee en Virginie, Cushman déclara : « Mes souffrances aux mains de ceux qui sont maintenant alignés contre le drapeau de notre République ont été bien plus que récompensées par voir la cause de la justice triompher. Cette nuit, nos nobles troupes assiègent la capitale de la trahison ; et avec eux et avec vous, j’ai uni ma faible voix pour crier : « Vive l’Union ! »

La renommée de Cushman ne dura pas au-delà de la guerre. Lorsqu’elle mourut dans une pension de famille de San Francisco en 1893 à l’âge de 60 ans, le San Francisco Call écrivait : « Une femme brisée, sans enfants, aux cheveux gris et sans le sou, presque sans amis, est morte hier dans une maison d’hébergement de Market Street. .» Mais un groupe d’anciens combattants de la guerre civile a veillé à ce que Cushman – alors connue sous le nom de son troisième mari, Fryer – soit enterrée avec les honneurs au cimetière national de San Francisco. La pierre tombale indique : « Pauline C. Fryer, Union Spy

 

EIGS : État islamique au Grand Sahara

EIGS : État islamique au Grand Sahara

EIGS : État islamique au Grand Sahara

L’État islamique au Grand Sahara (EIGS) a mené plusieurs attaques au Niger le mois dernier après une longue période d’opérations au Mali, indiquant un retour à ses anciennes capacités, intentions et modus operandi.

Création et reconnaissance

Les racines de l’EIGS remontent à 2013, lorsque la Brigade des hommes masqués et le Mouvement pour l’unité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) ont uni leurs forces pour créer al-Mourabitoun. Le dirigeant d’al-Mourabitoun était Mokhtar Belmokthar, l’Algérien qui a notamment combattu avec les Moudjahidines en Afghanistan, le Groupe islamique armé d’Algérie pendant la guerre civile algérienne et Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). En 2015, l’un des commandants d’al-Mourabitoun, Adnan Abu Walid al-Sahrawi, a prêté allégeance, bay’a , à l’État islamique (EI) peu après la conquête de Palmyre et de Ramadi. Al-Sahraoui lui-même a reçu sa formation militaire alors qu’il était membre du Front Polisario avant de rejoindre le MUJAO. Cependant, Belmokhtar a rejeté l’engagement d’al-Sahraoui, affirmant qu’il s’agissait d’un acte individuel. Cet engagement a divisé les rangs d’al-Mourabitoun, ce qui a effectivement conduit les membres pro-EI à partir avec al-Sahraoui et à créer à leur tour l’EIGS.

Le groupe a mené trois attaques sophistiquées en 2016 dans la région frontalière entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso. La dernière en date a été l’attaque contre la prison de Koutoukale, près de Niamey, en octobre 2016. La prison est considérée comme l’établissement de ce type le plus sécurisé du Niger et a été qualifiée de forteresse. Il abrite certaines des personnes les plus dangereuses du pays, notamment des djihadistes affiliés à Boko Haram, à l’EI et à AQMI. L’attaque a été stoppée par les forces de sécurité. Trois semaines seulement après l’attaque de la prison, l’EI a officiellement accepté l’engagement d’al-Sahraoui de 2015, indiquant que le groupe avait fait ses preuves.

Ascension et chute

L’EIGS a largement opéré sous le radar jusqu’en octobre 2017, date à laquelle le groupe a tendu une embuscade à une patrouille conjointe de soldats nigériens et américains. L’embuscade a entraîné la mort de cinq soldats nigériens et de quatre soldats américains, dont deux Bérets verts. Pour les Américains, cette embuscade constitue l’une des attaques récentes les plus meurtrières contre les troupes américaines en Afrique.

