par Aics-sr | Avr 3, 2024 | Actualités organisation AICS-SR
Les fondements de la souveraineté
Ce papier est issu d’une intervention lors d’une conférence sur les fondements de la souveraineté,
tenue fin 2023 au Conseil d’Etat. Dans un monde certes interdépendant, les transformations
géopolitiques en cours s’accompagnent d’un renforcement comme d’une reformulation du cadre
et de l’exercice de la souveraineté. L’auteur aborde plus particulièrement la relation entre
l’exercice de la souveraineté et la défense. Une approche en cinq points, contextualisée, pesée, du
caractère de garantie indispensable que constitue la défense pour l’exercice de la souveraineté.
Une défense qui fait fond non seulement sur des capacités ou sur des alliances, mais également sur
des forces morales.
Les raisons de s’intéresser au thème passionnant de la souveraineté ne manquent pas :
augmentation des risques et des menaces ;
contestation d’un ordre mondial façonné à la sortie de la deuxième guerre mondiale ;
dépendances bien réelles révélées par les crises COVID ou ukrainienne : médicaments,
composants électroniques, énergie, denrées alimentaires ;
dépendance financière face au poids de notre dette publique ;
perception que les défis auxquels nous faisons face ne peuvent trouver de solution à l’échelle
de notre pays.
La souveraineté redevient un axe fort des grandes politiques publiques. Les mentalités évoluent en
Europe et je m’en félicite. Tout ceci conduit à s’interroger sur les nouvelles conditions de l’exercice
de la souveraineté dans un monde davantage interdépendant.
Le thème étant particulièrement vaste, j’ai choisi de me concentrer sur 5 points d’attention, tous en
relation avec la raison probable de ma présence autour de cette table : notre sécurité et notre
défense !
Premièrement, il n’y a pas de souveraineté sans une défense robuste
Vous connaissez cette affirmation du général de Gaulle : « La défense est la première raison d’être de
l’Etat ».
Parce qu’elle permet de garantir notre indépendance et notre sécurité contre les menaces
extérieures, la défense constitue l’un des principaux attributs de notre souveraineté au sens où
l’entendait Louis Le Fur à la fin du 19e siècle. Je cite : « la qualité de l’État de n’être obligé ou
déterminé que par sa propre volonté, dans les limites du principe supérieur du droit, et
conformément au but collectif qu’il est appelé à réaliser ». Définition qui fait toujours référence et,
n’étant pas juriste, je ne m’aventurerai pas davantage sur le terrain du droit !
Il me parait toutefois difficile de parler de souveraineté dans le domaine de la défense sans prendre
en compte un cadre de réflexion plus large. Les crises se limitent rarement au seul enjeu sécuritaire :
énergie, santé, finance, flux d’approvisionnements…
Dans le domaine énergétique, ce n’était probablement pas une bonne idée d’être autant dépendant
d’un régime autoritaire car cela contraint à l’évidence nos choix.
Je ne cherche pas à dire qu’il faut assurer une indépendance totale, illusoire d’ailleurs. Je cherche
simplement à souligner qu’il faut bien mesurer les dépendances concédées et que l’approche de la
souveraineté de défense ne peut s’appréhender isolément.
Elle nécessite une cohérence d’ensemble. Aujourd’hui, face au caractère multidimensionnel des
crises, il me parait nécessaire de réfléchir à un concept de défense globale.
****
Nous sommes par ailleurs dans un monde où la violence est libérée, où le droit est remis en cause. Je
juge la situation particulièrement préoccupante autant à l’extérieur qu’à l’intérieur de nos frontières.
Un seul nombre témoigne de cette préoccupation : 2 240Milliards de $ : c’est le montant des
dépenses de défense dans le monde en 2022. Un nombre qui progresse encore en 2023 et qui a
doublé en 20 ans !
Le recours à la force devient le mode de règlement des conflits. La guerre est de retour. Nos sociétés
ont oublié ce qu’était la guerre. Mais le pire serait d’en avoir peur. Comme Raymond Aron, je pense
que » Ce n’est pas en refusant de penser la guerre possible que l’on a les meilleures chances de
l’éviter. »
Lui faire face, commence par consacrer un effort de défense suffisant autant pour éviter que la
guerre ne se produise que nous défendre si nécessaire. Après des décennies de déflation de nos
capacités militaires, le contexte exige d’élever très sensiblement notre effort de défense.
Ici, je me limiterai à citer Thomas GOMART, président de l’IFRI qui s’exprimait devant la commission
de défense de l’Assemblée nationale : « La LPM constitue un pari optimiste sur le maintien d’un état
de paix ! ». Bien sûr nous devons faire face à de nombreux autres défis dont celui de la maîtrise nos
déficits publics. Mais notre effort de défense n’est toujours pas à 2 % du PIB et sans sécurité, sans
stabilité, il n’y a ni prospérité, ni développement durable !
Compte tenu des niveaux d’attrition dans des scénarios de haute intensité, nous avons, en
particulier, besoin d’une masse d’équipements et de munitions suffisantes. A moins d’accepter de
dépendre de nos alliés… ou de prendre le risque d’être acculés rapidement sans autre alternative
que le recours à la dissuasion. Le volume et la masse des forces comptent. La souveraineté, c’est de
pouvoir rester maître de nos choix et des options d’engagement.
Une illustration : dans toutes les campagnes aériennes réalisées récemment Kosovo, Irak contre
Daech, nous avons eu besoin de recourir aux stocks de munitions alliés.
Tout ceci pour vous dire que notre indépendance et notre souveraineté ont un prix.
Problématique que le général de Gaulle résumait avec ses mots : « Les Français ne pensent qu’à
bouffer et à augmenter leur niveau de vie. Le bifteck pommes frites c’est bon. La Quatre-chevaux
c’est utile. Mais tout cela ne constitue pas une ambition nationale ! »
Deuxièmement, pour se défendre il faut générer des capacités de défense
Et pour être souverain, c’est-à-dire être libre de les employer comme bon nous semble, il vaut mieux
être capable de les produire en toute indépendance !
C’est donc aussi une question d’indépendance industrielle. La France est peut-être le seul pays
européen à avoir conservé la capacité à concevoir et produire la quasi-totalité des équipements de
défense dont nous avons besoin pour garantir notre liberté de choix d’engagement de la force
militaire incluant celle de nos deux composantes nucléaires et de l’ensemble des moyens nécessaires
à l’exercice de notre dissuasion.
L’Ukraine souffre de ce manque de liberté car elle ne peut employer les équipements occidentaux qui
lui sont livrés comme elle le souhaiterait, étant bridée dans leur emploi par ses « fournisseurs ».
