par Aics-sr | Fév 17, 2024 | Délégation Nord-Ouest
16 Février 2024 : Journée d’ hommage aux héros de la Gendarmerie nationale Caserne Dutertre de Joué-lès Tours ( Indre-et -Loire )
L’Association Internationale des Combattants et Sympathisants – Services de Renseignements était représentée par Elisabeth Caubel , Vice – Présidente des AICS-SR , chargée de la Vie Sociale et Culturelle à la cérémonie .
Cet hommage a débuté à 11h par le passage en revue des détachements présents par le colonel Thibaud Friedling , commandant le groupement de Gendarmerie départementale d ‘ Indre et Loire .
Puis la levée des couleurs au son de la Marseillaise .
L’appel des noms des 14 morts de la Gendarmerie en service depuis la cérémonie de 2023 . Ces 14 militaires , âgés de 20 à 54 ans restés dans le coeur de leurs camarades , et pleurés par leurs familles L’appel des noms a été effectué par deux élèves d’une des classes de Défense de l’Institution Marmoutier présente à la cérémonie et conduite par Monsieur Jérôme Richard .
Cet appel a été suivi de la Sonnerie aux morts, d’une minute de silence , puis de la Marseillaise chantée par le public présent .
Les personnalités présentes , parmi lesquelles ont pouvait reconnaître :
Monsieur le Préfet d’ Indre et Loire Monsieur : Patrice Latron, Madame Sabine Thillaye , Députée d ‘Indre et Loire, Madame Isabelle Raimond- Pavero , Conseillère départementale déléguée du canton de Chinon , chargée des relations avec la Défense, la Gendarmerie nationale et les Forces armées et du Devoir de Mémoire, Madame Anne Degrieck , Directrice du Service départemental de l’ ONACVG, Monsieur Frédéric Augis , maire de Joué -lès – Tours .
ont ensuite procédé au dépôts des gerbes ainsi que des membres représentant les associations de la Gendarmerie Nationale . Ils étaient accompagnés par des élèves de la classe de défense de Marmoutier .
Puis , comme il avait été souligné en début de cérémonie , l’ hommage aux morts , s’accompagnait de l’ hommage aux vivants , 4 décorations ont été remises à des gendarmes pour leur engagement et leur bravoure par le colonel Thibaud Friedling , et Monsieur Patrice Latron , préfet d’ Indre-et Loire .
Monsieur le Préfet , Patrice Latron a ensuite donné lecture de la lettre de Monsieur le Ministre de L’Intérieur et des Outre Mers , Gérald Darmanin , rappelant que « Dans le calme comme dans la tempête , le gendarme se tient prêt à oser un héroïsme discret et quotidien . » et que « Chaque fois qu’un gendarme , soldat de la loi , se bat pour que les Français puissent vivre en paix , ce gendarme est un héros ».
Ainsi , s’est terminée la cérémonie d’ hommage . L’assistance a été conviée à un verre de l’amitié partagé comme chaque année dans une ambiance cordiale et chaleureuse entre les participants .
Elisabeth Caubel.



par Aics-sr | Jan 27, 2024 | Moments d'histoire, Uncategorized
Eric Roberts : un employé de bureau devenu agent double
Eric Roberts était un agent double pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a travaillé sous couverture au Royaume-Uni pour intercepter des secrets destinés au régime nazi.
À l’approche de la Seconde Guerre mondiale, le discours clandestin des sympathisants nazis s’est développé au Royaume-Uni. Le MI5 pensait que les menaces incluaient Siemens, ainsi que l’Union britannique des fascistes ( Source ). Les services de sécurité du pays surveillaient de près ces groupes.
La pression croissante d’une guerre imminente et la menace perçue selon laquelle ces groupes fascistes et communistes nécessitaient de nouvelles actions. Le MI5 a décidé d’infiltrer et de renverser les tactiques de ces groupes pour obtenir un avantage concurrentiel et protéger la sécurité nationale. Le MI5 a donc choisi Eric Roberts pour diriger cette opération.
Éric Roberts
Autrefois employé de bureau sans prétention, le célèbre agent Maxwell Knight a rejoint le MI5 dans les années 1920 ( Source ). Même si sa carrière cléricale était jusque-là banale, il devint rapidement partie intégrante de l’effort de guerre. Jusqu’au déclenchement de la guerre, Roberts a continué son travail quotidien à la banque tout en se livrant secrètement à l’espionnage pour le MI5

(Img ; Lettres de Maxwell Knight à Eric Roberts, via @ RobDotHutton sur Twitter )
Ses projets avec le MI5 étaient centrés sur la collecte d’informations sur les groupes communistes et fascistes, susceptibles de constituer une menace pour la Grande-Bretagne.