Tout au long de l’année 2017, le groupe a mené des attaques dans la région de Tillabéri au Niger, ce qui a incité les Nigériens à demander l’aide des Français dans le cadre de l’opération Barkhane, déclarant la situation à Tillabéri un état d’urgence. Les Français ont répondu et dirigé leurs efforts contre le groupe, aidés par des milices locales coopérant avec les Français, notamment le Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA) et le Groupe d’autodéfense touareg Imghad et alliés (GATIA). La campagne menée par la France contre l’EIGS les préoccupait et limitait leur capacité à lancer des attaques typiques de type délit de fuite. La coalition a réussi à détruire une grande partie du bastion de l’EIGS à Ménaka au Mali ainsi que du matériel militaire, notamment des armes et des outils de communication. L’EIGS a été affaibli et contraint de combattre la coalition dirigée par la France au Mali en 2018 et au cours des premiers mois de 2019.

Capacité et intention

Récemment, il semble que l’EIGS revienne à ses anciennes habitudes. Depuis que les Français ont intensifié leurs efforts au Mali et au Burkina Faso ces derniers mois, il semble que la pression sur l’EIGS se soit relâchée et leur ait permis de se remobiliser. De plus, les milices locales de la coalition ont subi de lourdes pertes. Le propre journal de propagande de l’EIGS, Al Naba, estime que l’EIGS a coûté la vie à près de 400 combattants du GATIA et du MSA, bien que ce chiffre puisse être exagéré. Pendant ce temps, le Niger a retiré son approbation de la coopération transfrontalière avec le Niger en février, ce qui entrave les efforts contre des groupes comme l’EIGS qui opèrent au-delà des frontières. Tous ces facteurs ont apparemment donné à l’EIGS la capacité de revenir à son ancien mode de fonctionnement.

Vers la fin du mois de mars 2019, des rapports ont révélé que l’EIGS avait rétabli la communication avec l’EI après ce qui semble être plus de deux ans sans communication. Simultanément, la létalité et la portée des opérations de l’EIGS au Niger ont commencé à augmenter. Le 29 avril 2019, le chef de l’EI, Abou Bakr al-Baghdadi, est apparu publiquement pour la première fois en cinq ans dans une vidéo. Dans la vidéo, il a salué l’attaque sri-lankaise et a spécifiquement exhorté ses partisans à intensifier les attaques contre la France.

Depuis lors, l’EIGS a lancé de multiples attaques alignées sur la stratégie de l’EI au Niger et similaires à son modus operandi d’avant 2018, qui sont différentes des échanges de tirs avec les milices locales et des violences à motivation ethnique au Mali. Plus précisément, le 14 mai, l’EIGS a tendu une embuscade à une patrouille nigérienne, ce qui a entraîné la mort de 28 soldats nigériens, la plus meurtrière de la région. L’embuscade a eu lieu à proximité de l’embuscade du Togo contre la patrouille conjointe américano-nigérienne en 2017. La veille, l’EIGS a de nouveau attaqué la prison de Koutoukalé, mais encore une fois sans succès. Ces attaques indiquent un retour à Tillabéri au Niger, un retour aux délits de fuite et aux embuscades, et un retour aux anciennes acquisitions de cibles – en conclusion, un modus operandi éprouvé et dirigé par l’EI central.

 

La colonie correctionnelle IK-2

La colonie correctionnelle IK-2

La colonie correctionnelle IK-2

Vue satellite de la colonie pénitentiaire IK-2.

L’IK-2, la colonie correctionnelle n°2 du Service pénitentiaire fédéral de Russie pour l’oblast de Vladimir, est située à 60 milles à l’est de Moscou, à Pokrov. Cette prison russe est une colonie de travaux forcés « zone rouge ». Cela signifie que la vie des prisonniers est sous le contrôle de l’administration du camp de correction. Les détenus vivent dans des casernes. Ils passent la plupart de leur temps à travailler au sein de la prison.

Souvent décrit comme « un camp pénal dur avec des règles très strictes, c’est le moins qu’on puisse dire », le camp de correction IK-2 est l’une des prisons les plus redoutées et les plus brutales de Russie. Il vise à affaiblir ses prisonniers par la torture psychologique et la loi du silence.