Comme chef d’état-major, j’avais l’habitude de dire que notre industrie de défense fait
intégralement partie de nos capacités de défense et de notre indépendance stratégique. Une
industrie souveraine qui nous permet aussi d’exporter nos équipements de défense en toute
indépendance.
Mais une industrie souveraine ne suffit pas, il faut aussi des capacités de production suffisantes.
Juste un chiffre ici pour illustrer cette préoccupation : nous mettons un an à produire les obus
d’artillerie que les Ukrainiens consomment en une semaine !
C’est enfin une question d’indépendance et de supériorité technologique : indispensable pour
assurer la supériorité opérationnelle de nos forces et indispensable pour garantir notre autonomie
stratégique. Citons par exemple les technologies de notre dissuasion ou spatiales.
Sur ce point très important. Je voudrais dire deux choses :
Premièrement, j’entends bien les discours relativisant le rôle de la technologie dans les
conflits d’aujourd’hui à la lumière des tranchées ukrainiennes ou des modes d’action du
Hamas. Attention, ne tirons pas de conclusions erronées de ces conflits. Les chefs militaires
savent que la technologie ne fait pas tout mais les guerres d’aujourd’hui mêlent rusticité et
très hautes technologies.Comment l’Ukraine compenserait-elle l’infériorité de ses forces sans
l’imagerie satellite, les moyens de communication Starlink, les missiles et les munitions de
précision, les systèmes sol-air ? Dans une Interview récente le CEMA ukrainien estimait être
dans une impasse opérationnelle faute de disposer de la technologie lui permettant de faire
la différence.
Deuxièmement, nous assistons à un changement de paradigme technologique : la défense
n’a plus le monopole du high tech, de nombreuses technologies étant désormais largement
tirées par la demande des marchés qui disposent de capacités d’investissement sans
commune mesure avec celles des Etats. Je pense ici aux technologies du numérique dont l’IA,
aux drones ou au cyber mais aussi au spatial, demain au quantique. Il s’agit d’une tendance
lourde qui s’accélère.
J’y vois deux enjeux pour notre souveraineté :
L’apparition de nouvelles menaces, ces technologies étant désormais accessibles à de
nombreux acteurs qui les détournent à des fins militaires (drones, IA).
Deuxièmement, face à une innovation foisonnante, la nécessité de modifier
considérablement notre approche du développement des capacités de défense et de
maîtrise de la base industrielle et technologique de défense : agilité, vitesse d’adaptation,
innovation, relation public-privé, financement public des initiatives innovantes, maîtrise des
prises de participation dans les entreprises stratégiques émergentes, processus d’acquisition
doivent être repensés.
J’estime que nous n’avons pas tiré toutes les conséquences de ce qui me parait constituer une
évolution de fond.
Pour clôturer ce chapitre, je voudrais dire que je trouve sidérant le projet de taxonomie européenne
sur la finance durable qui entrave les investissements dans l’industrie de défense. Cela constitue un
obstacle majeur à l’innovation et à la performance de notre tissu industriel de défense. Je cite
Madame Florence Parly : « Si nous nous mettons à considérer que la défense de nos citoyens n’est
pas une activité durable, alors nous ne durerons pas bien longtemps ».
Ici, nous pourrions proposer des normes ESG soutenant les investissements en faveur de notre
souveraineté.
Troisièmement, l’exercice de la souveraineté est confronté à de nouveaux domaines de
confrontation.
Je pense ici au cyberespace, au spatial, au domaine de l’information ou aux grands fonds sous-
marins.
Quelques considérations sur les enjeux dans chacun de ces domaines :
Bien que très différents ils disposent de caractéristiques communes : des espaces partagés,
une absence de frontières, difficile à contrôler, d’ont les dimensions sont difficiles à
appréhender
une absence de règles communes ou de forme d’ordre
les agresseurs y disposent d’un certain anonymat et donc d’une forme d’impunité
leur exploitation est essentielle à la vie de nos sociétés comme à nos opérations militaires
donc à notre sécurité
la société civile y est davantage ciblée que nos dispositifs de défense parce que plus
vulnérable.
Ces domaines sont ainsi le théâtre de nouveaux scénarios d’agression « hybrides » sous le seuil du
déclenchement des conflits armés, cherchant à contourner nos dispositifs de défense.
Dans ce nouvel environnement, il s’agit d’éviter de perdre la guerre avant de l’avoir engagée ! Je cite
le général Valeri GUERASIMOV, chef d’état-major des armées russes : « Un État prospère peut se
transformer en un théâtre d’affrontements en quelques jours. Les règles de la guerre ont changé. (…)
Des moyens non militaires peuvent se révéler plus efficaces que le recours à la force et servir des
objectifs stratégiques… ».
Ces domaines constituent donc un nouvel enjeu de souveraineté.
Dans le domaine spatial, au moment où je vous parle, le satellite russe Luch Olympe K 2 s’est
rapproché à une distance préoccupante d’un de nos satellites de la constellation Eutelsat.
Dans le domaine cyber, les agressions sont permanentes dès le temps de paix. Les conflits de demain
débuteront par des agressions cyber paralysantes sur nos infrastructures civiles critiques : énergie,
transport, santé, moyens de communication, finance, chaines d’approvisionnement… Avant même le
premier coup de feu en Ukraine, la Russie a neutralisé par une attaque cyber les moyens de
communication spatiaux des forces ukrainiennes.
Le domaine de l’information est, selon moi, le plus préoccupant parce qu’il mine de l’intérieur nos
démocraties, les divise comme il divise nos alliances et affaiblit le moral de nos sociétés.
Je n’hésite pas à qualifier les réseaux sociaux d’outils d’abêtissement de masse et de chevaux de
Troie de nos adversaires. Il y a là un danger existentiel pour nos démocraties et nos alliances.
Tout ceci a parfaitement été théorisé par la Russie depuis 10 ans. Je cite à nouveau le général
GUERASIMOV… « Les ressources de l’information permettent de priver la partie adverse de sa
souveraineté sans que ses territoires soient conquis ».
Parce qu’il touche à nos libertés individuelles et parce que nous sommes tous acteurs de cette
bataille des perceptions jusque dans les likes ou le nombre de followers que nous recherchons, ce
domaine de l’information est très difficile à appréhender. Lorsque j’étais à la tête du
Commandement suprême allié, j’avais cherché à sensibiliser le Conseil de l’Atlantique Nord sur les
agressions que nous subissions dans ce que j’avais appelé la guerre cognitive.