Au début de la guerre, le MI5 a décidé qu’il avait besoin des compétences de Roberts à plein temps. Ils ont demandé que son employeur, la Westminster Bank, le libère au motif de son travail gouvernemental intégral. Roberts était si modeste, en fait, que son responsable de banque a écrit au MI5 lorsqu’ils ont découvert que le MI5 l’avait repéré pour des tâches liées à la sécurité nationale ( Source ) :
« Ce que nous aimerions savoir ici, c’est quelles sont les qualifications particulières et particulières de M. Roberts – que nous n’avons pas pu percevoir – pour un travail particulier d’importance militaire nationale ? »
Eric Roberts : agent double
Eric Roberts, sous le pseudonyme de « Jack King », a infiltré la GeheimeStaatspolizei (Gestapo) au Royaume-Uni. Il a agi en tant qu’agent de la Gestapo et a proposé à des sympathisants nazis au Royaume-Uni de transporter des informations vers Berlin. Le MI5 lui a remis de faux papiers d’identité et un appartement à Edgware Road, qui avait été mis sur écoute avec des appareils d’enregistrement cachés.
Eric Roberts, ou Jack King comme on l’appelait, a rencontré d’autres agents de la Gestapo, des sympathisants nazis et des membres de groupes fascistes pour discuter de ce qui, selon eux, ferait avancer la cause nazie. Il a connu un tel succès que des sympathisants venaient activement à son bureau pour discuter de la manière dont ils pourraient l’aider dans ses fonctions ( Source ). Cependant, Roberts a renvoyé ces documents au MI5 pour analyse.

(Img ; Carte d’identité de la Gestapo d’Eric Roberts, montrant son pseudonyme de Jack King ; via MI5 )
Eric Roberts a incroyablement réussi dans son rôle ; les historiens estiment qu’il a identifié 500 sympathisants nazis au Royaume-Uni pendant la guerre, dont beaucoup étaient membres de la Gestapo. Il aurait également tiré la sonnette d’alarme sur l’un des membres du Cambridge Spy Ring, Anthony Blunt, ce que le MI5 a ensuite corroboré ( Source ).
Des années plus tard
Après la guerre, Roberts a continué à travailler dans le renseignement et a été transféré au MI6 à Vienne. Cependant, les relations d’Eric Roberts avec les services se sont rapidement détériorées.
En 1956, Eric Roberts a déménagé au Canada et a pris une retraite anticipée en raison du stress croissant au bureau ( Source ). Il est devenu inquiet et méfiant envers ses collègues. La nature de l’ espionnage reposait sur la confiance mutuelle entre Roberts et le MI5, mais Eric pensait que le MI5 et le MI6 ne lui faisaient pas confiance.

(Img;Eric Roberts au Canada, via la BBC )
Résumé
Eric est décédé en 1972, alors qu’il était encore inconnu du public. Le MI5 a déclassifié des documents en 2014, révélant que « Jack King » était Eric Roberts.
Les historiens pensent que le travail de Roberts a joué un rôle crucial dans l’effort de guerre britannique et dans le démantèlement de la cinquième colonne nazie au Royaume-Uni ( Source ). Bien que son travail n’ait pas été salué publiquement de son vivant, l’héritage d’Eric Roberts reste celui d’un espion de génie qui a entrepris un travail dangereux et exigeant pour aider les Alliés.
par Aics-sr | Jan 27, 2024 | Moments d'histoire
Disparition de René Marbot (1922-2020)
La Fondation Charles de Gaulle héberge en ses murs l’Association du Souvenir des Cadets de la France Libre. Elle rend hommage aujourd’hui à René Marbot, qui fut l’un de ses membres et un des fervents Amis de la Fondation.
LE SITE DE L’ASSOCIATION DU SOUVENIR DES CADETS DE LA FRANCE LIBRE
Président de l’Association du Souvenir des Cadets de la France Libre, René Marbot, cadet de la Promotion du « 18 juin », nous a quittés le 8 décembre 2020.