Emplacement IK-2

Histoire

En 1974 , le ministère de l’Intérieur de l’URSS a créé un dispensaire de travail et médical où les alcooliques et les toxicomanes étaient envoyés pour être soignés par des travaux forcés. En 1994, le chef de la direction des affaires intérieures de l’administration de la région de Vladimir a décidé de réorganiser le dispensaire. Elle est ensuite devenue la colonie pénitentiaire n°2. Le 19 août 1996, l’établissement pénitentiaire a accueilli son premier prisonnier et a désormais une capacité d’accueil de 794 détenus.

La colonie pénitentiaire se compose d’une série de bâtiments en briques grises , de tours de guet et d’une église orthodoxe au dôme doré. Une clôture en fer surmontée de barbelés entoure toute la colonie, qui fait partie d’un réseau de 700 prisons.

L’IK-2 accueille actuellement 800 détenus . La structure comprend douze unités différentes : une avec des conditions de facilité, 10 avec des conditions normales et la dernière avec des conditions strictes. Il y a aussi un atelier de peinture , une production de couture dans la zone industrielle, un atelier de montage et une menuiserie.

La plupart de ces prisonniers étaient accusés de vol et de drogue, mais IK-2 accueille parfois également des prisonniers politiques et des militants nationaux.

La vie au camp

L’IK-2 est non seulement l’une des prisons les plus brutales de Russie, mais aussi la plus dure en termes de « rupture avec le peuple ». Tous les prisonniers doivent subir des « tortures » psychologiques dans le but final de les briser et de les affaiblir. Ces tortures consistent en l’isolement, la privation d’extérieur, la surveillance, les punitions et l’interdiction de parler avec les autres détenus. Les détenus ne sont pas seulement victimes de tortures psychologiques, mais aussi physiques . De nombreux prisonniers, notamment des criminels de droit commun, ont été battus et agressés sexuellement pendant leur détention à l’IK-2.

La négligence médicale est très courante. Lorsque le prisonnier arrive dans l’établissement, les gardiens confisquent son matériel médical. En cas de maladie, le personnel médical ne donne que des analgésiques, sans évaluation approfondie.

Le processus d’isolement et de déshumanisation commence aux portes de la colonie. Là, chaque détenu à son arrivée doit s’accroupir et prononcer son nom, son prénom, son année de naissance et sa peine.

Au sein de la colonie, il y a quelques prisonniers appelés « chèvres » ou « militants ». Ils obtiennent des privilèges tels qu’une douche, des visites conjugales et une meilleure nourriture en échange de l’espionnage des autres détenus. Coopérer avec l’administration et signaler tout type de comportement incorrect est également bien récompensé.

Routine

Selon d’anciens détenus, la journée commence à 6 heures du matin . Tous les détenus doivent réciter l’hymne national russe. A suivre, il y a l’exercice physique. Les détenus doivent mémoriser la liste du personnel pénitentiaire et faire et démonter les lits pendant trois heures. Ce sont généralement les militants qui confient ces tâches aux détenus. Ils ont également le pouvoir de battre et de fouiller un détenu. Les prisonniers doivent toujours rester debout, jusqu’à 22 heures, heure à laquelle ils doivent s’endormir.

Les détenus ont rarement du temps libre. Parfois, ils peuvent s’asseoir et lire pendant une demi-heure, mais la plupart du temps, les détenus politiques ne bénéficient pas de ce privilège. La routine consiste soit à travailler toute la journée, soit à passer de nombreuses heures à regarder des publicités gouvernementales à la télévision sans détourner le regard de l’écran et avec les mains liées dans le dos.