Car il ne faut pas s’y tromper, nos propres cerveaux deviennent le théâtre et l’enjeu de ce nouveau
champ de bataille. La guerre cognitive, c’est l’ensemble des méthodes qui permettent de fragmenter
une population, de développer des émotions, comme la colère, le doute. Nous y sommes !
De fait, nos démocraties doutent d’elles-mêmes, sont divisées et font l’objet de différentes
manœuvres d’ingérence et d’une contestation interne croissante comme l’illustre l’assaut du capitole
américain ou le Brexit. Aussi ce phénomène qui affecte notre cohésion me paraît très dangereux car
il affaiblit notre volonté collective, envoie un signal de fragilité et l’idée d’un modèle en déclin.
Dans ces nouveaux domaines, trois recommandations :
1. Il faut commencer par être capable d’identifier les agresseurs.
2. Ne pas se limiter à être défensif.
3. Renforcer la résilience de la société civile car les armées ne pourront pas se permettre dans
les scénarios les plus graves de détourner des moyens rares.
Quatrième point : Notre sécurité repose aussi sur nos alliances
Il est un fait. L’Europe et a fortiori chacun de ses membres, n’est pas capable d’assurer seule sa
sécurité face à des scénarios de conflit de haute intensité qui ne sont plus de simples hypothèses
d’état-major. A l’évidence, nous pourrions considérer que nous dépendons des autres pour garantir
notre sécurité.
Il s’agit toutefois de dépendances consenties, agréées dans des traités soumis à l’approbation de la
représentation nationale. Dans l’Alliance Atlantique, comme dans l’UE, les décisions d’engagement
de la force militaire se prennent selon la règle du consensus.
Ces deux organisations ne disposent pas (ou très peu) de capacités militaires en propre. Les Nations
sont souveraines pour affecter leurs forces militaires à telle ou telle organisation. Des plans prévoient
les capacités et les volumes de forces que les Etats doivent préparer selon les scénarios
d’engagements approuvés par les Nations.
Dans les opérations menées, le cas échéant, dans le cadre d’une coalition hors OTAN ou UE, chaque
Nation peut enfin réclamer des règles d’engagement spécifiques pour ses propres forces même si
cela ne facilite pas le travail du commandement de l’opération !
Je sais que certains considèrent que l’OTAN constitue un obstacle pour l’émergence d’une forme de
souveraineté européenne, notion qui mériterait au passage d’être explicitée.
Je sais aussi qu’il existe un ADN français qui conduit au mieux à un désintérêt à l’égard de l’Alliance
voire à une forme de défiance. Je considère cette attitude contreproductive. Non seulement parce
que l’actualité démontre que nous avons besoin de l’OTAN mais aussi parce qu’elle laisse penser que
notre agenda européen, auquel j’adhère totalement par ailleurs, vise à affaiblir l’Alliance au profit de
l’Europe. Or ceci est tout simplement inacceptable pour de très nombreux pays européens.
Quelques réalités une fois tout ceci posé :
Pour peser en coalition, il faut disposer des capacités militaires permettant d’exercer un rôle
de leader. Commander une opération nécessite des capacités militaires structurantes en
qualité et quantité.
78 % des acquisitions d’armes des pays européens sont effectuées hors d’Europe. 63 % aux
Etats-Unis. Cela ne facilite ni l’émergence de capacités industrielles de défense souveraines,
ni la liberté d’action de nos forces !
Cinquième et dernier point
Je voudrais terminer par un thème que je rappelais souvent aux hommes et aux femmes que j’ai eu
l’honneur de commander et, pour certains, de mener au combat lorsque j’étais commandant d’un
escadron de chasse ou, plus tard, à la tête de l’armée de l’air, celui de nos forces morales.
Les faiblesses de l’armée russe ont surpris. Elles ne résultent pas de celles de ses équipements ou de
son volume de forces. Tous les attributs de puissance dont je viens de parler, la plus belle armée du
monde, les équipements les plus performants, les technologies les plus sophistiquées ne sont rien
sans forces morales. Je suis assez bien placé pour savoir quelle force de caractère il faut mobiliser au
combat pour prendre l’ascendant sur un adversaire.
Les forces morales ne sont évidemment pas que le fait des militaires. Les guerres ne concernent plus
simplement les armées. Nos sociétés sont soumises également à la violence sous toutes ses formes
comme l’actualité le rappelle tristement.
Je vous dis ceci parce que je ne suis pas certain que les opinions occidentales aient pris conscience de
la gravité de la situation. Elles voient le spectacle de la guerre mais croient-elles véritablement à
cette possibilité ? Ne préfèrent-elles pas se considérer à l’écart ? Un peu à l’image des malheureux
participants à cette « rave party » à 3km de Gaza, en Israël, nous dansons au bord du gouffre !
« L’habituel défaut de l’homme est de ne pas prévoir l’orage par beau temps » disait Le prince de
Machiavel.
Ce décalage de perception est peut-être lié à la professionnalisation des armées qui fait, peu à peu,
des questions de défense un domaine réservé à des experts et à quelques militaires, de moins en
moins nombreux d’ailleurs et qui occupent de moins en moins de postes de responsabilité dans la
société civile. Ce que le récent rapport du haut comité sur la condition militaire dénonçait. Je pense
que leur expérience pourrait être mieux exploitée, en tous cas mieux employée qu’en commentant
l’actualité des conflits sur les plateaux de télévision !
Ce décalage de perceptions me parait lourd de conséquences. Car en définitive notre souveraineté
repose sur notre volonté collective de nous défendre.
Les armées françaises, les missions qu’elles effectuent, à travers les ordres qu’elles reçoivent de nos
autorités politiques, ne sont que l’émanation de cette volonté nationale conduisant à engager la
violence légitime d’Etat. Nos soldats tirent leur légitimité et leur force de cette volonté. La plus belle
armée du monde ne pourra pas grand-chose si cette celle-ci faiblit.
Ensuite, je souhaite me tromper mais notre société va devoir mobiliser des forces nouvelles pour
faire face aux scénarios que nous avons probablement devant nous. Et là, c’est autre chose. C’est
une question d’éducation, de cohésion nationale, de don de soi, l’idée centrale, la conviction
profonde que nous partageons une communauté de destin fondée sur un idéal de société et de
valeurs à défendre. Et ici, il faudra que nous allions au-delà des formules dénuées de sens de type «
vivre ensemble ».
C’est enfin, à titre individuel, à chacun d’entre nous, d’être prêts à engager l’essentiel pour quelque
chose de plus grand que nous-même. Comme nos soldats qui paient parfois le prix du sang sur les
théâtres d’opérations. Sommes-nous préparés à cela ?