René Marbot naît le 6 juin 1922 au Liban, à Beyrouth où son père participe à la création et au développement du réseau ferré du pays. Son père décède lorsqu’il a dix ans et sa mère l’élève dans l’amour de la France.
Au moment de la déclaration de la guerre en 1939, Les Français sont dans l’incertitude.
René Marbot, malgré son jeune âge, ne reste pas indifférent aux événements. Par divers subterfuges, il crée une troupe de jeunes scouts, et obtient, des autorités vichystes du Liban, des appareils photos pour occuper sa troupe dans le cadre de concours photographiques. En réalité, et en liaison avec la délégation de la France libre en Palestine, il s’agit de photographier tous les ouvrages à caractère militaire du sud Liban en vue de leur transmission vers Londres.
Il parvient à quitter le Liban et après un vaste périple par mer en passant par l’Inde et l’Amérique du Sud, il rejoint la Grande-Bretagne et concrétise son engagement dans les Forces françaises libres à compter de décembre 1942. Il est immédiatement orienté vers l’Ecole des Cadets de la France Libre à Ribbesford et en sort aspirant en juin 1944, dans la cinquième et dernière promotion, baptisée « 18 Juin ». Comme beaucoup de ses camarades – juste après le débarquement en Normandie-, il est formé aux techniques guérilla et au saut en parachute, en vue de participer sur le territoire français à l’encadrement des maquis pour gêner les armées allemandes dans leur repli . Il est alors parachuté au titre du BCRA en septembre 1944 dans le centre de la France, où il participe à la libération du territoire. Il est ensuite affecté à la dixième division d’infanterie du Général Billotte, avec laquelle il entre en Allemagne en avril 1945.
Après l’Armistice, il quitte l’Armée et reprend ses études. Il en sort docteur en Droit, diplômé de Sciences politiques de Paris, et licencié des Langues ’O, en russe.
Par les contacts noués dans la période de guerre, qui a révélé l’extraordinaire camaraderie de tous ceux qui ont rejoint les FFL, il rejoint en 1949 le groupe Rothschild qu’il ne quittera plus qu’en prenant sa retraite après une carrière internationale qui le conduira en Italie, à Milan puis à Rome, et en Grande-Bretagne. Il exercera dans les filiales du groupe à vocation minière et métallurgique des fonctions de management commercial, de direction générale et de présidence. Il y acquerra une forte notoriété d’homme d’entreprise qui dépassera le cadre de ses fonctions au sein du groupe Rothschild.
Il conservera tout au long de sa vie un attachement charnel à l’homme du 18 juin et au souvenir de la période de guerre et à ses amis des FFL. Très tôt, il participa activement à l’Amicale des Cadets et fera tous ses efforts après son extinction en 2010 pour que le souvenir des Cadets et de l’Ecole militaire des cadets de la France Libre soit maintenu, notamment par l’intermédiaire des familles et des enfants des Cadets et de leur Encadrement. C’est ainsi que fut créée en 2014 l’ASCFL, l’association du souvenir des Cadets de la France Libre, dont il sera le Président fondateur et à laquelle il insufflera son dynamisme. Il était à cet égard une référence dans le monde associatif patriotique, l’un des rares témoins pouvant encore s’imposer par sa personnalité, sa mémoire et ses réseaux internationaux.
Durant son séjour professionnel en Grande-Bretagne, il tissa des relations suivies avec la Reine Mère et avec la Reine Elisabeth II, qui lui permirent de conserver et enrichir en Grande-Bretagne le souvenir de la période de guerre et des Free French. Au-delà des voyages et des rencontres, il favorisa dans ce cadre l’entretien et la création de lieux de mémoire tant en Grande Bretagne qu’en France : apposition d’une plaque du souvenir à Carlton Garden en présence de la Reine, inauguration du mémorial de Gaulle à Coëtquidan en 1995 avec un message de la Reine Mère, plaque en hommage aux Cadets dans la cour d’honneur des Invalides, musée du souvenir de la ville de Bewdley, mais aussi un fort intérêt pour le manoir de Ribbesford, siège de l’Ecole des Cadets dès la deuxième Promotion, avec un suivi des travaux de rénovation envisagés lors de la vente récente du domaine.
René Marbot eut une intense activité associative en France, au Liban, en Italie, en Grande-Bretagne mais aussi au Brésil où sa deuxième épouse, veuve de Cadet, dirigeait des œuvres d’entraide de la communauté française.