Les détenus ne peuvent pas recevoir d’e-mails et les gardiens de prison doivent lire et vérifier toutes les lettres que les détenus reçoivent. Ce processus peut aussi durer des semaines, voire des mois, et son objectif est d’isoler encore plus le prisonnier du monde extérieur. Le détenu dispose de 30 minutes par semaine pour répondre à toutes les lettres, et un gardien doit s’asseoir avec lui et vérifier ce qu’il écrit.

Il y a des caméras et des gardiens partout et les gardiens de prison surveillent les conversations téléphoniques ainsi que celles avec les avocats. Ces appels téléphoniques sont autorisés deux fois par mois et ne peuvent pas durer plus de 15 minutes. Rien de ce qui se passe dans la colonie ne peut être dit ou écrit aux proches.

Détenus politiques

L’IK-2, l’une des prisons les plus brutales de Russie, a accueilli des militants politiques et des ennemis du régime de Poutine. Dans cet établissement, les gardiens veulent priver les détenus de leur voix et veulent les isoler du monde extérieur.

Kotov et Pereverzine

Konstantin Kotov , arrêté en 2019, est un militant de l’opposition. Il a passé un an et demi dans l’IK-2, où, selon lui, il était constamment victime d’intimidation et d’isolement. Après sa libération, il a déclaré que la plupart des détenus vivaient dans la peur constante d’enfreindre les règles ou de faire quelque chose qui allait à l’encontre de l’administration.

Pereverzin , emprisonné entre 2010 et 2012 pour détournement de fonds alors qu’il travaillait à la compagnie pétrolière Ioukos, a écrit ses mémoires et déclaré que son séjour au sein de l’IK-2 avait été très difficile. La colonie est extrêmement violente, froide, humide et située à proximité d’un marécage. Dans chaque bâtiment, il n’y a que cinq salles de bains qui doivent être partagées avec 60 détenus. Il a décrit son séjour dans la colonie pénitentiaire comme une période caractérisée par le stress, la torture, l’intimidation et l’humiliation.

Kotovo et Pereverzin ont déclaré qu’ils n’avaient jamais été soumis à de graves violences physiques de la part des gardiens, probablement en raison de leur notoriété publique. D’un autre côté, ils ont tous deux vu et entendu des gardiens de prison battre d’autres détenus.

DmitriDemushkine

DmitriDemushkin, un militant national accusé d’incitation à la haine, a été emprisonné à IK-2 pendant deux ans. Il a décrit son expérience dans la colonie pénitentiaire comme étant une sorte de « torture ». Il a déclaré avoir passé les premiers mois de sa détention dans le deuxième secteur. Ce secteur est connu parmi les détenus sous le nom de « suka » (« salope » en russe), où les conditions étaient particulièrement dures et difficiles. Demushkin a également déclaré que les détenus doivent se raser tous les jours, mais qu’ils ne peuvent pas toucher les rasoirs. Tous les détenus sont rasés par les militants, qui utilisent souvent le rasoir comme instrument de torture.

Paul Whélan

Paul Whelan , un détenu américain accusé d’espionnage, a déclaré que les gardiens de la prison le réveillaient toutes les deux heures pendant la nuit, juste pour vérifier où il se trouvait et ce qu’il faisait.

Alexeï Navalny

AlexeiNavalny , fondateur de la Fondation anti-corruption (FBK) a été condamné en mars 2021 à trois ans et six mois dans la colonie pénitentiaire IK-2. Navalny a été accusé de ne pas s’être présenté auprès des autorités alors qu’il se remettait en Allemagne d’une intoxication chimique .

Par l’intermédiaire de ses avocats, il a signalé que les soins médicaux lui avaient été refusés et qu’il était victime de traitements inhumains et illégaux. A travers une publication sur Instagram , il a également qualifié la prison de « camp de concentration ».

Selon Kotov et d’autres anciens détenus, Navalny ne sera ni victime de torture ni de coups, en raison de sa popularité. Néanmoins, les gardiens l’isoleront et le tiendront à l’écart des autres prisonniers.