Tout simplement parce qu’à elles seules ces forces morales peuvent dissuader un adversaire ou à
l’inverse, si elles venaient à manquer, le convaincre de passer à l’action.
En définitive en elles, réside probablement le vrai le fondement de notre souveraineté.
par Aics-sr | Mar 31, 2024 | Actualités organisation AICS-SR, Délégation Nord-Ouest
REMISE DE CHEQUE AU COLLEGE GASTON HUET DE VOUVRAY PAR LE GROUPEMENT 67 DE LA FEDERATION NATIONALE ANDRE MAGINOT EN PRESENCE DES AICS-SR
Le 28 mars dernier, Le vice-président de la FNAM et vice-président du GR67 de la FNAM, Jean-Marie GUASTAVINO accompagné de son vice-président Gaël de POULPIQUET du porte drapeau du Groupement 67, Monsieur POMADE et d’Yves FOURNIER Membre du bureau du GR67 et Président de AICS-SR adhérente au GR67 de la FNAM (Association Internationale des Combattants et Sympathisants- Services de Renseignement) , se sont rendu au collège Gaston HUET de VOUVRAY pour procéder à la remise d’un chèque de 1500€ émis par la FNAM pour la réalisation d’un projet de visite à Paris, au Panthéon ainsi qu’au Mont Valérien.
Ce fut en présence d’une cinquantaine de jeunes collégiens que Jean-Marie GUASTAVINO, présenta la Fédération Nationale André Maginot ainsi que l’ensemble des actions qu’elle soutien auprès des anciens et de la jeunesse ainsi qu’une explication des différents symboles figurant sur le drapeau de la FNAM, puis ce fut au tour de Gaël de POULPIQUET de présenter les différentes décorations officielles Françaises. Après quoi, le projet nous fut présenté par les enseignants en présence de Madame Nathalie MARINIER, principale du collège.
Puis après un long échange avec les jeunes collégiens, Jean-Marie GUASTAVINO remis à madame la principale du collège un chèque de 1500€.
Avant de clore la réunion, Yves FOURNIER présenta les différentes actions pédagogiques au programme 2024 qui seront réalisées par les AICS-SR, Une exposition sur « La France au Combat de 1942 à 1945 » exposition labellisée, par la Préfecture, au niveau national, dans le cadre du « 80ème Anniversaire de la Libération. Exposition sur rendez- vous pour les élèves et leurs enseignants des établissements scolaires du département. Ainsi qu’une conférence également ouverte aux mêmes bénéficiaires sur « Comment être un citoyen dans la République Française »
Ces deux évènements étant soutenus par le GR67 de la FNAM, l’IHEDN (Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale) et la Fondation de la France Libre.
Des informations relatives à ces deux manifestations seront transmises à madame la principale du collège.
Il est convenu, avec les enseignants, qu’à l’issue de la réalisation du projet un compte rendu soit transmis à la FNAM.
Yves Fournier

par Aics-sr | Mar 30, 2024 | Moments d'histoire, Uncategorized
Philippe Koenigswerther
(Mandrille) – Secteur Hangar
Né le 21 juillet 1918 à Dinard (Ille-et-Vilaine) ; exécuté sommairement le 1er
septembre 1944 au camp de Natzweiller-Struthof, à Natzwiller (Bas-Rhin)
Philippe Koenigswerther alias « Mandrille« , » Genêt », « N10 » était le fils de
Albert Léopold, négociant, de nationalité belge, âgé de 39 ans et de Grace King,
sans profession, âgée de 33 ans. Il était célibataire. Il avait la possibilité de vivre
en sécurité, riche et beau aux Etats Unis, où l’attendait un gros héritage, mais il
eut la volonté, malgré la demande naturelle de protection de ses parents, de s’en
détourner pour aller affronter par patriotisme les dangers encourus : « non ! moi
Philippe, je refuse de m’enfuir, je suis né français et je m’engage comme soldat
pour affronter la guerre ».
PhiilippeKoenigswerther a rallié les FFL et s’est engagé au sein de la 1re
Compagnie d’Infanterie de l’Air.
Breveté à Ringway en avril 1941, il a suivi la formation à la lutte clandestine. Alors
que la 1re CIA embarque en juillet pour le Moyen-Orient (et intègrera la Brigade
SAS), Philippe et une partie de la compagnie intègrent les SR à la Station 36. (1) Il
fut intégré au Bureau central de renseignements et d’action (BCRA) après sa
formation en juillet 1941.
En juillet, les relations entre le général de Gaulle et le gouvernement britannique
se tendirent si violemment que le service SOE reçut l’ordre de ne plus travailler
avec le BCRA que pour expédier les affaires courantes. Ceci amena un retard de
près de six semaines dans l’envoi de nouvelles missions
« Action ». Le BCRA ne recommença en effet les parachutages que dans la nuit du
29 au 30 août. Cette nuit-là, Lencement, sous le pseudonyme de « Cip », partit
pour Vichy pour une mission technique qui fut appelée « Trombone ». Un
opérateur, Philippe Koenigswerther, lui fut envoyé au début de novembre
lorsqu’il eut achevé son entraînement.
2
Nicole Proux écrit :
« En novembre 1941, Philippe Koenigswerther, rodé pour la recherche des
renseignements maritimes, est parachuté en Dordogne mais au mauvais endroit
à la suite d’une erreur de pilotage. Egaré, contraint d’abandonner son poste
émetteur, il cherche vainement pendant 9 mois, un contact avec les gens du
service. Finalement, récupéré par le réseau Alliance, il propose à Marie-
Madeleine Fourcade d’accomplir sous ses ordres, la mission que le Service lui
avait confiée sur les côtes atlantiques : « Employez-moi, dit-il à Marie Madeleine
Fourcade, je suis radio, je suis rodé pour la recherche du renseignement
maritime, envoyez-moi là où je devrais être depuis des mois, sur la côte
atlantique… ». Après confirmation de son histoire par l’IS, il devient le chef du
secteur Bordeaux-La Rochelle avec l’aide de Jean Kiffer son adjoint et le
soutien de Pierre Audevie, un cheminot qui connaît bien la région . Il va créer
dans ce secteur codé « Hangar » une des pièces manquantes du sous réseau
« Sea Star » spécialisé dans le renseignement maritime.