Il était notamment membre fondateur de la Fondation de la France libre en 2000, membre de la convention de la Fondation Charles de Gaulle.
Officier de la Légion d’Honneur, commandeur de l’Ordre national du Mérite, il était également membre de l’Ordre du British Empire.
Ses racines familiales expliquent peut-être ce parcours. Son nom s’est illustré dans l’histoire militaire de la France. Ce qui a fait dire à l’un de ses enfants : « nous sommes les fils et les filles d’un grand ancêtre qui nous a marqué au fer bleu-blanc-rouge de la France libre. Nous faisons le serment de toujours en perpétuer le souvenir et les valeurs dont la première est l’amour de la France éternelle ».
En ce moment, cette phrase résonne plus que jamais à l’unisson de ce que fut René Marbot.
Un gaulliste, un vrai gaulliste. Il sera fidèle à l’homme de guerre mais aussi à l’homme de la Cinquième République. Ce fut sa fierté et son honneur.
Un homme de son temps, engagé pour l’honneur de la Patrie aux jours sombres de son histoire, un homme enthousiaste, déterminé, tenace, entraineur d’hommes tout au long de sa vie civile et militaire ; un exemple pour les jeunes qu’il allait rencontrer dans les collèges et les lycées pour leur parler, au travers de son parcours, de la France, de son espoir dans la jeunesse d’aujourd’hui qui referait -il l’espérait- ce qu’il avait lui-même fait quand il était adolescent.



par Aics-sr | Jan 27, 2024 | Moments d'histoire
Daphné Park, la reine des espions
Daphné Park, décrite comme la « Reine des espions », était une officier du renseignement pendant la Seconde Guerre mondiale et la Guerre froide. Tout en travaillant pour le MI6, elle était en poste à Vienne, Moscou, Léopoldsville, Lusaka et Hanoï.
Daphne Park était l’une des rares femmes dans le monde de la collecte de renseignements, du codage et de l’espionnage. Un monde et un métier largement dominés par les hommes à cette époque.
Daphné Park : jeunesse
Daphne Margaret Sybil Désirée Park , baronne Park de Monmouth CMG, OBE, FRSA est née à Surrey le 1er septembre 1921.
Alors qu’elle n’avait que six mois, sa mère, Gwynneth Park, l’a emmenée avec son frère David sur les hauts plateaux du sud du Tanganyika (aujourd’hui Tanzanie). La famille de Park a dû déménager en Afrique parce que le père de Daphné , John Alexander, chercheur d’or et ancien officier des renseignements de la Première Guerre mondiale, a contracté la tuberculose et a dû s’y rendre pour se reposer et se rétablir.
Les conditions de vie n’étaient pas les meilleures. Ils vivaient dans une maison en briques crues, sans eau courante ni électricité. En raison de cette situation, Daphné a grandi de manière très indépendante et forte.
Alors qu’elle n’avait que sept ans , sa mère a mis en place un cours par correspondance afin de donner à sa fille la chance d’apprendre des matières comme la littérature, l’histoire et la géographie.
Cependant, en 1932 , les parents de Park se rendirent compte qu’ils ne pouvaient plus lui enseigner. Ainsi, en utilisant toutes leurs économies, ils réussirent à envoyer leur fille à Streatham , à Londres. À Londres, Park a fréquenté l’école Rosa Bassett, a perdu son frère et sa grand-mère de Monmouth et ses grands-tantes sont devenues ses tutrices.
En 1940 , grâce à diverses bourses, Park parvient à aller à Oxford et à fréquenter le Somerville College. Elle a obtenu un baccalauréat en langues modernes et a obtenu son diplôme en 1943 . Durant ces trois années, Park a également obtenu une bourse pour partir en France pendant trois mois afin d’améliorer son français.
Daphné Park et la FANY
Après avoir obtenu son diplôme, Park a reçu diverses offres du Trésor et du ministère des Affaires étrangères. Elle a estimé que ce n’était pas suffisant de contribuer à la guerre, alors elle a refusé.
En 1943, même ici de la remise des diplômes, Park rencontra Mary Monk . C’est probablement l’un des moments qui a changé la vie de Park.
Monk portait un uniforme FANY et Park et son amie ne pouvaient pas le reconnaître. Lorsque Park a demandé à Mary ce qu’elle faisait, elle était très vague. Elle a dit à Park et à ses amis qu’elle participait à « quelque chose d’effroyablement ennuyeux à Whitehall ». Monk ne dit pas grand-chose, mais la façon dont elle parlait intrigua les filles. En conséquence, ils décidèrent tous les trois de se rendre au siège de la FANY à Knightsbridge.