Se recommandant d’un lointain cousin, Philippe Koenigswerther prend contact à
La Rochelle avec Jean Godet capitaine de réserve, qui est alors un prisonnier de
guerre libéré. Avant d’accepter, Godet très méfiant lui demande de lui fournir
comme référence le nom de gens du réseau d’autres secteurs géographiques qu’il
pourrait connaître. Il lui demande également de faire passer à la BBC un message
personnel de reconnaissance (« le lapin porte des chaussettes blanches »).
Rassuré par les résultats, il accepte de devenir le chef du secteur rochelais, sous
le pseudonyme de « Antilope ». Il est secondé par son beau frère, le Capitaine de
la Motte-Rouge (« Méhari ») responsable du centre de démobilisation à La
Rochelle. Leur première mission consiste à faire le relevé du réseau de
fortifications que le commandement allemand a entrepris de construire autour
de La Rochelle et sur la côte. Il s’agit de surveiller l’avancement des travaux,
dénombrer et situer exactement les blockhaus, déterminer leur équipement, leur
but stratégique.
L’année 1943 voit le groupe s’élargir et s’organiser. Dès janvier, Philippe
Koenigswerther met Jean Godet en relation avec deux grutiers des chantiers
navals Delmas-Vieljeux : Frank Gardes dit « Homard » et son beau frère Louis
Gravot alias « Cabillaud », tous les deux professionnellement bien placés pour
surveiller les mouvements des navires de guerre et surtout ceux des sous marins
à la base de La Palice. Leur beau frère commun Pierre Audevie (« Marco »)
membre du réseau Alliance à Bordeaux, les a convaincus de le rejoindre dans la
Résistance. Grâce à « Marco » qui est chauffeur de locomotive, Mandrille
camouflé dans le tender, peut se déplacer discrètement dans tout le Sud-
ouest. ».
3
Considéré comme un élément d’élite, l’Intelligence Service, interrogée par Marie
Madeleine Fourcade, est enchanté qu’un pareil gaillard soit des leurs et à
disposition par l’intermédiaire de l’Alliance. Il faut spécifier que le BCRA a donné
son accord à Marie Madeleine Fourcade pour ce « transfuge » via l’adjoint du
Colonel Passy, le colonel « Manuel ».
Et le massacre des sous-marins, beaucoup d’Allemands et quelques Italiens, par
la Royal Navy commence au large des côtes aquitaine et charentaise. Seuls les
résultats obtenus par Jacques Stosskopf, le héros de Lorient, ingénieur de la
Marine, qui joue au collaborateur pour mieux renseigner les Britanniques, sont
comparables.
Philippe Koenigswerther, dit « Mandrille », rend compte : « le 8 décembre (1942),
des forceurs de blocus japonais et des bâtiments allemands ont sauté dans
l’estuaire. Les Britanniques, une dizaine d’hommes des commandos, sont venus
en Dinghy et ont posé les mines magnétiques aux bons endroits ».
Ce que Mandrille ne sait probablement pas encore, c’est que le colonel
Kauffmann, son responsable, a pris part à la fête. Ila été chargé par Londres de
vérifier les informations de Koenigswerther, de C. Boileau et de leurs camarades.
Les anglais ne croient pas à la présence des japonais à Bordeaux : pas possible
qu’ils aient traversés tous les dispositifs de surveillance navale alliés depuis
l’extrême Orient ! Par contre ils connaissaient les conditions de sécurité dans
lesquelles les opérateurs radios d’Edouard Kauffmann émettent : ça se passe le
plus souvent dans les champs de topinambours de son domaine de Rivaux. Et ils
ont confiance en « Criquet », le nom de code du colonel.
« Radio-Topinambours » confirme que le secteur côtier a dit la vérité. La réponse
d’Outre-manche tombe : « Nous faisons le nécessaire ». Edouard Kauffmann
réalise que les bombardiers de la RAF vont frapper avant le déchargement des
cargaisons, si précieuses pour l’industrie d’armement du Reich. Or les bateaux
sont amarrés aux quais du port situé dans l’agglomération. Il fait envoyer un
nouveau message : « pas de bombardement par avions. Voyez position sur quais
au milieu de la ville. Trop de pertes pour population civile. Si vous bombardez, je
ne vous dis plus rien ». Bien entendu il a fallu chiffrer ce renseignement, presque
une prière, avec un ton un peu sec à la fin même si le colonel, surmontant sa
culture Maurassienne admire maintenant le courage des peuples Britanniques.

D’habitude les anglais mettent deux jours pour répondre. Là, au bout de 10
minutes : « Ne vous fâchez pas, surtout en ce moment. Faisons le nécessaire. »
On parle d’égal à égal entre Sarlat et Londres !
L’une des nuits suivantes des explosions retentissent dans la Gironde. Au lever
du jour, on ne voit plus les navires japonais et allemands : ils sont au fond de
l’eau.

Le Dresden et le Tannenfels
quai Carnot Port de Bordeaux.
Pas un avion, n’a été entendu dans le ciel. Les commandos ont opéré comme le
racontera Mandrille à Malfonds. (Faits d’arme cité dans le bulletin « l’Agent de
Liaison » de février 1953 et dans « l’Apha » n° 126 du 4eme trimestre 2004 de
l’association des anciens élèves de l’école militaire de l’Air).
Il fut arrêté le 8 décembre 1943 à la suite du démantèlement du réseau Alliance
par l’Abwehrstelle et déporté sous la classification « NN » (« NachtundNebel »-
« Nuit et Brouillard ») à destination du camp de Schirmeck (Bas-Rhin), où il arriva
par le convoi du 29 avril 1944 et fut interné au block 10 avec les autres hommes
du réseau.
Devant l’avance alliée les 107 membres du réseau Alliance détenus à Schirmeck,
dont Philippe Koenigswerther, furent sur ordre du Haut commandement de la
Wehrmacht (OKW) à Berlin, transférés en camionnette par fournées de 12 vers le
camp de concentration du Struthof, où ils furent dans la nuit du 1er au 2
septembre 1944, abattus d’une balle dans la nuque à la chambre d’exécution puis
5
incinérés directement dans le four crématoire du camp, situé dans le même
bâtiment.
Distinctions :
Il fut décoré de la croix de guerre 1939-1945 avec Palmes, de la croix de chevalier
de la Légion d’honneur et de la médaille de la Résistance et déclaré « Mort pour
la France » le 16 octobre 1946.
Rédaction Nicole Proux et association l’Alliance
Sources: Nicole Proux – MémorialGenWeb. — Wikipédia « Réseau Alliance » et
« camp de concentration de Natzweiler-Struthof ». — Marie-Madeleine Fourcade
« L’Arche de ¨Noé » Fayard 1968. — Auguste Gerhards « Tribunal de guerre du 3e
Reich », Archives historiques de l’armée tchèque, à Prague. — « Les rues de
Bordeaux » de Roger Galy mise à jour EricChaplain, Éditions des régionalismes
1997/2010. — « Mémoires du chef des services secrets de la France libre »,
colonel PASSY, ed. Odile Jacob – Sources internet diverses. — État civil –
Edouard Kauffmann de Louis Morgat, Mai 2005. Famille Koenigswerther.
(1) David Portier
Il possède un cénotaphe à son nom au cimetière de Passy, à Paris 16e.
avec une plaque portant l’inscription « à la mémoire de notre bien-
aimé ».
Une rue de Bordeaux porte le nom de capitaine Koenigswerther.
Son nom figure sur la plaque commémorative de la base sous-marine à
Bordeaux, sur la plaque commémorative de l’école libre des Sciences
politiques, à Paris 7e et sur la plaque commémorative du camp de
concentration du Struthof – réseau S.R. Alliance à Natzwiller
par Aics-sr | Mar 30, 2024 | Moments d'histoire
Vympel, le groupe spetsnaz du KGB pour l’action à l’étranger, était une unité forgée, selon les mots de son initiateur, le président du KGB, Yuri Andropov, « sans égal ». Le texte suivant décrit la fondation de Vympel, le processus de formation de l’unité et son historique opérationnel général.
L’idée de créer une unité commando pour le KGB appartient au chef du Directoire S (Illégaux) Yuri Drozdov , l’un des hommes qui ont dirigé l’assaut contre le palais du président afghan Hafizullah Amin. De retour de Moscou, il s’est adressé au président du KGB, Iouri Andropov, et lui a présenté un projet visant à créer un groupe spécial pour mener des opérations pendant la « période spéciale », en bref, une unVYMPEL : L’ÉPÉE DU KGB À L’ÉTRANGERité de commando.
Le 19 août 1981, lors d’une séance conjointe à huis clos du Politburo du Comité central du PCUS et du Conseil des ministres de l’URSS, la décision de créer une unité spéciale top-secrète dans le système de la première direction générale du KGB (FCD : ForeignIntelligence ) a été fait. C’est ainsi qu’est né le groupe spécialisé « Vympel » (Fanion). Structurellement, il faisait partie du huitième département de la direction S, subordonné au chef de la direction, le général de division Yuri Drozdov, et au chef du département, le général de division Nikolai Yefimov (par la suite, le général de division V. Tolstikov). . La décision d’activer le groupe a été prise au niveau du Politburo et n’a été mise en œuvre que sur ordre écrit du président du KGB. Le nom officiel de Vympel était le Centre de formation séparé (STC) du KGB FCD de l’URSS et il était situé à Balashikha, juste à l’extérieur de Moscou. Les commandants du groupe étaient : le capitaine EvaldKozlov (1981-1984), le contre-amiral Vladimir Khmelev (1984-1990) et le colonel Boris Beskov (1990-1992).

Le général de division du KGB Yuri Drozdov, chef de la direction S (illégaux).
Pour Vympel, les hommes étaient sélectionnés non seulement au sein du KGB, mais aussi dans l’armée et les forces frontalières. Au début, des officiers et des soldats furent emmenés, mais il fut ensuite décidé que le groupe serait composé exclusivement d’officiers.
Vladimir Vasilchenko était à l’époque chef du département des opérations de combat. Il se souvient :
Pour le premier « recrutement » dans l’unité, ils nous ont imposé une période très difficile. Cela était dicté par la nécessité d’un déploiement rapide d’hommes en Afghanistan.
Vers février 1982, 75 hommes sont venus chez nous. Il est difficile de se rappeler maintenant combien de candidats nous avons examinés, mais la sélection s’est avérée plutôt bonne.
Ils les ont formés pendant trois mois. Il n’y avait pas de temps pour cela. En avril déjà, les 123 premiers hommes sont partis pour l’Afghanistan. Et puis nous avons sélectionné le deuxième « assortiment » plus longtemps et plus scrupuleusement, essentiellement pendant tout le reste de 1982. Eh bien, bien sûr, nous les avons formés de manière plus approfondie…
Que faut-il entendre sous le mot « substantiel » ? Les opérateurs étaient acceptés dans l’unité pour leur service d’au moins 10 ans – c’est-à-dire que les professionnels étaient formés. Par conséquent, pour faire d’un nouveau stagiaire un officier du renseignement spécialisé pleinement qualifié, il fallait cinq ans. Il a fallu deux ans pour qu’un diplômé de l’École supérieure aéroportée de Ryazan devienne opérateur Vympel .
« Ils leur ont enseigné vigoureusement à Vympel », se souvient le général Drozdov.
Entraînement physique général, marches de plusieurs kilomètres le long des zones traversées, exercices de puissance, sauts d’une hauteur d’un demi-mètre à deux mètres et demi, exercices de développement général. Entraînement au corps à corps non pas sur des tapis souples, mais sur de l’asphalte. Tirer avec tout ce qui tire : pistolets, lance-grenades, mitrailleuses de fabrication soviétique et étrangère, armes spéciales, etc… Conduire des voitures et des véhicules blindés. Explosifs, y compris les moyens de produire des explosifs à partir de produits chimiques courants. Formation au travail radio : fonctionnement gratuit sur les stations de radio de tout type aussi bien en texte fermé qu’à l’aide du code Morse. Ils ont étudié la cryptographie et maîtrisaient également la radiotriangulation et les dispositifs d’écoute clandestine.
…En dehors de cela, les officiers de Vympel , en tant qu’utilisateurs, participaient eux-mêmes au développement des armes et des équipements et confiaient des tâches techniques aux constructeurs, qui fabriquaient des articles spéciaux selon leurs commandes.
…Tactiques pour les actions de combat en petits groupes. Airborne, formation médicale, descente en rappel. Fondamentaux de l’activité de renseignement et de contre-espionnage. Travail analytique. Surveillance.
L’étude des langues étrangères et la spécialisation régionale. Dans « son » pays, un officier d’une unité spéciale ne doit en aucun cas être « démasqué ». Et pas seulement à cause d’une prononciation incorrecte… Il fallait s’orienter librement dans les affaires quotidiennes, ne pas se sentir comme un mouton noir parmi la population locale, connaître l’histoire de la région, les coutumes nationales, la psychologie nationale. [je] «
Cependant, il est vite devenu évident que l’idée de former des surhommes était utopique. Ensuite, un programme d’enseignement de trois ans a été développé et des opérateurs d’une spécialisation plus étroite ont commencé à être formés. Il y avait d’abord des tireurs d’élite, des officiers de renseignement et des sapeurs, puis des éclaireurs de montagne, des pilotes de deltaplane, des nageurs de combat et des parachutistes.