Le FANY était la First Aid Nursing Yeomanry, également appelée Princess Royal’sVolunteer Corps (PRVC). Il s’agissait d’un organisme de bienfaisance indépendant, créé en 1907, et tous les membres étaient des femmes. Cette organisation caritative était active non seulement dans le domaine des soins infirmiers, mais menait également des travaux de renseignement pendant les deux guerres mondiales.
Ce jour-là, Park s’est inscrit chez FANY . Au cours du processus de sélection, elle a attiré l’attention du Special Operations Executive (SOE) en raison de ses compétences en codage, de son expérience et de sa maîtrise du français.
Winston Churchill a créé le SOE pendant la Seconde Guerre mondiale. C’était une organisation secrète dont le but était d’espionner et de saboter les nazis et leurs alliés.
Au cours de ses premiers mois au sein du SOE, Daphne Park a dû enseigner à divers agents comment utiliser le Morse et d’autres codes. Elle a également rencontré Leo Marks, « le roi des chiffres ».
Le SOE promeut alors Daphne Park au grade de sergent, et elle doit se rendre à Milton Hall , dans le Leicestershire. Là, elle devait former les agents participant à l’opération Jedburgh , composée d’équipes spéciales chargées de soutenir la Résistance en Europe. Park, responsable de la formation au codage, a dû leur enseigner le sans fil, les codes et les communications.
La fin de la guerre
À la fin de la guerre , Park se rend en Afrique du Nord en tant qu’officier de briefing et de répartition auprès du SOE. À cette époque, le ministère de la Défense a pris en charge le SOE, mais comme il était déjà responsable du SIS (Secret Intelligence Service), il a été décidé de le dissoudre. Le 15 janvier 1946, le MOD démantela officiellement le SOE et la plupart de ses agents durent retourner à la vie civile.
Daphné Park, bien décidée à faire carrière dans ce « monde secret », ne quitte pas la FANY et devient rapidement Commandant.
En 1946 , le SOE l’envoya à Vienne, en Autriche, pour créer un bureau pour la FIAT, la Field Intelligence Agency Technical. La FIAT était une unité dont le but était de trouver des scientifiques de l’Axe impliqués dans des projets intéressants pendant la guerre. Le but était de les interviewer et de les convaincre de travailler pour les Britanniques.
En menant ce projet, Park a rencontré les services de renseignement britanniques, ce qui lui a assuré un emploi à Londres.
Daphné Park et les services secrets
Moscou
De retour à Londres en juillet 1948, Park commença à travailler pour le SIS. Afin d’apprendre le russe, elle est allée au NewnhamCollege, à Cambridge. En 1954 , après avoir acquis une bonne connaissance de la langue et après avoir passé deux ans sous couverture au sein de la délégation britannique auprès de l’OTAN à Paris, elle est nommée deuxième secrétaire de l’ambassade britannique à Moscou . Park opérait en fait comme chef de station pour le SIS. Là, son rôle était de voyager à travers le pays et de signaler tout ce qui semblait suspect.
À Moscou, elle a participé au procès d’ Evgueni Vladimirovitch Brik . Brik était un clandestin du KGB, envoyé au Canada par Moscou dans le but d’établir un poste d’infiltration des clandestins du KGB aux États-Unis. Au cas où il aurait l’occasion de le retourner contre les Soviétiques, Park devait le surveiller et découvrir s’il était compromis.
Léopoldville
Entre 1959 et 1961 , Daphné Park est envoyée à Léopoldville, au Congo. Là-bas, Park était consul et premier secrétaire, ce qui signifiait en même temps être infiltré pour le SIS.
À cette époque, le Congo souffrait d’une crise profonde due au désir d’indépendance des Congolais vis-à-vis de la Belgique.
Sa capacité à attirer et à charmer les personnes les plus influentes s’est avérée utile au Congo. Malgré la façon dont la population locale percevait les puissances coloniales, elle a réussi à nouer de solides amitiés avec les dirigeants locaux. Elle a également rencontré le premier ministre congolais Patrice Lumumba et celui qui l’a ensuite tué, Mobutu.