L’objectif principal de Vympel était les actions de renseignement au plus profond des lignes ennemies, le travail avec des agents, les raids sur des objets stratégiques, la saisie de navires et de sous-marins, la protection des installations soviétiques à l’étranger, la lutte contre les organisations terroristes, etc. Les opérateurs ont acquis une expérience de combat dans les unités commando de Cuba, le Nicaragua, le Vietnam et d’autres pays ; en Angola et au Mozambique, ils ont agi sous le couvert de conseillers militaires.
En octobre 1985, au Liban, les opérateurs de Vympel ont libéré deux officiers du KGB de la résidence de Beyrouth, Oleg Spirin et Valery Myrikov (le diplomate ArkadyKatkov a été tué par les ravisseurs), qui avaient été capturés par un groupe palestinien . Mais Vympel a acquis sa principale pratique en Afghanistan.

Formation au centre spécial de Balashikha du KGB.
Les spetsnaz du FCD opéraient en Afghanistan dans le cadre du détachement spécial Kaskad du KGB, créé par résolution du Comité central du PCUS et du Conseil des ministres de l’URSS le 18 juin 1980. Le détachement avait une double subordination – au Centre de Moscou et au KGB. représentation en Afghanistan, dirigée par le général Viktor Spolnikov puis le général Boris Voskoboinikov. De juillet 1980 à avril 1983, quatre unités du Kaskad ont servi en Afghanistan. Le commandant des trois premiers Kaskads était le colonel Alexandre Lazarenko, et le quatrième était dirigé par le colonel EvgenySavintsev, tous deux officiers du huitième département de la direction S.
La mission de Kaskad était de prêter assistance aux organes de sécurité de la République démocratique d’Afghanistan dans la détection et l’interdiction des activités subversives de la clandestinité contre-révolutionnaire, des formations de bandits et des groupes terroristes, c’est-à-dire en menant pleinement des activités de renseignement, des actions de chasseurs-tueurs et des activités spéciales. opérations. En avril 1983, Kaskad-4 a été remplacé par une autre unité du Vympel – le groupe Omega (commandé par le colonel Valentin Kikot). Ses missions concernaient les opérations de renseignement humain dans l’intérêt du Centre de Moscou, les opérations de combat et spéciales, ainsi que le travail de conseil et d’instruction dans les unités de sécurité de l’État afghan. En avril 1984, les opérateurs d’Omega reviennent à Moscou. Jusqu’en 1987, 94 officiers du Vympel étaient en Afghanistan et 61 opérateurs ont acquis une expérience de combat dans le cadre de leur période probatoire.
Au cours de la seconde moitié des années 1980, le groupe spetsnaz Vympel est devenu « trop grand pour ses propres culottes ». « L’expérience afghane », affirme-t-on dans un livre consacré au 15e anniversaire de la fondation de Vympel , « une formation intensive, une volonté de découvrir les réalisations contemporaines dans le domaine de l’art opérationnel et une conscience politiquement motivée du devoir internationaliste. poussés vers l’expansion des liens avec l’étranger, que ce soit sous forme probatoire ou dans un rôle consultatif et pédagogique. [ii]

Officiers du KGB en Afghanistan. Photo : Viktor Rudenko
Avant tout, les officiers Vympel qui avaient traversé la dure école de l’Afghanistan au sein des détachements de commandos de renseignement Kaskad et Omega ont été envoyés au Laos, au Vietnam, au Nicaragua, en Angola et au Mozambique. Dans ces pays, les conseillers et instructeurs soviétiques pourraient transférer leur expérience du combat aux organes de sécurité locaux et adopter également l’expérience de ces derniers dans la lutte contre l’opposition armée, en tenant compte des conditions géographiques et opérationnelles uniques.
Il existe une opinion selon laquelle l’Union soviétique a imposé ses conseillers et ses instructeurs aux pays en développement, mais c’est loin d’être le cas. On sait, par exemple, que le secrétaire général du Comité central du Parti communiste vietnamien, le camarade Le Zuan, en visite de courte durée à Moscou, a eu une conversation avec Yuri Andropov sur le renforcement des organes de sécurité de l’État vietnamien. « Nos hommes n’ont ni armes ni esprit », se plaignit Le Zuan au président du KGB. On sait également que le président du Mozambique, SamoraMachelle, a personnellement envoyé un télégramme à Andropov lui demandant « d’envoyer dans le pays des conseillers en matière de lutte contre le banditisme et des instructeurs qui formeraient des détachements aux opérations de combat ». [iii] »
D’après une publication du journaliste et officier de renseignement M. Ilyinsky (Vek, 7 août 1998), nous apprenons qu’au Vietnam, dans les résidences du KGB FCD et du GRU, se trouvaient une dizaine de spécialistes connaissant la langue locale.
Un groupe d’ officiers de Vympel a travaillé activement au Mozambique : N. Denisenko, Y. Kolesnikov, A. Suzdaltsev, V. Cheremisin, V. Finogenov et d’autres. En Angola, ont servi A. Mikhailenko, P. Suslov, V. Kikot, K. Sivov, V. Ukolov, ainsi que les instructeurs du cours de qualification du corps des officiers du KGB, Y. Penkov, Y. Semenov, V. Smyslov et A. Evglevsky. 35 officiers Vympel ont effectué une période probatoire au Vietnam. Au Laos et au Nicaragua, plusieurs dizaines d’hommes ont chacun accompli leur période probatoire.
L’activité consultative et pédagogique des officiers soviétiques s’est avérée mutuellement bénéfique. Ainsi, par exemple, à la base vietnamienne de Dokong, les opérateurs de Vympel ont enseigné aux unités spéciales locales l’art de conduire des véhicules sous-marins « Proteus », de piloter des deltaplanes et bien d’autres choses encore. Les Vietnamiens ont également enseigné aux officiers soviétiques Ho Chi Min-Do les techniques de combat et les méthodes de conduite de la guérilla dans les conditions spécifiques de l’Asie du Sud-Est. Au Nicaragua, les opérateurs du Vympel ont appris l’art peu connu mais extrêmement efficace du tir au « flash ». Du Laos, ils ont reçu des informations utiles sur les particularités des activités opérationnelles de combat et sur les questions de survie dans la jungle.
Malheureusement, cette expérience n’a que très peu aidé les opérateurs des Spetsnaz à survivre dans une autre jungle : celle de la politique.