Après la prise du pouvoir par Mobutu, lors d’une opération, les forces locales ont arrêté Park. Ils pensaient qu’elle était une partisane de Lumumba. Grâce à ses connaissances , Park parvient à parler à un haut fonctionnaire et elle le convainc de libérer plusieurs prisonniers, parmi lesquels des Britanniques.
En 1960, grâce à ses actions et à son service à Léopoldville, Park reçoit le titre d’Officier de l’Ordre de l’Empire britannique (OBE).
Park a montré et manifesté son courage à plusieurs reprises. Pendant son séjour au Congo, elle a également réussi à mettre clandestinement en sécurité le chef de cabinet de Lumumba, Damien Kandolo . Pour le cacher et le sauver, Park a utilisé une Citroën 2CV, car, selon l’ espion britannique , personne ne prendrait cette voiture au sérieux. L’homme qu’elle a sauvé ce jour-là est devenu plus tard commissaire du nouveau gouvernement congolais et une source utile pour Park.
Des aveux inattendus ?
Park aurait déclaré à un homme politique britannique, Lord Lea of Crondall, trois ans avant sa mort en mars 2010, à l’âge de 88 ans, qu’elle avait contribué à l’assassinat de Patrice Lumumba. Cela a suscité un grand étonnement au sein du MI6 ainsi que parmi les historiens du renseignement.
Dans une lettre à la LondonReview of Books , Lord Lea écrit :
« Il se trouve que je prenais le thé avec Daphne Park (plus tard baronne Park de Monmouth) quelques mois avant sa mort. J’ai évoqué le tumulte suscité par l’enlèvement et le meurtre de Lumumba et j’ai rappelé la théorie selon laquelle le M16 aurait pu y être pour quelque chose.»
Park aurait alors répondu : « Nous l’avons fait. Je l’ai organisé.
Hanoï
Entre 1964 et 1967, le SIS a envoyé Park à Lusaka , en Zambie, et entre 1969 et 1970, elle était à Hanoï, au Vietnam.
À Hanoï , elle était consule générale, mais comme le gouvernement vietnamien savait qu’elle était une espionne, il a sévèrement restreint ses déplacements dans le pays. De plus, elle ne pouvait pas apprendre le vietnamien.
À Hanoi, Park a fait la connaissance de l’ambassadeur soviétique, Ilya Shcherbakov, ce qui a facilité ses relations avec d’autres missions.
Grâce à ces relations informelles, Park a réussi à obtenir des informations sur la psychologie vietnamienne et le climat politique qui régnait dans la région à cette époque.
En raison de son service à Hanoï, Park a été investie comme Compagnon de l’Ordre de Saint-Michel et Saint-Georges (CMG).
La dernière affectation de Park remonte à 1972 à Oulan-Bator, en Mongolie, en tant que chargé d’affaires de l’ambassade britannique.
L’année suivante, en 1973, elle retourne à Londres et, en 1975, elle est nommée contrôleur de l’hémisphère occidental. Ce rôle était le grade opérationnel le plus élevé du SIS. C’était la première fois qu’une femme accédait à un poste aussi élevé.
Retraite
Daphne Park a pris sa retraite des services secrets en 1979 pour devenir directrice du Somerville College d’Oxford. Lorsqu’elle était directrice, elle a travaillé dur afin d’obtenir plus de financement pour l’université. Elle a également créé le Fonds Margaret Thatcher.
En 1989, Park a pris sa retraite de Somerville et l’année suivante, en 1990 , la première ministre de l’époque, Margaret Thatcher, l’a élevée au rang de pair à vie en tant que baronne Park de Monmouth. Park a fait le choix de Monmouth pour honorer Monmouth House, qui était un bâtiment où travaillaient ses amis du SIS.

Baronne Daphné Margaret Sybil Désirée Park, CMG, OBE
Au cours de sa carrière, Park a montré ses capacités à jouer à la fois le rôle d’une diplomate et celui d’une espionne .
Sa vie a été pleine de sacrifices, mais aussi pleine de réalisations. Même si elle a répété à plusieurs reprises qu’elle ne s’imaginait pas faire un travail différent. Alors qu’elle a dû renoncer au mariage et aux enfants.
Daphne Park est décédée le 24 mars 2010 , à l’âge de 88 ans, des suites d’une longue maladie. Elle a été surnommée « Reine des espions » car ses compétences étaient admirées par les Soviétiques et d’autres ennemis. Les aveux présumés trois ans avant sa mort pourraient ternir l’image de Park dans certains cercles.