[i] Болтунов М. « Вымпел » – диверсантыРоссии. М, 2003. С. 19.
[ii] Вымпел. Le groupe spécial pour la sécurité sociale КГБ СССР. М, 1997. С. 126.
[iii] Тамже. C. 129.
Oeuvre traduite : Колпакиди, АлександрИванович. Ликвидаторы КГБ. Спецоперациисоветскихспецслужб 1941-2004. — М. : Яуза; Exmos, 2004.
par Aics-sr | Mar 30, 2024 | Moments d'histoire
Le plus grand rôle d’une actrice en difficulté était celui d’une véritable espionne de la guerre civile
Les contributions de Pauline Cushman aux efforts de guerre américains lui ont valu le titre honorifique de « Major ».
Pauline Cushman se fait passer pour une femme du Sud à la recherche de son frère perdu pour accéder à un camp confédéré au Tennessee. MARIE FAURITTE POUR ATLAS OBSCURA
LA JOLIE JEUNE FEMME AUX boucles sombres cherchait son frère perdu. Cela n’était pas inhabituel à l’été 1863. La guerre civile américaine faisait rage depuis deux ans. Des centaines de milliers de personnes sont mortes et le chaos des combats en cours signifie que les membres des familles des deux côtés du conflit sont restés sans nouvelles de leurs proches, vivants ou morts, pendant des semaines et des mois. Cette sœur démunie avait voyagé depuis Nashville, récemment tombée aux mains des forces américaines, vers l’est du Tennessee, toujours détenu par la Confédération, pour retrouver ses proches. Elle n’y découvrit aucune nouvelle de son frère, mais là, elle ne s’y attendait pas : c’était une fiction.
Pauline Cushman, actrice en difficulté et espionne américaine, a inventé cette histoire pour se frayer un chemin sur le territoire confédéré. Là, elle rencontre un sympathique soldat en gris qui dresse une carte des fortifications construites par l’armée du Tennessee. Le colonel américain William Truesdail lui avait ordonné de simplement observer l’ennemi et de rendre compte de ses préparatifs, mais Cushman a plutôt fourré la carte dans sa botte et s’est enfuie pour se mettre en sécurité. Elle avait presque réussi à se mettre en sécurité lorsqu’elle fut capturée le 12 juin 1863 par les troupes confédérées sous le commandement de Nathan Bedford Forrest près de Franklin, Tennessee. «Ses beaux talents sont sans aucun doute occupés à l’heure actuelle à planifier une évasion», a rapporté le Savannah Republican , un journal confédéré.

Avant de rejoindre l’effort de guerre, Pauline Cushman était actrice à Louisville, Kentucky. COLLECTION DE PHOTOGRAPHIES BRADY-HANDY, BIBLIOTHÈQUE DU CONGRÈS, DIVISION DES ESTAMPES ET PHOTOGRAPHIES.
La légende de Cushman grandissait déjà et, à l’époque comme aujourd’hui, il était difficile de séparer les faits de la fiction, explique William J. Christen, auteur de Pauline Cushman : Spy of the Cumberland . Comme le raconte l’histoire, Cushman a rejoint l’effort de guerre à Louisville, Kentucky, en avril 1863, lorsque deux soldats confédérés lui ont offert la somme étonnante de 300 $ pour porter un toast au président de la Confédération, Jefferson Davis, dans la pièce qu’elle jouait. . Cushman a rapidement informé le colonel américain Orlando Hurley Moore de la demande, gagnant ainsi sa confiance, et lorsqu’elle a félicité Davis depuis la scène sous la direction de Moore, elle a également gagné la confiance des confédérés. Moore lui propose alors un poste d’espion. Au cours des mois suivants, on lui attribue le fait de se faire passer pour une femme du Sud pour se lier d’amitié avec le propriétaire d’une pension et contrecarrer ses projets d’empoisonnement des soldats américains, ainsi que pour s’habiller en homme et jouer le rôle d’un agent confédéré infiltré pour capturer une femme faisant du trafic de contrebande. aux rebelles

Et, comme le craignait le journal après sa capture en juin, elle a peut-être utilisé sa performance pour planifier une évasion. Reconnu coupable d’espionnage et condamné à mort, Cushman tomba malade, ce que certains pensaient être une ruse. Lorsque les forces américaines ont menacé, les confédérés en fuite l’ont laissée derrière eux. Elle s’est complètement rétablie.
«La plus grande héroïne de son époque», claironnait PT Barnum, son plus grand showman. Avant même la fin de la guerre, il engagea l’actrice pour jouer une pièce solo sur ses exploits en tant qu’espionne audacieuse derrière les lignes ennemies. Un livre de 1865, Life of Pauline Cushman, the Celebrated Union Spy and Scout , de Ferdinand L. Sarmiento, a ajouté encore plus de drame à l’histoire.

Après ses exploits pendant la guerre civile à l’été 1863, Pauline Cushman reçut le titre honorifique de « Major ». COLLECTION DE LA FAMILLE LILJENQUIST, BIBLIOTHÈQUE DU CONGRÈS, DIVISION DES ESTAMPES ET PHOTOGRAPHIES.
Quelle que soit la véracité de ses actions, les contributions de Cushman lui ont valu le titre honorifique de « Major » et elle a reçu la permission spéciale des généraux Gordon Granger et James Garfield de porter une robe d’équitation de style militaire qui lui a été offerte par les dames de Nashville. Elle a ensuite emmené son spectacle sur la route, parcourant le Nord et prononçant de fervents discours contre la Confédération. À New York en juin 1864, alors que le général Ulysses S. Grant affrontait le général Robert E. Lee en Virginie, Cushman déclara : « Mes souffrances aux mains de ceux qui sont maintenant alignés contre le drapeau de notre République ont été bien plus que récompensées par voir la cause de la justice triompher. Cette nuit, nos nobles troupes assiègent la capitale de la trahison ; et avec eux et avec vous, j’ai uni ma faible voix pour crier : « Vive l’Union ! »
La renommée de Cushman ne dura pas au-delà de la guerre. Lorsqu’elle mourut dans une pension de famille de San Francisco en 1893 à l’âge de 60 ans, le San Francisco Call écrivait : « Une femme brisée, sans enfants, aux cheveux gris et sans le sou, presque sans amis, est morte hier dans une maison d’hébergement de Market Street. .» Mais un groupe d’anciens combattants de la guerre civile a veillé à ce que Cushman – alors connue sous le nom de son troisième mari, Fryer – soit enterrée avec les honneurs au cimetière national de San Francisco. La pierre tombale indique : « Pauline C. Fryer, Union Spy